Est-ce grave ?

Le doigt à ressaut est une pathologie bénigne n'engageant pas le pronostic vital ni fonctionnel majeur, mais pouvant être très gênante au quotidien. Sans traitement, le doigt peut se bloquer définitivement en flexion (doigt fixé). La chirurgie est simple, rapide et presque toujours curative.

Quand consulter ?

Consultez votre médecin si :

  • Blocage douloureux du doigt en flexion persistant ou s'aggravant.
  • Doigt bloqué impossible à déverrouiller sans manipulation forcée et douloureuse.
  • Survenue chez un enfant de 1 à 3 ans (pouce à ressaut du nourrisson — congénital).

Qu'est-ce que le doigt à ressaut ?

Le doigt à ressaut (trigger finger) est une ténosynovite sténosante des tendons fléchisseurs de la main. Elle est due à un épaississement ou une nodosité du tendon fléchisseur (le plus souvent au niveau de la poulie A1 à la base du doigt), qui peine à passer dans le tunnel ostéo-fibreux de la gaine tendineuse. Lors de la flexion-extension du doigt, le tendon se bloque sous la poulie puis "saute" brutalement avec une sensation de ressaut.

Quels sont les symptômes ?

Douleur et gêne à la base du doigt (face palmaire), aggravée par la pression. Sensation de blocage ou de ressaut lors de la flexion ou de l'extension du doigt. Raideur matinale (raideur au réveil — pire après une longue période d'immobilité). Dans les formes sévères : blocage du doigt en flexion complète — le doigt ne peut être étendu qu'avec l'aide de l'autre main, de façon douloureuse. Nodule palpable au niveau de la poulie A1 (pli de flexion de la métacarpophalangienne).

Quelles sont les causes et facteurs de risque ?

Microtraumatismes répétés (travaux manuels, instruments de musique, sports de raquette). Maladies systémiques : diabète (risque multiplié par 3 à 10), polyarthrite rhumatoïde, hypothyroïdie, amylose. Femmes d'âge moyen (50-60 ans) — prédisposition hormonale.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic est clinique, basé sur l'examen physique : blocage et ressaut perçus à la palpation lors de la flexion-extension du doigt, nodule à la base du doigt. L'échographie peut confirmer l'épaississement de la gaine et visualiser le tendon en dynamique. Aucune imagerie n'est indispensable dans les formes typiques.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Formes légères : orthèse nocturne d'immobilisation du doigt en extension, kiné douce, AINS locaux. Infiltration de corticoïdes en intragaine : traitement le plus utilisé en première intention — très efficace à court terme (60-70 % de résolution à 3-6 mois). Une à deux infiltrations peuvent être proposées. Chirurgie (sectionectomie de la poulie A1) : indiquée si échec des infiltrations ou formes sévères (blocage fixé) — ambulatoire sous anesthésie locale, incision palmaire de 1 à 2 cm, section de la poulie A1 libérant le tendon. Résultats excellents (> 95 % de guérison), reprise des activités en 2 à 4 semaines.

Quel spécialiste consulter ?

  • Médecin généraliste ou rhumatologue : diagnostic et infiltration.
  • Chirurgien de la main : libération chirurgicale.
  • Kinésithérapeute : rééducation post-opératoire.

Comment préparer sa consultation ?

Décrivez le ou les doigts atteints, la durée des symptômes et les activités aggravantes. Signalez un éventuel diabète ou une pathologie rhumatismale. Précisez les traitements déjà essayés.