L'essentiel à retenir
- L'arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente — elle résulte de la dégradation progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses.
- Elle provoque des douleurs à l'effort, une raideur matinale courte et une gêne fonctionnelle variable selon les articulations touchées.
- Elle n'est pas inévitablement invalidante : des traitements permettent de contrôler la douleur et de ralentir son évolution.
- L'activité physique adaptée est paradoxalement l'un des meilleurs traitements de l'arthrose.
Est-ce grave ?
L'arthrose est une maladie chronique qui évolue lentement — souvent sur des décennies. Elle n'est pas une maladie inflammatoire systémique et ne touche que les articulations. La grande majorité des personnes arthrosiques maintiennent une qualité de vie satisfaisante avec un traitement adapté. Certaines formes sévères (notamment de la hanche et du genou) peuvent conduire à une chirurgie de remplacement articulaire (prothèse), avec d'excellents résultats fonctionnels. L'immobilité est l'ennemi principal : un mode de vie actif protège les articulations.
Quand consulter rapidement ?
Consultez sans attendre si :
- Une articulation connue pour être arthrosique devient subitement très douloureuse, rouge et gonflée — une arthrite septique ou une poussée de chondrocalcinose doit être éliminée.
- Douleur nocturne intense ou douleur au repos persistante — peut signaler une autre pathologie (fracture, tumeur osseuse).
- Limitation fonctionnelle sévère et rapide qui altère significativement les activités de la vie quotidienne.
Qu'est-ce que l'arthrose ?
L'arthrose est une maladie dégénérative des articulations caractérisée par la destruction progressive du cartilage articulaire. Le cartilage, qui normalement amortit les chocs et facilite les mouvements, s'amincit, se fissure et finit par disparaître. L'os sous-jacent réagit en se densifiant (ostéosclérose sous-chondrale) et en formant des excroissances osseuses (ostéophytes). La capsule articulaire peut également s'inflammer, provoquant des épanchements douloureux.
Les articulations les plus touchées sont le genou (gonarthrose), la hanche (coxarthrose), le rachis lombaire et cervical, et les articulations des doigts (nodosités d'Heberden aux interphalangiennes distales).
Quels sont les symptômes ?
La douleur arthrosique est mécanique : elle apparaît à l'effort, s'améliore au repos et revient le lendemain matin après une phase de dérouillage courte (moins de 30 minutes). Elle s'aggrave progressivement au fil des mois et des années. Une raideur matinale brève (moins de 30 minutes, à distinguer des plus de 60 minutes de l'arthrite rhumatoïde), une sensation de craquements, une diminution progressive de l'amplitude articulaire et une déformation des articulations sont caractéristiques. Des poussées congestives (inflammation aiguë) peuvent survenir, avec rougeur et gonflement.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
L'arthrose est multifactorielle. Les principaux facteurs de risque sont : l'âge (le risque augmente après 50 ans), le sexe féminin (surtout après la ménopause), le surpoids et l'obésité (qui surchargent les articulations portantes), les traumatismes articulaires antérieurs (fractures, entorses graves), les malformations articulaires (dysplasie de hanche), les activités professionnelles à forte sollicitation mécanique, et les facteurs génétiques. Contrairement aux idées reçues, le sport modéré ne cause pas l'arthrose ; c'est la surcharge chronique et les traumatismes répétés qui sont en cause.
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic est clinique et radiologique. L'examen médical évalue la douleur, la mobilité et la déformation articulaire. Les radiographies montrent les signes caractéristiques : pincement de l'interligne articulaire (disparition du cartilage), ostéosclérose sous-chondrale, ostéophytes et géodes. Le bilan biologique est généralement normal — des marqueurs inflammatoires élevés doivent faire évoquer une arthrite inflammatoire. L'IRM et l'échographie peuvent être utiles pour évaluer les lésions des tissus mous associées.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Le traitement est symptomatique et progresse par paliers. Les mesures non médicamenteuses sont essentielles : activité physique adaptée (marche, natation, vélo — qui préservent le cartilage), perte de poids (chaque kilo perdu réduit la contrainte sur le genou de 3 à 4 kg), kinésithérapie (renforcement musculaire, maintien de la mobilité). Les antalgiques (paracétamol) et les AINS (ibuprofène) contrôlent la douleur lors des poussées. Les infiltrations de corticoïdes intra-articulaires soulageant lors des poussées congestives. Les injections d'acide hyaluronique (viscosupplémentation) peuvent réduire la douleur dans la gonarthrose. La chirurgie (prothèse totale de hanche ou de genou) est réservée aux formes invalidantes résistant au traitement médical.
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
L'arthrose est une maladie chronique sans traitement curatif actuellement. Son évolution est lente et imprévisible : certaines formes restent stables des années, d'autres progressent. Les traitements permettent de contrôler la douleur, de maintenir la fonction et de ralentir la progression. La chirurgie prothétique donne d'excellents résultats pour les hanches et les genoux sévèrement touchés. Un suivi médical régulier permet d'adapter le traitement à l'évolution.
Quel spécialiste consulter ?
- Médecin généraliste : suivi régulier, prescription analgésiques et orientation.
- Rhumatologue : diagnostic différentiel, prise en charge des formes sévères, infiltrations.
- Chirurgien orthopédiste : discussion de l'indication chirurgicale dans les formes invalidantes.
- Kinésithérapeute : indispensable pour le renforcement musculaire et la rééducation fonctionnelle.
Comment préparer sa consultation ?
Notez les articulations douloureuses, quand la douleur apparaît (effort, repos, nuit), son intensité et son évolution sur les derniers mois. Signalez vos activités professionnelles et sportives, votre IMC, et vos antécédents traumatiques articulaires. Apportez vos radiographies récentes. Mentionnez tous les traitements déjà essayés et leur efficacité.
Questions fréquentes
Le froid aggrave-t-il l'arthrose ?
Beaucoup de patients ressentent une aggravation des douleurs par temps froid et humide. La physiopathologie exacte n'est pas totalement élucidée, mais les variations de pression barométrique pourraient modifier la pression intra-articulaire. La chaleur locale (bains chauds, compresses) soulage souvent les douleurs arthrosiques.
Peut-on faire du sport avec de l'arthrose ?
Oui — c'est même recommandé. L'activité physique régulière renforce les muscles qui soutiennent l'articulation, améliore la nutrition du cartilage et réduit la douleur. La natation et le vélo sont particulièrement conseillés (faible impact articulaire). Évitez les sports de contact, les impacts répétés et les positions extrêmes.
L'arthrose des doigts est-elle différente ?
L'arthrose digitale (nodosités d'Heberden et de Bouchard) est très fréquente chez la femme ménopausée. Elle provoque des déformations inesthétiques mais rarement une gêne fonctionnelle majeure. Elle n'est pas liée à la polyarthrite rhumatoïde.
Les compléments alimentaires (chondroïtine, glucosamine) sont-ils efficaces ?
Les preuves scientifiques sont insuffisantes pour recommander ces compléments en traitement de fond. Certaines études montrent un effet modeste sur la douleur dans la gonarthrose. Ils peuvent être essayés, mais ne doivent pas remplacer les traitements validés.
À quel stade faut-il envisager une prothèse ?
La chirurgie prothétique est envisagée quand la douleur et la limitation fonctionnelle sont invalidantes malgré un traitement médical bien conduit, et quand les radiographies confirment une destruction articulaire avancée. L'âge n'est pas une contre-indication absolue.
L'arthrose est-elle héréditaire ?
Il existe une prédisposition génétique, surtout pour l'arthrose des mains et des genoux. Avoir un parent arthrosique augmente légèrement le risque, mais les facteurs environnementaux (poids, activité, traumatismes) sont au moins aussi importants.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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