L'essentiel à retenir

  • Le cancer colorectal est le 3e cancer le plus fréquent — il est curable dans plus de 90 % des cas s'il est détecté à un stade précoce.
  • Le dépistage par test immunologique de recherche de sang occulte dans les selles (FIT) est recommandé tous les 2 ans à partir de 50 ans.
  • La coloscopie est l'examen de référence pour visualiser et biopsier les lésions.
  • La prévention passe par l'activité physique, l'alimentation pauvre en charcuterie et viande rouge, et l'arrêt du tabac.

Est-ce grave ?

Le cancer colorectal est le 2e cause de décès par cancer en France. Son pronostic dépend fortement du stade au diagnostic : taux de survie à 5 ans de 90 % pour les stades I, 75 % pour les stades II, 50 % pour les stades III, et moins de 15 % pour les stades IV métastatiques. Le dépistage précoce (qui permet de détecter et retirer des polypes avant leur transformation en cancer) est la clé de la prévention de la mortalité.

Quand consulter rapidement ?

Consultez sans tarder si vous présentez :

  • Du sang rouge vif ou noir (méléna) dans vos selles.
  • Une modification persistante du transit (diarrhée alternant avec constipation, selles en ruban).
  • Une perte de poids inexpliquée associée à une fatigue intense et des douleurs abdominales.
  • Un résultat positif au test de dépistage FIT.

Qu'est-ce que le cancer du côlon ?

Le cancer colorectal (CCR) est une tumeur maligne développée à partir de la muqueuse du côlon ou du rectum. Il représente 43 000 nouveaux cas par an en France. Dans 95 % des cas, c'est un adénocarcinome se développant à partir d'un polype adénomateux (adénome). La séquence adénome-carcinome prend en général 10 à 15 ans — d'où l'efficacité du dépistage par coloscopie pour retirer les polypes avant leur transformation.

Quels sont les symptômes ?

Le cancer colorectal est souvent asymptomatique à ses débuts — c'est pour cela que le dépistage est essentiel. Les symptômes peuvent inclure : rectorragies (sang rouge dans les selles) ou méléna (selles noires, malodorantes), modification du transit persistante (alternance diarrhée/constipation, selles de plus petit calibre), douleurs abdominales, distension, pesanteur rectale, faux besoins (pour les cancers rectaux), anémie ferriprive inexpliquée, perte de poids. Un cancer peut être révélé par une urgence (occlusion, péritonite par perforation).

Quelles sont les causes et facteurs de risque ?

L'âge (risque augmente après 50 ans), les antécédents de polypes coliques ou de CCR personnel ou familial, les maladies inflammatoires intestinales chroniques (MICI) au long cours, l'alimentation riche en viandes rouges et charcuterie, la sédentarité, l'obésité, le diabète de type 2, l'alcool et le tabac sont les principaux facteurs. Les formes héréditaires (PAF, syndrome de Lynch) représentent 5 à 10 % des cas et justifient un dépistage familial.

Comment se fait le diagnostic ?

La coloscopie totale est l'examen de référence — elle visualise l'ensemble du côlon, permet des biopsies et la résection des polypes. Le test FIT (immunologique positif) est l'indication principale en dépistage. Le scanner thoraco-abdomino-pelvien évalue l'extension locale et recherche des métastases (foie, poumon). L'IRM rectale est indispensable pour le bilan local des cancers du rectum. L'ACE (antigène carcino-embryonnaire) est un marqueur de suivi.

Quels traitements peuvent être proposés ?

La chirurgie (colectomie ou résection rectale) est le traitement curatif de référence. La résection endoscopique (mucosectomie) peut traiter les polypes cancérisés superficiels. Pour les cancers du rectum, une radio-chimiothérapie néo-adjuvante précède souvent la chirurgie pour réduire la tumeur. La chimiothérapie adjuvante (FOLFOX) est recommandée pour les stades III et certains stades II. Pour les stades métastatiques, des thérapies ciblées (bévacizumab, cétuximab selon le statut RAS) et l'immunothérapie (pembrolizumab en cas de MSI-H) améliorent la survie. La résection des métastases hépatiques est possible dans certains cas.

Peut-on guérir ? Évolution et suivi

La guérison est la règle pour les stades I-II opérés. Le suivi comprend un dosage de l'ACE, un scanner et une coloscopie à intervalles réguliers pendant 5 ans. L'arrêt du tabac, l'activité physique et l'alimentation riche en fibres réduisent le risque de récidive et de second cancer.

Quel spécialiste consulter ?

  • Gastro-entérologue : coloscopie et suivi endoscopique.
  • Chirurgien digestif : colectomie ou résection rectale.
  • Oncologue médical : chimiothérapie et thérapies ciblées.
  • Radiothérapeute : radio-chimiothérapie pour les cancers du rectum.

Comment préparer sa consultation ?

Décrivez vos symptômes et leur ancienneté. Signalez vos antécédents de polypes, de maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique. Mentionnez vos antécédents familiaux de cancer colorectal ou de polypes. Vérifiez si vous avez effectué votre test de dépistage FIT (dû tous les 2 ans à partir de 50 ans en France).

Questions fréquentes

Le test de dépistage du cancer du côlon est-il fiable ?

Le test FIT immunologique a une sensibilité d'environ 70 à 80 % pour les cancers et de 30 à 40 % pour les polypes avancés. Un test positif ne signifie pas forcément un cancer — il indique la nécessité d'une coloscopie. Un test négatif ne garantit pas l'absence de cancer — c'est pourquoi il doit être renouvelé tous les 2 ans.

Peut-on vivre normalement après une colectomie ?

Oui. Après une colectomie segmentaire (ablation d'une partie du côlon), le transit se normalise généralement en quelques semaines. Après une proctocolectomie totale (ablation du côlon et du rectum), une iléostomie temporaire ou une poche iléo-anale (réservoir rectal de substitution) permet une vie normale avec quelques adaptations.

Y a-t-il un lien entre viande rouge et cancer du côlon ?

Oui, l'OMS classe la viande rouge comme "probablement cancérogène" et la charcuterie comme "cancérogène certain" pour le cancer colorectal. La consommation de plus de 500 g de viande rouge par semaine ou de charcuterie régulière est associée à une augmentation du risque. Réduire leur consommation est recommandé.

Les polypes du côlon doivent-ils toujours être retirés ?

Les polypes adénomateux (adénomes) doivent être retirés lors de la coloscopie car ils ont un potentiel de transformation en cancer. Les polypes hyperplasiques sont bénins et ne nécessitent généralement pas de résection. La surveillance ultérieure dépend du nombre et de la taille des polypes retirés.

Le cancer du côlon est-il héréditaire ?

5 à 10 % des CCR ont une composante héréditaire forte. Le syndrome de Lynch (mutation des gènes MMR) et la polypose adénomateuse familiale (PAF, mutation APC) sont les formes héréditaires principales. En cas d'agrégation familiale, une consultation d'oncogénétique est recommandée pour évaluer le risque et adapter la surveillance.

L'aspirine protège-t-elle contre le cancer du côlon ?

Des études montrent qu'une prise régulière d'aspirine à faible dose réduit l'incidence et la mortalité du CCR d'environ 20 à 30 %. Cependant, l'aspirine comporte des risques (saignements digestifs) et n'est pas recommandée en prévention primaire en dehors d'indications cardiovasculaires. Ne pas l'utiliser sans avis médical.

Besoin d'un avis médical ?

Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.