Est-ce grave ?
Le cancer gastrique est le 5e cancer le plus fréquent dans le monde et le 3e en termes de mortalité. Son pronostic dépend fortement du stade au diagnostic : les formes localisées ont un taux de survie à 5 ans de 60 à 70 %, mais les formes métastatiques (souvent diagnostiquées en première consultation) ont un pronostic nettement plus sombre (moins de 10 % à 5 ans). La précocité du diagnostic est donc cruciale.
Quand consulter rapidement ?
Consultez sans attendre si vous avez :
- Des douleurs épigastriques (creux de l'estomac) persistantes, surtout chez un adulte de plus de 45 ans.
- Une perte de poids inexpliquée de plus de 5 % du poids corporel en moins de 6 mois.
- Des vomissements répétés, une difficulté à avaler (dysphagie) ou une anémie inexpliquée.
- Du sang visible dans les vomissements ou des selles noires (méléna).
Qu'est-ce que le cancer de l'estomac ?
Le cancer de l'estomac désigne principalement l'adénocarcinome gastrique, qui représente 90 % des tumeurs malignes de l'estomac. Il se développe à partir des cellules de la muqueuse gastrique, le plus souvent au niveau de l'antre (partie basse de l'estomac) ou de la jonction oeso-gastrique. Le cancer gastrique peut se propager aux ganglions lymphatiques régionaux, au foie, au péritoine et aux poumons.
Quels sont les symptômes ?
Le cancer gastrique est souvent asymptomatique au début ou provoque des symptômes banals : douleurs épigastriques, brûlures d'estomac, nausées, inconfort après les repas. À un stade plus avancé apparaissent : perte d'appétit et perte de poids significative, vomissements persistants (surtout si la tumeur obstrue le pylore), difficulté à avaler, sang dans les vomissements ou selles noires, fatigue intense par anémie. Une masse épigastrique palpable, des adénopathies sus-claviculaires gauches (ganglion de Troisier) ou un ventre gonflé par une ascite indiquent une maladie avancée.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
L'infection chronique à Helicobacter pylori est le principal facteur de risque — elle provoque une gastrite chronique qui peut évoluer vers une métaplasie intestinale puis un cancer. Les autres facteurs incluent : une alimentation riche en sel, en aliments fumés et en nitrosamines, la gastrite atrophique chronique, les antécédents familiaux de cancer gastrique, les polypose gastrique, le tabagisme, l'obésité, et certaines mutations génétiques (CDH1 pour le cancer gastrique héréditaire diffus). Le groupe sanguin A est associé à un risque légèrement plus élevé.
Comment se fait le diagnostic ?
La fibroscopie oeso-gastro-duodénale (FOGD) est l'examen clé : elle visualise la tumeur et permet des biopsies pour confirmation histologique. L'échoendoscopie évalue la profondeur d'invasion locale. Le scanner thoraco-abdomino-pelvien recherche des métastases et évalue l'extension ganglionnaire. Un PET-scanner peut compléter le bilan. La classification TNM et le grade histologique guident la stratégie thérapeutique.
Quels traitements peuvent être proposés ?
La chirurgie (gastrectomie totale ou subtotale avec curage ganglionnaire) est le seul traitement curatif pour les stades localisés. Elle est souvent encadrée par une chimiothérapie péri-opératoire (FLOT ou FOLFOX) qui améliore la survie. Pour les stades métastatiques, la chimiothérapie palliative, les thérapies ciblées (trastuzumab en cas de surexpression HER2, ramucirumab), et l'immunothérapie (pembrolizumab en cas d'expression PDL1 ou MSI-H) sont utilisées. La chirurgie de résection endoscopique (EMR, ESD) est possible pour les cancers superficiels.
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
La guérison est possible pour les stades I et II (résection complète + chimiothérapie). Le suivi post-opératoire comprend des bilans biologiques et endoscopiques réguliers pendant 5 ans. L'adaptation nutritionnelle après gastrectomie (petits repas fractionnés, supplémentation en vitamine B12) est indispensable à long terme.
Quel spécialiste consulter ?
- Gastro-entérologue : pour la fibroscopie diagnostique et le suivi endoscopique.
- Oncologue médical : pour la chimiothérapie et les thérapies ciblées.
- Chirurgien digestif : pour la gastrectomie.
- Nutritionniste / Diététicien : pour la prise en charge nutritionnelle post-opératoire.
Comment préparer sa consultation ?
Notez précisément vos symptômes, leur ancienneté et leur évolution. Signalez tout antécédent d'ulcère gastrique, de gastrite à H. pylori, de polypose gastrique ou de cancer gastrique dans la famille. Mentionnez votre alimentation habituelle, votre consommation d'alcool et votre tabagisme. Apportez vos résultats de gastroscopie antérieurs si disponibles.
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