Est-ce grave ?
Le pronostic dépend fortement du stade. Les carcinomes superficiels (Ta, T1 — 75 % des cas) traités par résection endoscopique ont un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. Les carcinomes infiltrant le muscle (T2-T4) nécessitent une cystectomie ou une radio-chimiothérapie et ont un pronostic plus réservé. Les formes métastatiques ont une médiane de survie de 12 à 18 mois avec les traitements actuels, mais les immunothérapies améliorent ce pronostic.
Quand consulter rapidement ?
Consultez immédiatement si vous observez :
- Du sang dans les urines (hématurie) — même si indolore, même si minime, même si une seule fois.
- Des douleurs lors de la miction, une fréquence urinaire augmentée ou des envies impérieuses persistantes sans infection documentée.
- Des douleurs lombaires ou pelviennes associées à des troubles urinaires.
Qu'est-ce que le cancer de la vessie ?
Le cancer de la vessie est une tumeur maligne développée à partir de la muqueuse vésicale (urothélium). Le carcinome urothélial (anciennement carcinome à cellules transitionnelles) représente 90 % des cas. On distingue les carcinomes non infiltrant le muscle (TVNIM — superficiels) et les carcinomes infiltrant le muscle (TVIM — invasifs), qui ont des traitements et des pronostics radicalement différents. Des formes rares (carcinome épidermoïde, adénocarcinome) existent aussi.
Quels sont les symptômes ?
L'hématurie macroscopique (sang visible dans les urines) est le symptôme principal — elle est présente dans 80 à 85 % des cas. Elle est souvent indolore, totale (colorant toute la miction), et peut être intermittente. Des symptômes irritatifs urinaires (brûlures, envies fréquentes, urgences mictionnelles) sans infection urinaire peuvent aussi signaler une tumeur vésicale, notamment le carcinome in situ. À un stade avancé : douleurs pelviennes, obstruction urétérale (douleurs lombaires), oedème des membres inférieurs.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
Le tabac est le principal facteur de risque (50 à 60 % des cas lui sont attribuables). L'exposition professionnelle aux amines aromatiques (teinturiers, travailleurs du caoutchouc, plasturgie) est un facteur majeur reconnu. D'autres facteurs incluent : les infections urinaires répétées ou à Schistosoma haematobium (bilharziose vésicale), les radiothérapies pelviennes antérieures, le cyclophosphamide (chimiothérapie), l'utilisation prolongée d'analgésiques contenant de la phénacétine, et certaines prédispositions génétiques.
Comment se fait le diagnostic ?
La cystoscopie (examen endoscopique de la vessie) est l'examen clé — elle visualise directement la tumeur. La résection transurétrale de la tumeur vésicale (RTUV) sous anesthésie est à la fois diagnostique et thérapeutique pour les tumeurs superficielles. L'échographie vésicale et le scanner uro-abdomino-pelvien (uro-TDM) complètent le bilan. La cytologie urinaire (recherche de cellules tumorales dans les urines) est un outil complémentaire, surtout pour le carcinome in situ.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Pour les TVNIM : résection endoscopique (RTUV) suivie d'instillations intravésicales de BCG (immunothérapie locale) ou de mitomycine C pour prévenir les récidives et la progression. Pour les TVIM : cystectomie radicale (ablation totale de la vessie avec dérivation urinaire) précédée d'une chimiothérapie néo-adjuvante ; ou radio-chimiothérapie concomitante pour les patients non opérables. Pour les stades métastatiques : chimiothérapie (cisplatine + gemcitabine) puis immunothérapie (pembrolizumab, atézolizumab) en maintenance ou en deuxième ligne.
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
Les TVNIM traitées ont un bon pronostic mais un fort taux de récidive (50 à 70 %) — d'où un suivi cystoscopique rigoureux (tous les 3 mois la première année, puis espacé). Une progression vers un stade infiltrant survient dans 10 à 15 % des cas. Après cystectomie pour TVIM, le suivi comprend imagerie et biologie régulières.
Quel spécialiste consulter ?
- Urologue : cystoscopie, RTUV, cystectomie et suivi.
- Oncologue médical : chimiothérapie et immunothérapie.
- Radiothérapeute : radio-chimiothérapie pour les TVIM non opérables.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez précisément les épisodes d'hématurie (couleur, quantité, présence de caillots, durée). Signalez votre tabagisme (actuel ou passé). Mentionnez toute exposition professionnelle à des produits chimiques. Apportez vos résultats d'analyses d'urines antérieurs.
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