Est-ce grave ?
Le cancer de l'endomètre a un pronostic globalement favorable car il est fréquemment diagnostiqué à un stade précoce grâce aux saignements post-ménopausiques qui alertent rapidement les patientes. Les stades I ont un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. Les formes avancées ou les histotypes agressifs (carcinome séreux ou à cellules claires) ont un pronostic nettement moins favorable. Ne jamais banaliser un saignement vaginal après la ménopause.
Quand consulter rapidement ?
Consultez votre gynécologue ou médecin sans attendre si :
- Tout saignement vaginal survenant après la ménopause (plus de 12 mois sans règles).
- Saignements intermenstruels anormaux ou abondants chez une femme en période d'activité génitale.
- Pertes vaginales anormales (séreuses, purulentes ou sanglantes) chez une femme ménopausée.
- Douleurs pelviennes persistantes ou pesanteur pelvienne inexpliquée.
Qu'est-ce que le cancer de l'utérus ?
Le terme cancer de l'utérus désigne principalement le carcinome endométrial, une tumeur maligne développée à partir de l'endomètre (muqueuse interne de l'utérus). Il représente 90 % des cancers utérins. On le distingue du cancer du col de l'utérus (lié au HPV et touchant des femmes plus jeunes). L'adénocarcinome endométroïde de type I (80 % des cas) est associé à une hyperoestrogénie et a un bon pronostic. Les types II (carcinome séreux, à cellules claires) sont moins fréquents mais plus agressifs.
Quels sont les symptômes ?
Le signe d'alerte principal est le saignement vaginal : post-ménopausique (toujours anormal), ou intermenstruel anormal chez les femmes en activité génitale. Des pertes vaginales anormales (séreuses ou purulentes) peuvent précéder les saignements. À un stade avancé : douleurs pelviennes, pesanteur, dysurie, troubles du transit. La grande majorité des femmes consultent tôt grâce aux saignements, ce qui explique le bon pronostic relatif de ce cancer.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
L'hyperoestrogénie relative est le facteur de risque principal : obésité (conversion des androgènes en oestrogènes par le tissu adipeux), nulliparité, ménarche précoce et ménopause tardive, syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), traitement hormonal de la ménopause sans progestatif, prise de tamoxifène (anti-oestrogène paradoxalement pro-oestrogénique sur l'endomètre). Des facteurs génétiques jouent un rôle dans les formes familiales (syndrome de Lynch, qui augmente aussi le risque de cancer colorectal).
Comment se fait le diagnostic ?
L'échographie pelvienne (voie vaginale) mesure l'épaisseur de l'endomètre — un endomètre supérieur à 4 mm après la ménopause est suspect. L'hystéroscopie avec biopsie dirigée est l'examen diagnostique de référence : elle visualise la cavité utérine et prélève des fragments pour l'analyse histologique. L'IRM pelvienne évalue la profondeur d'invasion du myomètre et l'extension aux structures adjacentes. Le scanner thoraco-abdomino-pelvien et le marqueur CA125 complètent le bilan d'extension.
Quels traitements peuvent être proposés ?
La chirurgie est le traitement de référence : hystérectomie totale avec ablation des annexes (trompes et ovaires), associée à un curage ganglionnaire pelvien et para-aortique pour les stades à risque. La cœlioscopie est la voie préférentielle quand elle est possible (moins de complications, récupération plus rapide). Selon le stade et les facteurs de risque, une radiothérapie post-opératoire (curiethérapie vaginale, radiothérapie externe) peut compléter la chirurgie. Pour les stades avancés, la chimiothérapie et l'immunothérapie sont utilisées.
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
Le cancer de l'endomètre au stade I est guéri dans plus de 90 % des cas après chirurgie. Le suivi post-opératoire comprend un examen gynécologique tous les 4 à 6 mois pendant 2 ans, puis annuellement. Des dépistages du syndrome de Lynch (recherche d'instabilité des microsatellites) sont recommandés pour les patientes jeunes ou avec antécédents familiaux.
Quel spécialiste consulter ?
- Gynécologue : évaluation des saignements et hystéroscopie diagnostique.
- Chirurgien gynécologue oncologique : hystérectomie et curage ganglionnaire.
- Oncologue médical : chimiothérapie et immunothérapie pour les formes avancées.
- Radiothérapeute : curiethérapie et radiothérapie externe adjuvantes.
Comment préparer sa consultation ?
Notez la date et les caractéristiques des saignements (quantité, couleur, présence de caillots). Précisez la date de votre ménopause et tout traitement hormonal en cours ou passé. Signalez vos antécédents familiaux de cancer colorectal ou gynécologique. Mentionnez votre poids et votre IMC — l'obésité est un facteur de risque majeur.
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