Est-ce grave ?
Le trouble panique ne met pas la vie en danger (les attaques de panique ne tuent pas) mais peut être très invalidant : phobies secondaires (agoraphobie, peur de conduire, de transports), arrêt des activités, dépression réactionnelle, dépendance à des comportements d'évitement. Sans traitement, le trouble panique tend à se chroniciser. Avec un traitement adapté (TCC et/ou médicaments), la rémission est atteinte chez plus de 80 % des patients.
Quand consulter en urgence ?
Aux urgences si :
- Première crise avec douleur thoracique intense, palpitations et essoufflement — éliminer une cause cardiaque ou pulmonaire organique.
- Idées suicidaires associées à l'anxiété — urgence psychiatrique.
Qu'est-ce que le trouble panique ?
Le trouble panique (TP) est caractérisé par la survenue récurrente d'attaques de panique (AP) — crises d'anxiété intense paroxystiques, atteignant leur maximum en quelques minutes, avec ≥ 4 symptômes physiques et cognitifs (palpitations, sueurs, tremblements, dyspnée, douleur thoracique, nausées, vertiges, paresthésies, dépersonnalisation, peur de mourir, peur de devenir fou). Une ou plusieurs AP doivent être suivies d'un mois au moins de comportement de changement (évitement, anxiété anticipatoire) pour poser le diagnostic de trouble panique. L'agoraphobie est fréquemment associée (peur des situations d'où il serait difficile de s'échapper si une crise survenait : transport, foule, espaces ouverts).
Quels sont les symptômes ?
Attaque de panique : palpitations, accélération du coeur, sueurs, tremblements, essoufflement, sensation d'étouffement, douleur thoracique, nausées, vertiges, sensations de chaud ou de froid, engourdissements, dépersonnalisation (sentiment d'être étranger à soi-même), déréalisation, peur de mourir, peur de devenir fou. La crise atteint son acmé en moins de 10 minutes et se résout spontanément en 20 à 30 minutes. Entre les crises : anxiété anticipatoire ("quand sera la prochaine crise ?"), comportements d'évitement, modification de comportement.
Quelles sont les causes ?
Multifactorielles : vulnérabilité génétique (risque familial 5 à 8 fois plus élevé), prédisposition biologique (hyperréactivité de l'amygdale et du locus coeruleus — système noradrénergique), stress psychologique intense (deuil, divorce, surmenage), traumatismes précoces, sensibilité anxieuse (tendance à interpréter catastrophiquement les sensations physiques). Les premières crises surviennent souvent à l'adolescence ou au jeune adulte, et peuvent être déclenchées par la consommation de caféine, de cannabis ou de drogues stimulantes.
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic est clinique, basé sur les critères DSM-5 : attaques de panique récurrentes inattendues + anxiété anticipatoire ou modification de comportement pendant au moins 1 mois. Un bilan somatique (ECG, TSH, glycémie, NFS) élimine une cause organique (hyperthyroïdie, hypoglycémie, trouble du rythme cardiaque, epilepsie, phéochromocytome). L'évaluation psychiatrique évalue les comorbidités (dépression, autres troubles anxieux, addiction).
Quels traitements peuvent être proposés ?
Psychothérapie : TCC spécifique au trouble panique — psychoéducation sur la panique (désensibilisation à la peur de la peur), restructuration cognitive (modifier les pensées catastrophistes), exposition intéroceptive (s'exposer volontairement aux sensations physiques redoutées), exposition in vivo aux situations évitées. Taux de rémission > 80 % après 12 à 20 séances. EMDR si traumatisme associé. Médicaments : ISRS (paroxétine, sertraline, escitalopram) ou IRSNA (venlafaxine) — AMM dans le trouble panique — débutés à faible dose (risque d'aggravation initiale), efficaces en 4 à 8 semaines, maintenus 12 à 24 mois. Benzodiazépines : à éviter au long cours (dépendance, sédation, diminution de l'effet des TCC) — utiles ponctuellement pour les crises très sévères en phase initiale. Hydroxyzine (Atarax) : anxiolytique non benzodiazépinique — aide à court terme.
Quel spécialiste consulter ?
- Médecin généraliste : bilan initial, prescription des ISRS.
- Psychiatre : formes sévères, résistantes ou complexes (comorbidités).
- Psychologue spécialisé en TCC : psychothérapie principale.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez vos crises en détail (déclencheurs, durée, symptômes, fréquence). Notez les situations que vous évitez depuis les crises. Mentionnez votre consommation de caféine, alcool et drogues. Décrivez l'impact sur votre vie professionnelle et sociale. Précisez les traitements déjà essayés.
Commentaires 0