Est-ce grave ?

Le RGO simple est bénigne et très bien contrôlée par les IPP. Les complications sont rares mais importantes : oesophagite érosive (inflammation de la muqueuse oesophagienne), sténose peptique (rétrécissement), endobrachyoesophage (métaplasie de Barrett — facteur de risque d'adénocarcinome oesophagien). Une surveillance endoscopique est indiquée pour les patients à risque d'Barrett.

Quand consulter en urgence ?

Consultez rapidement si :

  • Dysphagie (difficulté à avaler) progressive ou odynophagie (douleur à la déglutition) — sténose ou cancer à exclure.
  • Hématémèse ou méléna — oesophagite hémorragique ou ulcère.
  • Douleur thoracique aiguë pour laquelle une origine cardiaque doit être éliminée.

Qu'est-ce que le RGO ?

Le RGO est défini par le reflux fréquent ou prolongé du contenu gastrique (acide, pepsine, bile) dans l'oesophage, provoquant des symptômes gênants et/ou des lésions muqueuses. Le mécanisme principal est une incompétence du sphincter inférieur de l'oesophage (SIO) — relaxations transitoires inappropriées du SIO (RTSI) favorisées par la hernie hiatale, l'obésité, la grossesse, les repas riches en graisses et en café. La hernie hiatale par glissement est présente dans 50 à 80 % des RGO sévères.

Quels sont les symptômes ?

Symptômes typiques : pyrosis (brûlures rétrosternales, remontant vers la gorge), régurgitations acides ou alimentaires, aggravées après les repas, en position penchée en avant et en décubitus. Symptômes extra-oesophagiens : toux chronique nocturne, enrouement (laryngite de reflux), asthme aggravé, érosions dentaires (acidité). Douleurs thoraciques non cardiaques. Symptômes d'alarme (→ gastroscopie) : dysphagie, amaigrissement, saignements, anémie, début > 50 ans.

Comment se fait le diagnostic ?

Clinique : diagnostic souvent suffisant sur la base des symptômes typiques (pyrosis + régurgitations). Fibroscopie oeso-gastro-duodénale (FOGD) : indiquée en présence de signes d'alarme, RGO depuis > 5 ans, résistance aux IPP — visualise l'oesophagite, le Barrett, les complications. pH-métrie oesophagienne des 24h : gold standard pour les formes atypiques ou résistantes — mesure le score DeMeester (acidification oesophagienne). Impédancemétrie : détecte les reflux acides et non acides.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Règles hygiénodiététiques : éviction des facteurs déclenchants (café, alcool, graisses, chocolat, menthe, tabac), réduction du poids en cas de surpoids, repas légers, dîner 3h avant le coucher, surélévation de la tête du lit (15 cm), éviter les vêtements serrés. IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) : oméprazole, ésoméprazole, pantoprazole, rabéprazole — 20 à 40 mg/j avant le repas — très efficaces (80 % de rémission) — en cure ou traitement continu selon la sévérité. Antiacides et alginates (Gaviscon) : soulagement symptomatique rapide. Anti-H2 (ranitidine — retiré, famotidine) : alternative aux IPP pour les formes légères. Chirurgie anti-reflux (fundoplicature de Nissen, LINX) : indiquée pour les RGO sévères avec hernie hiatale, en cas de dépendance aux IPP ou de reflux non acide résistant.

Quel spécialiste consulter ?

  • Médecin généraliste : diagnostic et traitement de première ligne.
  • Gastroentérologue : endoscopie, pH-métrie, formes complexes ou résistantes.
  • Chirurgien digestif : chirurgie anti-reflux.

Comment préparer sa consultation ?

Décrivez vos symptômes (pyrosis, régurgitations, toux, enrouement). Notez les aliments et situations déclenchants. Listez vos médicaments (AINS, anti-calciques, nitrates — aggravent le RGO). Mentionnez la durée et l'évolution des symptômes.