Est-ce grave ?

Une hypocalcémie légère peut être asymptomatique et découverte fortuitement. Une hypocalcémie modérée à sévère non traitée peut entraîner des complications graves : spasme laryngé (contraction des cordes vocales pouvant obstruer les voies respiratoires), arythmies cardiaques, convulsions. Une hypocalcémie aiguë post-chirurgicale (après thyroïdectomie ou parathyroïdectomie) est une urgence médicale fréquente et connue. Une fois identifiée et traitée, l'hypocalcémie chronique (par exemple sur hypoparathyroïdie) est généralement bien contrôlée.

Quand consulter rapidement ?

  • Convulsions, spasme musculaire généralisé (tétanie) ou difficultés à respirer → SAMU (15) et urgences immédiates.
  • Après une thyroïdectomie ou une parathyroïdectomie : fourmillements intenses des extrémités ou autour de la bouche, crampes dans les heures suivant l'opération → signaler immédiatement à l'équipe chirurgicale.
  • Signe de Chvostek positif (contraction de la joue en tapotant le nerf facial devant l'oreille) ou signe de Trousseau positif (spasme de la main lors du gonflement du brassard tensiométrique) chez un patient symptomatique → consultation médicale urgente.

Comment le taux de calcium est-il régulé ?

Le calcium sanguin est maintenu dans une fourchette étroite par deux acteurs principaux : la parathormone (PTH), sécrétée par les glandes parathyroïdes, qui libère le calcium des os, augmente sa réabsorption rénale et stimule la production de vitamine D active. La vitamine D active (calcitriol), produite par les reins à partir de la vitamine D alimentaire et solaire, augmente l'absorption du calcium dans l'intestin. Tout déséquilibre de ce système peut entraîner une hypocalcémie.

Quelles sont les causes ?

Hypoparathyroïdie : production insuffisante de PTH. Cause la plus fréquente : chirurgie de la thyroïde ou des parathyroïdes (lésion ou ablation accidentelle des parathyroïdes). Autres causes : auto-immune, génétique (syndrome de DiGeorge), destruction par irradiation ou infiltration. Carence en vitamine D : très fréquente dans la population générale — alimentation insuffisante, manque d'exposition solaire, malabsorption intestinale (maladie cœliaque, maladie de Crohn, chirurgie bariatrique). Insuffisance rénale chronique : les reins défaillants ne convertissent plus correctement la vitamine D en forme active. Hypoalbuminémie (manque d'albumine) : le calcium est lié à l'albumine dans le sang — un manque d'albumine fait baisser la calcémie totale mesurée (mais le calcium ionisé actif peut être normal — calculer la calcémie corrigée). Résistance à la PTH : pseudo-hypoparathyroïdie (rare, génétique). Médicaments : bisphosphonates, dénosumab, certains antifongiques, cisplatine.

Quels sont les symptômes ?

Légère : souvent asymptomatique. Modérée à sévère : Neuromusculaires : fourmillements (paresthésies) des extrémités et péri-oraux (autour de la bouche — très évocateur), crampes musculaires, spasmes des pieds (pied équin) ou des mains (main d'accoucheur = signe de Trousseau), signe de Chvostek (contraction faciale à la percussion du nerf facial), tétanie (contracture généralisée). Cardiaques : allongement de l'intervalle QT à l'ECG (risque de troubles du rythme graves). Cérébraux : convulsions, irritabilité, confusion, troubles psychiatriques. Respiratoires (sévère) : spasme laryngé (inspiration sifflante, stridor, urgence vitale). Chroniques : cataracte (dépôts de calcium dans le cristallin), calcifications intracérébrales, sécheresse cutanée, ongles cassants.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Hypocalcémie aiguë symptomatique sévère : calcium gluconate ou calcium chlorure par voie intraveineuse — urgence médicale en milieu hospitalier. Hypoparathyroïdie chronique : calcitriol (vitamine D active — Rocaltrol) + carbonate ou gluconate de calcium per os, plusieurs fois par jour. Supplémentation en magnésium si hypomagnésémie associée (le magnésium est nécessaire à l'action de la PTH). Surveillance régulière de la calcémie, calciurie (trop de calcium dans les urines → risque de calculs rénaux) et créatinine. PTH recombinante humaine (PTH 1-84) : traitement de deuxième ligne de l'hypoparathyroïdie, réservé aux cas difficiles à équilibrer avec les traitements classiques. Carence en vitamine D : cholécalciférol (vitamine D3) per os + calcium — doses et durée selon le degré de carence.

Quel spécialiste consulter ?

  • Endocrinologue : bilan étiologique, équilibrage du traitement de l'hypoparathyroïdie.
  • Médecin généraliste / Néphrologue : hypocalcémie sur carence en vitamine D ou insuffisance rénale.
  • Chirurgien endocrinien : si contexte post-chirurgical thyroïdien ou parathyroïdien.