Les différents types d'hépatite

Hépatites virales : Hépatite A (VHA) : transmission oro-fécale (eau et aliments contaminés), toujours aiguë, guérison spontanée, vaccin disponible. Hépatite B (VHB) : transmission sanguine et sexuelle, peut devenir chronique (5-10 % des adultes), risque de cirrhose et de cancer, vaccin disponible. Hépatite C (VHC) : transmission sanguine, chronique dans 70-80 % des cas, guérison possible par AAD. Hépatite D (VHD) : "super-infection" uniquement chez les porteurs du VHB, plus sévère, vaccin VHB protège. Hépatite E (VHE) : transmission oro-fécale (viande de porc peu cuite, eau contaminée), généralement aiguë et bénigne, mais sévère chez l'immunodéprimé et la femme enceinte. Hépatite alcoolique : due à la consommation excessive d'alcool, peut être aiguë (grave — mortalité 20-50 % pour les formes sévères) ou chronique (évolution vers cirrhose). Hépatite médicamenteuse ou toxique : induite par des médicaments (paracétamol en surdose, AINS, certains antibiotiques, antituberculeux, phytothérapie, compléments alimentaires). Hépatite auto-immune : le système immunitaire attaque les cellules hépatiques, touche surtout les femmes, traitement par immunosuppresseurs. Stéatohépatite non alcoolique (NASH) : hépatite liée à l'accumulation de graisse dans le foie, souvent associée au syndrome métabolique (obésité, diabète, dyslipidémie) — risque de cirrhose et de cancer.

Quand consulter rapidement ?

  • Jaunisse (yeux ou peau jaunes), urines foncées "couleur thé", selles beiges/décolorées, fatigue intense — hépatite aiguë possible, consultation médicale urgente.
  • Douleur abdominale intense avec jaunisse — urgences.
  • Signes d'hépatite fulminante (jaunisse + confusion, troubles de conscience) — appel du 15, urgence vitale.
  • Prise de paracétamol en surdose (intentionnelle ou accidentelle) — urgences immédiatement même sans symptômes.

Quels sont les symptômes ?

Hépatite aiguë symptomatique : Phase prodromique (1-2 semaines) : fatigue, nausées, vomissements, perte d'appétit, fièvre légère, arthralgies. Phase ictérique : jaunisse (sclères jaunes puis peau), urines foncées (couleur thé), selles pâles ou décolorées, prurit (démangeaisons). Phase de régression : disparition progressive des symptômes. Hépatite chronique : le plus souvent asymptomatique pendant des années ou des décennies. Parfois : fatigue chronique, inconfort de l'hypocondre droit. Signes tardifs de cirrhose : ascite (ventre gonflé), œdèmes des membres inférieurs, jaunisse, hémorragie digestive (varices), confusion (encéphalopathie hépatique).

Comment se fait le diagnostic ?

Bilan hépatique sanguin : ASAT et ALAT (transaminases) : augmentés lors de l'inflammation hépatique — leur niveau oriente parfois vers la cause. Bilirubine (augmentée en cas de jaunisse). GGT et phosphatases alcalines (PAL). Protides, albumine, TP (bilan de la fonction hépatique). Sérologies virales : Ac anti-VHA, Ac anti-VHC, Ag HBs, ADN VHB, ARN VHC selon suspicion clinique. Echographie hépatique : structure du foie, signes de cirrhose. FibroScan ou marqueurs sériques de fibrose : évaluation du degré de fibrose hépatique. Biopsie hépatique : parfois nécessaire (hépatite auto-immune, NASH avancée).

Quels traitements peuvent être proposés ?

Hépatite A et E aiguës : traitement symptomatique — guérison spontanée en 4-8 semaines. Éviter l'alcool et les médicaments hépatotoxiques. Hépatite B : vaccin préventif, antiviraux (ténofovir, entécavir) pour les formes chroniques actives. Hépatite C : antiviraux à action directe (AAD) — guérison > 95 % des cas. Hépatite alcoolique : arrêt total et définitif de l'alcool, corticoïdes pour les formes sévères, transplantation hépatique en dernier recours. Hépatite médicamenteuse : arrêt du médicament en cause, N-acétylcystéine si paracétamol. Hépatite auto-immune : corticoïdes + azathioprine à long terme. NASH : perte de poids, traitement du diabète et de la dyslipidémie, exercice physique — pas de traitement médicamenteux spécifique approuvé à ce jour.

Quel spécialiste consulter ?

  • Hépatologue / Gastro-entérologue : bilan et suivi de toute hépatite chronique.
  • Médecin généraliste : dépistage, orientation, suivi de l'hépatite alcoolique.
  • Urgences : tout signe d'hépatite aiguë sévère ou fulminante.