Est-ce grave ?
La gastrite aiguë bénigne guérit rapidement. La gastrite chronique à H. pylori non traitée peut évoluer vers un ulcère gastrique ou duodénal, une métaplasie intestinale (transformation de la muqueuse), puis un adénocarcinome gastrique — raison pour laquelle l'éradication de H. pylori est recommandée. La gastrite atrophique auto-immune peut entraîner une malabsorption de la vitamine B12 (anémie de Biermer), du fer et des micronutriments.
Quand consulter rapidement ?
- Vomissements de sang (hématémèse) ou selles noires goudronneuses (méléna) — hémorragie digestive par gastrite érosive ou ulcère.
- Douleur épigastrique intense et brutale — perforation possible.
- Douleurs épigastriques persistantes malgré le traitement, associées à une perte de poids ou un amaigrissement — bilan à réaliser (cancer gastrique à éliminer).
Types de gastrites
Gastrite aiguë : Gastrite érosive aiguë : AINS, aspirine, alcool, stress physique intense — lésions superficielles de la muqueuse. Gastrite infectieuse aiguë : H. pylori (lors de la primo-infection), virus (CMV, HSV), autres bactéries (rarement). Gastrite aiguë phlegmoneuse : infection bactérienne sévère de la paroi de l'estomac (urgence chirurgicale rare). Gastrite chronique : Gastrite chronique à H. pylori (type B — antrale) : la plus fréquente — chronique, évoluant vers l'atrophie, la métaplasie, voire le cancer. Type A (atrophique auto-immune) : gastrite du fundus, liée à des anticorps anti-cellules pariétales et anti-facteur intrinsèque → atrophie gastrique → malabsorption de B12 (anémie de Biermer). Association à la thyroïdite auto-immune. Type C (chimique) : liée aux reflux biliaires ou aux AINS au long cours.
Quels sont les symptômes ?
Douleurs ou brûlures épigastriques (creux de l'estomac) : souvent calmées par les repas (pour la gastrite antrale) ou aggravées par les repas. Nausées, vomissements. Sensation de plénitude après les repas (rapidement rassasié). Éructations, ballonnements. Perte d'appétit. Parfois asymptomatique (gastrite chronique silencieuse, surtout à H. pylori). Signes d'hémorragie digestive : vomissements de sang, selles noires.
Comment se fait le diagnostic ?
Gastroscopie (endoscopie digestive haute) : seul examen permettant de visualiser directement l'inflammation, les érosions, l'atrophie, et de réaliser des biopsies. Biopsies gastriques (2 antrales + 2 fundiques selon le protocole de Sydney) : analyse histologique — confirme la gastrite, identifie H. pylori, recherche une métaplasie intestinale ou une dysplasie. Test de l'uréase rapide (CLO test) ou culture : sur biopsie gastrique — diagnostic de H. pylori. Test respiratoire à l'urée marquée (breath test) : non invasif, très fiable pour diagnostiquer H. pylori (et contrôler son éradication). Sérologie H. pylori (IgG) : moins fiable pour les infections actives (reste positive après éradication). Copro-antigène H. pylori : alternative non invasive. Dosage de la vitamine B12, fer, folates : si gastrite atrophique auto-immune suspectée. Anticorps anti-cellules pariétales et anti-facteur intrinsèque : gastrite auto-immune.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Gastrite à H. pylori : Trithérapie de première intention (10-14 jours) : IPP (oméprazole ou ésoméprazole) + amoxicilline + clarithromycine (ou métronidazole selon les résistances locales). Quadrithérapie si résistance ou échec (avec bismuth). Contrôle de l'éradication à 4-8 semaines par test respiratoire ou copro-antigène. Gastrite aux AINS : Arrêt des AINS si possible — substitution par paracétamol. IPP si AINS nécessaires (protection de la muqueuse). Gastrite de stress (en réanimation) : IPP IV en prévention systématique chez les patients à risque (ventilation mécanique, coagulopathie). Gastrite auto-immune (type A) : Pas de traitement étiologique. Supplémentation en vitamine B12 (injections IM mensuelles). Surveillance endoscopique (risque de carcinome gastrique et de tumeur neuroendocrine).
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
La gastrite à H. pylori guérit après une éradication réussie — la muqueuse se normalise progressivement. L'atrophie et la métaplasie préexistantes peuvent régresser partiellement mais nécessitent un suivi endoscopique. La gastrite aux AINS est réversible à l'arrêt du traitement. La gastrite auto-immune nécessite un suivi à vie (anémie de Biermer, risque oncologique).
Quel spécialiste consulter ?
- Médecin généraliste : diagnostic initial, prescription du traitement éradicateur.
- Gastro-entérologue : gastroscopie avec biopsies, gastrites complexes ou récidivantes.
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