Est-ce grave ?

Traitée précocement, la déformation en boutonnière peut être corrigée ou stabilisée. Sans traitement, elle évolue vers une rigidité irréductible (le doigt reste bloqué en flexion) et une perte fonctionnelle significative de la main. Chez les patients polyarthritiques, une prise en charge rhumatologique globale (traitement de fond) est indispensable pour prévenir de nouvelles déformations.

Quand consulter ?

Consultez rapidement (dans les jours suivants) si :

  • Un traumatisme du dessus du doigt (coup, contusion) laisse une incapacité à étendre l'articulation centrale — risque de boutonnière traumatique aiguë.
  • Chez un patient polyarthritique, apparition d'une nouvelle déformation d'un doigt.

Qu'est-ce que la déformation en boutonnière ?

Les tendons extenseurs des doigts ont une structure complexe. Pour chaque doigt, le tendon extenseur se divise en une bandelette centrale (qui s'insère sur la base de la 2e phalange — P2) et deux bandelettes latérales (qui s'insèrent sur la 3e phalange — P3). Quand la bandelette centrale est sectionnée ou lésée (traumatisme) ou détruite (rhumatisme), P2 ne peut plus être étendue par le tendon extenseur. Les bandelettes latérales, non retenues, glissent en avant (vers la paume) et deviennent fléchisseurs de P2 au lieu d'extenseurs. Elles tirent alors P3 en hyperextension. La tête de P1 (la phalange proximale) "boutonne" à travers les bandelettes latérales écartées — d'où le nom "boutonnière".

Quels sont les symptômes ?

Flexion irréductible de l'IPP (articulation centrale) — le doigt reste courbé en flexion. Hyperextension de l'IPD (articulation du bout du doigt). Incapacité à étendre activement l'IPP. Douleur au niveau de l'IPP en phase aiguë traumatique ou inflammatoire. Perte de force et de dextérité de la main.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Examen clinique : aspect caractéristique de la déformation, test d'extension active de l'IPP, évaluation de la mobilité passive (si le doigt peut encore être mis en extension passivement — facteur pronostique). Radiographie du doigt : évalue les lésions articulaires (arthrose, érosions rhumatoïdes), les fractures associées. Bilan rhumatologique : recherche d'une polyarthrite rhumatoïde ou d'une autre maladie inflammatoire si la cause n'est pas traumatique.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Phase aiguë traumatique (rupture récente de la bandelette centrale) : Attelle d'extension de l'IPP (en position étendue) maintenue 6 semaines en continu — permet la cicatrisation de la bandelette centrale avec l'IPP en bonne position. L'IPD doit être maintenue libre et mobilisée activement. Phase chronique avec déformation réductible (le doigt peut encore être mis en extension passivement) : Kinésithérapie, attelles dynamiques d'extension. Phase chronique avec déformation irréductible et gêne fonctionnelle : Chirurgie : résection des adhérences, reconstruction de la bandelette centrale, arthrodèse (blocage chirurgical de l'articulation en bonne position) de l'IPP si nécessaire. Chez le patient polyarthritique : traitement de fond de la PR (méthotrexate, biothérapies) pour prévenir l'aggravation.

Quel spécialiste consulter ?

  • Médecin généraliste : orientation et bilan initial.
  • Chirurgien de la main : traitement de la boutonnière traumatique aiguë ou chirurgie.
  • Rhumatologue : boutonnière sur polyarthrite rhumatoïde.
  • Kinésithérapeute : confection d'attelles, rééducation.

Comment préparer sa consultation ?

Décrivez comment et quand la déformation est apparue. Précisez si elle survient dans le contexte d'une polyarthrite rhumatoïde connue. Notez quels doigts sont touchés et si d'autres déformations sont présentes. Apportez les radiographies récentes si disponibles.