Est-ce grave ?

Le pronostic dépend du type histologique (nature de la cellule cancéreuse) et du stade au moment du diagnostic. Les tumeurs neuroendocrines bien différenciées (anciennement appelées carcinoïdes) évoluent souvent lentement et peuvent avoir un pronostic favorable même en cas de métastases. Les adénocarcinomes du grêle ont un pronostic plus réservé car ils sont souvent diagnostiqués à un stade avancé. Une prise en charge spécialisée dans un centre expert est recommandée.

Quand consulter rapidement ?

Consultez rapidement si :

  • Douleurs abdominales persistantes associées à un amaigrissement involontaire, des nausées ou une fatigue durable.
  • Sang dans les selles ou selles noires (méléna — signe d'un saignement digestif).
  • Arrêt des selles et des gaz avec gonflement du ventre — occlusion intestinale.
  • Bouffées de chaleur, diarrhées et rougeur du visage épisodiques — syndrome carcinoïde (signe d'une tumeur neuroendocrine).

Qu'est-ce que le cancer de l'intestin grêle ?

L'intestin grêle mesure environ 6 mètres et comprend le duodénum (après l'estomac), le jéjunum (partie centrale) et l'iléon (avant la jonction avec le côlon). Des tumeurs très différentes peuvent s'y développer. Les tumeurs neuroendocrines (TNE) ou carcinoïdes naissent des cellules hormonales de la paroi intestinale — elles sécrètent parfois des hormones actives. Les adénocarcinomes naissent des cellules glandulaires de la muqueuse intestinale — ils ressemblent aux cancers du côlon. Les lymphomes du grêle naissent des cellules du système immunitaire présentes dans la paroi intestinale. Les GIST (tumeurs stromales gastro-intestinales) naissent des cellules musculaires de la paroi.

Quels sont les symptômes ?

Douleurs abdominales récurrentes ou chroniques, parfois à type de crampes. Amaigrissement involontaire. Saignements digestifs : sang dans les selles (rouges) ou selles noires (méléna). Occlusion intestinale partielle ou complète (nausées, vomissements, arrêt des selles). Anémie (fatigue, pâleur) par carence en fer liée aux saignements. Syndrome carcinoïde (spécifique aux TNE sécrétantes) : bouffées de chaleur épisodiques, diarrhées, bronchospasme, rougeur du visage.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Vidéo-capsule endoscopique : petite caméra avalée sous forme de gélule qui parcourt tout l'intestin grêle et prend des milliers d'images — examen clé pour visualiser les tumeurs du grêle. Entéroscopie : endoscopie longue permettant de visualiser et biopsier les tumeurs. Scanner abdomino-pelvien : évalue l'extension locale et les métastases. TEP-scan (tomographie par émission de positrons) : pour les TNE. Octréoscan (scintigraphie aux récepteurs de la somatostatine) : pour les TNE. Biologie : dosage des chromogranines A (marqueur des TNE), sérotonine, 5-HIAA urinaire (métabolite sécrété par les TNE).

Quels traitements peuvent être proposés ?

Chirurgie : résection de la tumeur et des ganglions environnants — traitement de référence pour les tumeurs localisées. Pour les TNE : analogues de la somatostatine (octréotide, lanréotide) — ralentissent la croissance et contrôlent le syndrome carcinoïde. Chimiothérapie : adénocarcinomes métastatiques (FOLFOX, FOLFIRI). Thérapies ciblées : imatinib pour les GIST (médicament qui bloque spécifiquement la protéine motrice de ces tumeurs). Immunothérapie : en cours d'évaluation pour certains sous-types. Radiothérapie interne des TNE (PRRT — thérapie ciblée par radionucléides à base d'yttrium ou de lutétium) : pour les TNE avancées exprimant les récepteurs de la somatostatine.

Quel spécialiste consulter ?

  • Gastroentérologue/oncologue digestif : diagnostic et coordination.
  • Chirurgien digestif : traitement chirurgical.
  • Centre expert tumeurs neuroendocrines ou tumeurs rares du grêle : recommandé pour une prise en charge optimale.

Comment préparer sa consultation ?

Apportez tous les résultats d'examens biologiques et d'imagerie. Listez vos symptômes et leur ancienneté. Mentionnez tout antécédent de maladie de Crohn (facteur favorisant certains adénocarcinomes du grêle) ou de syndrome génétique (HNPCC, polypose adénomateuse familiale). Préparez vos questions sur le type de tumeur, le stade et les options de traitement.