Est-ce grave ?
La sarcopénie est un facteur de risque majeur de fragilité, de chutes, de fractures (col fémoral), de perte d'autonomie et de surmortalité chez les personnes âgées. Elle favorise l'obésité sarcopénique (perte de muscle compensée par la prise de graisse) et aggrade les pathologies chroniques (insuffisance cardiaque, respiratoire, diabète). Elle est réversible — même les patients très âgés bénéficient de l'exercice de résistance.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin si :
- Chutes répétées sans cause évidente chez une personne âgée.
- Difficultés à se lever d'une chaise, à monter des escaliers, à marcher rapidement.
- Amaigrissement involontaire (perte > 5 % du poids en 6 mois) associé à une faiblesse musculaire.
Qu'est-ce que la sarcopénie ?
La sarcopénie (du grec "sarx" — chair, "pénia" — perte) est un syndrome musculaire dégénératif défini par le groupe EWGSOP2 comme une combinaison de faible force musculaire (critère diagnostique principal) ET faible quantité ou qualité musculaire (confirmé par imagerie ou DEXA). La performance physique (vitesse de marche, test de lever de chaise) évalue la sévérité. La sarcopénie peut être primaire (liée à l'âge seul) ou secondaire (dénutrition, sédentarité, inflammation chronique, maladies systémiques).
Quels sont les symptômes ?
Faiblesse musculaire progressive (difficulté à ouvrir un bocal, à porter des charges, à se relever). Ralentissement de la marche (vitesse
Quelles sont les causes ?
Vieillissement physiologique : diminution des hormones anabolisantes (GH, testostérone, IGF-1), augmentation du cortisol, inflammation de bas grade (IL-6, TNF-α), dénervation progressive des fibres musculaires de type II. Facteurs aggravants : dénutrition protéique, sédentarité, alitement prolongé, maladies chroniques (cancer, IRC, insuffisance cardiaque, BPCO, diabète), médicaments (corticoïdes, statines à haute dose).
Comment se fait le diagnostic ?
Force musculaire : dynamomètre de préhension (grip strength) — valeur seuil 15 secondes — faiblesse des membres inférieurs. Masse musculaire : DXA (masse maigre appendiculaire indexée à la taille). Échographie musculaire (épaisseur et qualité du quadriceps). Performance physique : vitesse de marche sur 4 m (
Quels traitements peuvent être proposés ?
Exercice de résistance (priorité absolue) : musculation avec résistance progressive 2 à 3 fois/semaine (squats, leg press, soulevé de charge adapté) — augmente la masse et la force musculaire même après 80 ans. Exercice aérobie et équilibre : marche, vélo, yoga — améliore la performance physique et réduit le risque de chutes. Nutrition : apports protéiques 1,2 à 1,5 g/kg/j chez la personne âgée (vs 0,8 g/kg recommandé pour l'adulte jeune) — distribution sur 3 repas avec 25-30 g de protéines par repas. Leucine et whey (protéines du lactosérum) : stimulent la synthèse musculaire. Vitamine D : supplémentation si carence (
Quel spécialiste consulter ?
- Gériatre : évaluation gériatrique globale.
- Médecin de rééducation (MPR) : programme d'exercice adapté.
- Diététicien : optimisation des apports protéiques.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez vos difficultés fonctionnelles (lever de chaise, marche, équilibre). Notez vos antécédents de chutes récentes. Apportez votre carnet alimentaire (apports protéiques). Mentionnez vos médicaments (corticoïdes, statines).
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