Est-ce grave ?

Une hypokaliémie légère est souvent asymptomatique et facilement corrigée. Une hypokaliémie modérée peut être très gênante (crampes, fatigue importante). Une hypokaliémie sévère est une urgence médicale : elle peut provoquer des arythmies cardiaques graves (torsades de pointes, fibrillation ventriculaire) et une paralysie musculaire. Chez les patients prenant des médicaments pour le cœur (digoxine notamment), même une hypokaliémie modérée peut être dangereuse — la toxicité de la digoxine est aggravée par un faible taux de potassium.

Quand consulter rapidement ?

  • Faiblesse musculaire sévère ou paralysie d'un membre → urgences médicales.
  • Palpitations ou arythmie cardiaque chez un patient avec hypokaliémie connue → urgences cardiologiques.
  • Hypokaliémie
  • Vomissements incoercibles répétés, diarrhée sévère prolongée → consultation médicale pour bilan et correction électrolytique.

Pourquoi le potassium baisse-t-il ?

Pertes digestives : les vomissements font perdre de l'acide chlorhydrique et déclenchent une alcalose qui augmente les pertes urinaires de potassium. La diarrhée chronique, les laxatifs et les lavements répétés entraînent une perte directe de potassium dans les selles. Pertes urinaires : les diurétiques de l'anse (furosémide) et les diurétiques thiazidiques augmentent l'élimination rénale de potassium — cause très fréquente chez les patients traités pour hypertension ou insuffisance cardiaque. L'hyperaldostéronisme (excès d'aldostérone) augmente aussi l'élimination rénale de potassium. Apports insuffisants : dénutrition sévère, anorexie mentale. Redistribution cellulaire : la prise d'insuline (pour le diabète) ou de bêtabloquants fait entrer le potassium dans les cellules, baissant sa concentration sanguine. Alcoolisme chronique : perte urinaire accrue, malnutrition, vomissements fréquents.

Quels sont les symptômes ?

Légère (3 à 3,5 mmol/L) : souvent asymptomatique. Modérée (2,5 à 3 mmol/L) : crampes musculaires, faiblesse musculaire (notamment des jambes), fatigue, constipation, polyurie (urines abondantes — rein qui concentre mal l'urine en cas d'hypokaliémie chronique), nausées. Sévère (

Comment se fait le diagnostic ?

Ionogramme sanguin (dosage du potassium sérique), toujours associé au sodium, à la créatinine (rein) et aux bicarbonates. ECG si symptômes cardiaques ou kaliémie

Quels traitements peuvent être proposés ?

Supplémentation en potassium per os : chlorure de potassium ou gluconate de potassium (comprimés, sachets, solutions buvables) — formes légères à modérées. À prendre en dehors des repas (moins bien toléré à jeun). Potassium intraveineux : si formes sévères, impossibilité de prise per os, ou surveillance cardiaque nécessaire. Traitement de la cause : adaptation des diurétiques (réduction de dose ou passage à un diurétique épargnant le potassium comme la spironolactone), traitement de l'hyperaldostéronisme, contrôle des vomissements. Correction concomitante de l'hypomagnésémie si présente : une hypokaliémie ne se corrige pas si la magnésémie reste basse. Surveillance de l'efficacité : contrôle biologique de la kaliémie après 24-48h de traitement. ECG répété si kaliémie initiale

Quel spécialiste consulter ?

  • Médecin généraliste : bilan, correction per os, adaptation des traitements diurétiques.
  • Néphrologue : si cause rénale ou hypokaliémie chronique difficile à équilibrer.
  • Cardiologue : surveillance ECG si arythmie associée, ou patient sous digoxine.
  • Endocrinologue : si hyperaldostéronisme ou syndrome de Cushing suspecté.