Est-ce grave ?

Le déficit en GH chez l'enfant non traité entraîne un retard de croissance statural important pouvant conduire à une petite taille définitive. Chez l'adulte, il altère la composition corporelle (masse grasse accrue, masse musculaire réduite), la qualité de vie, la densité osseuse et le profil cardiovasculaire. Les causes sous-jacentes (tumeur hypophysaire) peuvent être graves en elles-mêmes. Avec un traitement adapté, le pronostic est excellent.

Quand consulter ?

Consultez votre médecin si :

  • Enfant dont la courbe de croissance s'infléchit de manière significative (cassure de la courbe) ou petite taille
  • Adulte avec antécédent de tumeur hypophysaire, de chirurgie ou de radiothérapie cérébrale, présentant une fatigue intense, une prise de poids abdominale et une altération de la qualité de vie.

Qu'est-ce que le déficit en hormone de croissance ?

L'hormone de croissance (GH — Growth Hormone) est une hormone peptidique sécrétée par l'hypophyse antérieure selon un rythme pulsatile. Elle agit sur la croissance osseuse (via l'IGF-1 produit par le foie), la composition corporelle (stimule la lipolyse, favorise la masse musculaire), le métabolisme glucidique et lipidique. Le déficit en GH peut être isolé ou associé à d'autres déficits hypophysaires (panhypopituitarisme). Il peut être congénital (mutations génétiques), idiopathique, ou acquis (adénome hypophysaire, craniopharyngiome, trauma crânien, irradiation cérébrale).

Quels sont les symptômes chez l'enfant ?

Retard de croissance statural avec cassure de la courbe de croissance (vitesse de croissance

Quels sont les symptômes chez l'adulte ?

Fatigue chronique et asthénie. Augmentation de la masse grasse abdominale. Réduction de la masse et de la force musculaires. Réduction de la densité osseuse (ostéoporose). Troubles lipidiques (LDL élevé, HDL bas). Qualité de vie altérée (anxiété, dépression, troubles cognitifs légers). Risque cardiovasculaire accru.

Comment se fait le diagnostic ?

La GH basale seule est insuffisante car la sécrétion est pulsatile (majorité des mesures = 0 en dehors des pics). L'IGF-1 (Insulin-like Growth Factor 1) est un marqueur indirect stable de la sécrétion de GH. Les tests de stimulation de la GH (hypoglycémie insulinique — gold standard, ou test GHRH-arginine, glucagon) sont indispensables pour confirmer le déficit. L'IRM hypophysaire recherche une tumeur, une malformation ou une séquence lésionnelle.

Quels traitements peuvent être proposés ?

La somatropine (GH recombinante) est administrée par injection sous-cutanée quotidienne. Chez l'enfant : traitement continu jusqu'à la fin de la croissance (fermeture des cartilages de conjugaison) — la taille adulte est normalisée dans la plupart des cas si le traitement est débuté précocement. Chez l'adulte : améliore la composition corporelle, la densité osseuse, le profil lipidique et la qualité de vie — traitement à long terme si bénéfice documenté. Les effets secondaires (oedèmes, arthralgies, syndrome du canal carpien) sont dose-dépendants et réversibles à l'ajustement.

Quel spécialiste consulter ?

  • Pédiatre endocrinologue : déficit chez l'enfant.
  • Endocrinologue adulte : déficit chez l'adulte, tumeurs hypophysaires.
  • Neurochirurgien : adénome hypophysaire nécessitant une chirurgie.

Comment préparer sa consultation ?

Pour l'enfant : apportez le carnet de santé avec les mesures régulières de taille et de poids. Renseignez les tailles des parents (taille cible génétique). Précisez les antécédents d'irradiation cérébrale. Pour l'adulte : apportez les résultats biologiques antérieurs (IGF-1, TSH, cortisol). Décrivez l'ancienneté et l'impact de vos symptômes.