Est-ce grave ?

La hernie hiatale par glissement (la plus fréquente) est généralement bénigne et ne nécessite pas de chirurgie dans l'immense majorité des cas. Elle peut être source d'inconfort chronique (reflux) mais ne met pas la vie en danger. La hernie para-œsophagienne (5 % des cas) est plus préoccupante car elle peut s'étrangler (urgence chirurgicale rare mais sérieuse) ou se volvuler. Elle justifie souvent une cure chirurgicale prophylactique même si asymptomatique.

Quand consulter rapidement ?

  • Douleur thoracique ou épigastrique intense et soudaine, vomissements incoercibles, impossibilité d'avaler chez une personne ayant une hernie hiatale connue — volvulus ou étranglement gastrique, urgences.
  • Dysphagie (difficultés à avaler) qui s'aggrave progressivement — consultation gastro-entérologique sans délai (à différencier d'un cancer de l'œsophage).
  • Vomissements de sang ou selles noires avec hernie hiatale connue — hémorragie digestive, urgences.

Quels sont les symptômes ?

Asymptomatique dans la moitié des cas (découverte fortuite lors d'une endoscopie ou d'une radiographie). Symptômes liés au reflux gastro-œsophagien : Pyrosis (brûlures d'estomac remontant derrière le sternum), majoré en position allongée, après les repas, à la flexion. Régurgitations acides (goût acide dans la bouche). Douleur thoracique (pouvant mimer une douleur cardiaque). Toux nocturne, enrouement, laryngite (manifestations extra-œsophagiennes du RGO). Satiété précoce, ballonnements post-prandiaux. Dysphagie légère (gêne à la déglutition — surtout pour les solides).

Comment se fait le diagnostic ?

Fibroscopie œso-gastro-duodénale (FOGD) : examen de référence, visualise la hernie, évalue la muqueuse œsophagienne (œsophagite, endobrachyœsophage), prélèvements (biopsies). TOGD (transit œso-gastro-duodénal baryté) : utile pour évaluer la taille de la hernie et la géographie anatomique avant chirurgie. Manométrie œsophagienne : évalue la pression du sphincter inférieur de l'œsophage (SIO) avant chirurgie. pH-métrie œsophagienne des 24 heures : quantifie le reflux acide en cas de doute ou avant chirurgie.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Mesures hygiéno-diététiques : Surélever la tête du lit de 10-15 cm (mettre des cales sous les pieds du lit côté tête — pas juste un oreiller). Repas légers, éviter les aliments aggravants (café, alcool, chocolat, graisses, menthe, épices, agrumes). Éviter les repas tardifs et se coucher dans les 3 heures suivant le repas. Perte de poids si surpoids (l'obésité abdominale aggrave la hernie). Éviter les vêtements serrés à la ceinture. Arrêt du tabac. Médicaments : IPP (inhibiteurs de la pompe à protons : oméprazole, ésoméprazole, pantoprazole) : traitement de référence du RGO associé. Antiacides (gaviscon, bicarbonate) : en complément, symptomatique. Procinétiques : parfois associés (métoclopramide — avec précautions). Chirurgie (fundoplicature) : Technique de Nissen (fundoplicature à 360°) ou Toupet (270°) par cœliochirurgie. Réservée aux formes réfractaires au traitement médical, aux hernies para-œsophagiennes volumineuses, aux complications (endobrachyœsophage étendu, hémorragies). Résultats en général bons — amélioration du reflux dans 80-90 % des cas.

Quel spécialiste consulter ?

  • Gastro-entérologue : fibroscopie diagnostique, bilan du reflux, indication chirurgicale.
  • Médecin généraliste : gestion des symptômes de reflux, prescription des IPP, orientation.
  • Chirurgien digestif : fundoplicature.