L'essentiel à retenir
- L'hépatite C est causée par le virus de l'hépatite C (VHC), transmis principalement par voie sanguine (partage de seringues, anciennement par transfusions avant 1992, acupuncture/tatouage avec matériel non stérile).
- 70-80 % des infections deviennent chroniques (le virus n'est pas éliminé spontanément) — contrairement à l'hépatite B.
- L'hépatite C chronique non traitée peut évoluer vers la cirrhose (20-30 % à 20 ans) et le cancer du foie (hépatocarcinome).
- Depuis 2017, l'hépatite C se guérit dans plus de 95 % des cas en 8 à 12 semaines par des antiviraux à action directe (AAD) bien tolérés.
Est-ce grave ?
L'hépatite C chronique non traitée peut progresser silencieusement vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. Mais depuis les AAD, le pronostic a radicalement changé : une guérison virologique durable est obtenue dans 95 à 99 % des cas, avec une régression possible de la fibrose hépatique même avancée après guérison. L'enjeu aujourd'hui est principalement le dépistage — pour traiter toutes les personnes infectées avant les complications.
Quand consulter rapidement ?
- Jaunisse, fatigue intense, nausées chez une personne à risque — hépatite aiguë possible, consultation médicale urgente.
- Découverte de sérologie VHC positive lors d'un dépistage — consultation hépatologique sans délai pour bilan et traitement.
- Signes de cirrhose décompensée (jaunisse, ascite, encéphalopathie, hémorragie digestive) chez un patient VHC connu — urgence hépatologique.
Transmission du VHC
Le VHC se transmet exclusivement par voie sanguine dans l'immense majorité des cas. Voies principales : Partage de matériel d'injection (seringues, cotons, cuillères) — première cause en Europe. Tatouage et piercing avec matériel non stérile. Anciennement, transfusions sanguines (avant l'instauration du dépistage systématique des dons en 1992 en France). Partage de matériel à usage nasal (paille de sniff pour cocaïne, héroïne). AES (accidents d'exposition au sang) en milieu médical. Transmission sexuelle : possible mais peu efficace (principalement lors de rapports anaux avec trauma muqueux ou autres IST actives). Transmission mère-enfant : 5 % des naissances de mères VHC+. Contrairement à l'hépatite B, le VHC ne se transmet pas par la salive, les baisers, les poignées de mains, le partage de couverts dans les conditions normales.
Quels sont les symptômes ?
Hépatite aiguë (incubation 2-12 semaines) : asymptomatique dans 80 % des cas. Parfois fatigue, ictère (jaunisse), nausées — symptômes passagers qui peuvent faire conclure à tort à une "bonne guérison" alors que le virus persiste. Hépatite chronique (70-80 % des cas) : longtemps asymptomatique — peut l'être pendant 20 à 30 ans. Manifestations hépatiques tardives : fatigue chronique, inconfort de l'hypocondre droit, puis signes de cirrhose (ascite, œdèmes, jaunisse, saignements, confusion) et de carcinome hépatocellulaire. Manifestations extra-hépatiques : cryoglobulinémie mixte (purpura, arthralgies, neuropathie, atteinte rénale), lymphome B, thyroïdite.
Comment se fait le diagnostic ?
Dépistage sérologique : Ac anti-VHC (ELISA) : positif si exposition au VHC. Si positif → ARN VHC (PCR) pour confirmer l'infection active (charge virale) et le génotype viral (important pour certains traitements). Bilan hépatique + fibrose hépatique (FibroScan, Fibrometer ou biopsie hépatique si doute). Dépistage recommandé : au moins une fois dans la vie pour tous les adultes nés entre 1945 et 1975 (génération la plus exposée aux transfusions et aux pratiques à risque).
Quels traitements peuvent être proposés ?
Antiviraux à action directe (AAD) — traitement révolutionnaire : Sofosbuvir/Velpatasvir (Epclusa®) : pangenotypique — efficace sur tous les génotypes, 1 comprimé/jour pendant 12 semaines. Glécaprévir/Pibrentasvir (Mavyret®) : pangenotypique, 12 semaines (8 semaines chez patients sans cirrhose). Taux de guérison (réponse virologique soutenue à 12 semaines — RVS12) : > 95 % pour tous les génotypes. Effets secondaires : rares et légers (fatigue, céphalées). Résultat : ARN VHC indétectable après traitement = guérison définitive — le virus est éliminé. Avantages supplémentaires de la guérison : amélioration de la fibrose hépatique, réduction du risque de cirrhose et de cancer du foie, amélioration de la qualité de vie. Pas de vaccin disponible contre le VHC (à la différence du VHB).
Quel spécialiste consulter ?
- Hépatologue / Gastro-entérologue : prescription des AAD, suivi de la guérison, surveillance du foie.
- Médecin généraliste : dépistage et orientation — les AAD peuvent maintenant être prescrits par tout médecin en France.
Questions fréquentes
Si l'hépatite C est guérie, le foie récupère-t-il ?
Oui — dans de nombreux cas, la fibrose hépatique (les "cicatrices" du foie) régresse partiellement après guérison virologique, même dans les stades avancés de fibrose. La régression est plus marquée chez les patients avec une fibrose modérée (F2-F3) que chez ceux avec une cirrhose établie (F4). Même après guérison, les patients avec cirrhose gardent un risque résiduel de carcinome hépatocellulaire et nécessitent une surveillance par échographie hépatique tous les 6 mois.
Peut-on être réinfecté par le VHC après guérison ?
Oui — contrairement à certaines infections, la guérison de l'hépatite C ne confère pas d'immunité durable. Une réinfection est possible si les comportements à risque persistent (notamment chez les personnes qui s'injectent des drogues). C'est pourquoi les programmes d'accompagnement incluent aussi la réduction des risques (programmes d'échange de seringues, traitement de substitution aux opiacés). La retraitement est possible et efficace en cas de réinfection documentée.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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