L'essentiel à retenir

  • L'hépatite B est causée par le virus de l'hépatite B (VHB), transmis par le sang (seringues partagées, transfusion), les relations sexuelles non protégées, et de la mère à l'enfant lors de l'accouchement.
  • Évolution : aiguë (guérison spontanée dans 90-95 % des cas chez l'adulte) ou chronique (persistance du virus > 6 mois — risque de cirrhose et de cancer du foie).
  • Il existe un vaccin très efficace (3 injections) — obligatoire en France pour les nourrissons depuis 2018 et recommandé pour les personnes à risque.
  • Les formes chroniques actives se traitent efficacement par des antiviraux (ténofovir, entécavir) — ils contrôlent le virus mais ne le guérissent généralement pas définitivement.

Est-ce grave ?

L'hépatite B aiguë guérit spontanément dans 90-95 % des cas chez l'adulte — mais peut être sévère (hépatite fulminante rare). L'hépatite B chronique est grave sur le long terme : 15 à 40 % des patients chroniques développeront une cirrhose ou un cancer du foie (hépatocarcinome) sans traitement. Les traitements antiviraux actuels réduisent très significativement ces risques. Le dépistage et le traitement précoce sont donc essentiels.

Quand consulter rapidement ?

  • Jaunisse, nausées intenses, douleur du foie après une exposition possible au VHB (rapport sexuel non protégé, accident d'exposition au sang) — hépatite aiguë, consultation médicale urgente.
  • Accident d'exposition au sang (coupure avec aiguille, rapport sexuel non protégé) chez une personne non vaccinée — sérologie d'urgence + éventuellement immunoglobulines anti-VHB dans les 24 heures (séro-vaccination).
  • Signes d'hépatite chronique décompensée : jaunisse, ascite, confusion (encéphalopathie) — urgence hépatologique.

Transmission du VHB

Le VHB est 100 fois plus contagieux que le VIH. Il se transmet par : Contact avec du sang contaminé : partage de seringues (toxicomanie), tatouage et piercing avec matériel non stérile, transfusion (rare dans les pays avec dépistage systématique du don). Relations sexuelles non protégées (anales, vaginales, oro-génitales). Transmission verticale (de la mère à l'enfant) lors de l'accouchement — le risque est élevé si la mère a une charge virale élevée. Contact familial rapproché avec une personne chroniquement infectée (dans les pays à forte prévalence). La salive, les larmes, la sueur, les urines et les selles ne transmettent pas le VHB dans les conditions normales.

Quels sont les symptômes ?

Hépatite aiguë (incubation 1-6 mois) : Asymptomatique dans 70 % des cas. Formes symptomatiques : fatigue intense, nausées, douleur de l'hypocondre droit (foie), urines foncées ("couleur thé"), jaunisse (coloration jaune des yeux et de la peau), selles décolorées. Hépatite fulminante (rare — 1 %) : insuffisance hépatique aiguë grave. Hépatite chronique : le plus souvent asymptomatique pendant des années. Découverte souvent tardive lors d'une cirrhose décompensée ou d'un hépatocarcinome. Parfois : fatigue chronique, inconfort de l'hypocondre droit, manifestations extra-hépatiques (vascularite, arthralgies).

Comment se fait le diagnostic ?

Sérologie VHB : Ag HBs (antigène de surface) : positif si infection active (aiguë ou chronique). Ac anti-HBs : positif si guérison ou vaccination. Ac anti-HBc IgM : positif lors de l'hépatite aiguë. Ag HBe et Ac anti-HBe : reflètent la réplication virale active. Charge virale VHB (ADN VHB) : quantification de la réplication virale — guide le traitement. Bilan hépatique (ASAT, ALAT, bilirubine, TP, albumine) + fibrose (FibroScan ou marqueurs sériques).

Quels traitements peuvent être proposés ?

Hépatite aiguë : traitement symptomatique dans la majorité des cas (repos, hydratation) — guérison spontanée en 1-3 mois dans 90-95 % des cas chez l'adulte. Hépatite fulminante : greffe hépatique en urgence. Hépatite chronique active : Ténofovir disoproxil (TDF) ou ténofovir alafénamide (TAF) : traitement de référence, très bien toléré, prise orale quotidienne. Entécavir : alternative, excellente efficacité. Durée : indéfinie (arrêt risqué hors conditions précises). Interféron pégylé : option pour les patients répondeurs potentiels — durée limitée (48 semaines) mais guérison possible dans une minorité de cas. Vaccination préventive : 3 injections IM (0-1-6 mois) — protection durable dans 95 % des cas. Séro-vaccination post-exposition : immunoglobulines anti-VHB + vaccination dans les 24 heures si exposition avérée chez une personne non immunisée.

Quel spécialiste consulter ?

  • Hépatologue / Gastro-entérologue : suivi de l'hépatite B chronique, indication du traitement antiviral, dépistage du cancer du foie.
  • Médecin généraliste : dépistage, vaccination, orientation.

Questions fréquentes

Peut-on guérir de l'hépatite B chronique ?

La guérison complète (négativation de l'Ag HBs — "séroconversion HBs") est possible mais rare avec les traitements antiviraux actuels (5 à 10 % des cas sous interféron). Les antiviraux (ténofovir, entécavir) ne guérissent généralement pas l'infection, mais la contrôlent très efficacement en empêchant la réplication virale, en normalisant les enzymes hépatiques et en réduisant massivement le risque de cirrhose et de cancer du foie. Des recherches intensives sont en cours pour développer des traitements curatifs de l'hépatite B.

L'hépatite B se transmet-elle par la salive ?

Le risque de transmission par la salive dans les conditions normales de la vie quotidienne (bisou sur la joue, partage de couverts, toux) est extrêmement faible. Le VHB est présent dans la salive à de très faibles concentrations. En revanche, les morsures profondes avec échange de sang peuvent théoriquement transmettre le virus. Les rapports bucco-génitaux peuvent transmettre le VHB. La vaccination reste la protection la plus efficace.

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