Est-ce grave ?
Un hyphéma léger (grade 1 — moins d'un tiers de la chambre antérieure occupé) guérit souvent spontanément sous surveillance. Un hyphéma total ("hyphéma en 8 de ballon") ou un re-saignement sont plus graves et peuvent entraîner une hypertonie oculaire sévère, une coloration cornéenne par l'hémoglobine (tache permanente sur la vision) ou une atrophie optique. Les patients sous anticoagulants ou drépanocytaires ont un risque plus élevé de complication.
Quand consulter en urgence ?
- Traumatisme oculaire avec vision floue, douleur et rougeur de l'œil — consultation ophtalmologique urgente (dans les heures).
- Douleur oculaire intense après un hyphéma connu — hypertonie oculaire (glaucome secondaire), urgence ophtalmologique.
- Perte brutale de la vision d'un œil après traumatisme — urgence absolue.
Qu'est-ce que l'hyphéma ?
La chambre antérieure est l'espace rempli d'humeur aqueuse entre la cornée (surface transparente de l'œil) et le cristallin, délimité par l'iris. Lors d'un traumatisme oculaire, les vaisseaux de l'iris ou du corps ciliaire se rompent, libérant du sang qui s'accumule dans la chambre antérieure par gravité, formant un niveau liquidien rouge visible dans la partie inférieure de l'œil (comme une ligne horizontale rouge à l'intérieur de l'œil). Classification par grade : Grade 1 : 1/2. Grade 4 : hyphéma total (toute la chambre remplie de sang). Complications : Re-saignement (J3-J5) : risque dans 20 à 30 % des cas, souvent plus sévère que le premier. Glaucome secondaire : le sang obstrue le trabéculum (système de drainage de l'humeur aqueuse), augmentant la pression oculaire. Coloration cornéenne (bloodstaining) : l'hémoglobine imprègne la cornée, provoquant une opacité permanente. Lésions associées au traumatisme : contusion du segment postérieur, luxation du cristallin, hémorragie vitréenne.
Quels sont les symptômes ?
Vision floue ou réduite (parfois très réduite si hyphéma total). Niveau de sang visible dans la partie basse de l'œil (ligne rouge horizontale). Douleur oculaire. Photophobie (sensibilité à la lumière). Sensation de corps étranger. Œil rouge.
Comment se fait le diagnostic ?
Clinique : examen à la lampe à fente (biomicroscope) — visualise le niveau sanguin, évalue son importance, mesure la pression oculaire. Tonométrie (mesure de la pression oculaire) : à surveiller. Fond d'œil : sous dilatation si possible — recherche de lésions du segment postérieur (décollement de rétine, hémorragie vitréenne, contusion maculaire). Bilan complémentaire si cause non traumatique : NFS, bilan de coagulation, glycémie, électrophorèse de l'hémoglobine (drépanocytose).
Quels traitements peuvent être proposés ?
Repos strict en position semi-assise (tête à 30-45°) — permet au sang de se déposer en bas et de se résorber progressivement. Protection de l'œil (occlusion oculaire ou lunettes de protection). Collyres mydriatiques (atropine) : réduisent le spasme ciliaire (douleur) et stabilisent l'iris. Collyres corticoïdes (prednisolone) : réduit l'inflammation. Antihypertenseurs oculaires si hypertonie (bêtabloquants, inhibiteurs de l'anhydrase carbonique). Acide aminocaproïque ou acide tranexamique per os : réduit le risque de re-saignement dans certains cas. Éviter l'aspirine, les AINS et les anticoagulants si possible. Chirurgie (lavage de la chambre antérieure) : si hyphéma total persistant, pression oculaire incontrôlée ou risque de coloration cornéenne.
Quel spécialiste consulter ?
- Ophtalmologue : consultation urgente — dans les heures suivant le traumatisme oculaire.
- Urgences ophtalmologiques : si pas d'ophtalmologue rapidement disponible.
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