L'essentiel à retenir

  • Le glaucome est la 2e cause de cécité dans le monde — il évolue silencieusement pendant des années sans symptôme avant les stades avancés.
  • La pression intraoculaire élevée et l'atteinte du nerf optique sont les signatures de la maladie.
  • Le dépistage régulier par un ophtalmologue après 40 ans est essentiel — surtout en cas d'antécédents familiaux.
  • Le glaucome ne se guérit pas mais se contrôle efficacement par collyres, laser ou chirurgie pour stopper l'évolution.

Est-ce grave ?

Le glaucome chronique à angle ouvert est une maladie grave car il évolue insidieusement sur des années, provoquant une perte progressive et irréversible du champ visuel. Dans les pays développés, 50 % des patients ignorent leur glaucome. S'il n'est pas traité, il peut conduire à la cécité. Avec une prise en charge précoce et un traitement observé régulièrement, la progression peut être stoppée ou considérablement ralentie et la vision préservée.

Quand consulter en urgence ?

Consultez aux urgences ophtalmologiques immédiatement si vous ressentez :

  • Douleur oculaire intense et brutale avec oeil rouge et dur, nausées, vomissements — signes d'une crise de glaucome aigu par fermeture de l'angle.
  • Baisse brutale de la vision, halos colorés autour des lumières.
  • Céphalées intenses associées à une baisse visuelle brutale.

Qu'est-ce que le glaucome ?

Le glaucome est un groupe de maladies oculaires caractérisées par une atteinte progressive du nerf optique (neuropathie optique glaucomateuse) conduisant à une perte irréversible du champ visuel. Le glaucome chronique primitif à angle ouvert (GCPAO) est la forme la plus fréquente (80 % des cas) — il est lié à une altération du drainage de l'humeur aqueuse, entraînant une pression intraoculaire (PIO) élevée qui endommage les fibres du nerf optique. Le glaucome aigu par fermeture de l'angle est une urgence rare mais grave.

Quels sont les symptômes ?

Le GCPAO est asymptomatique pendant des années — la vision centrale est préservée jusqu'aux stades avancés car c'est d'abord le champ visuel périphérique qui est atteint. Le diagnostic est souvent fortuit lors d'un bilan ophtalmologique. À un stade avancé : vision tunnellisée (restriction concentrique du champ visuel), scotomes. La crise de glaucome aigu est dramatique : douleur oculaire intense et brutale, oeil rouge et dur, baisse visuelle brusque, halos colorés autour des lumières, nausées et vomissements.

Quelles sont les causes et facteurs de risque ?

La pression intraoculaire élevée (> 21 mmHg) est le principal facteur de risque modifiable. D'autres facteurs incluent : âge > 40 ans, antécédents familiaux de glaucome (risque multiplié par 5 chez les apparentés au premier degré), myopie forte, origine africaine (risque 4 fois plus élevé), hypotension artérielle nocturne, maladie vasculaire, prise prolongée de corticoïdes (oculaires ou généraux).

Comment se fait le diagnostic ?

Le bilan glaucomateux comprend : la mesure de la PIO (tonomètrie), l'examen du nerf optique (fond d'oeil, OCT des fibres optiques), le champ visuel automatisé, la gonioscopie (évaluation de l'angle irido-cornéen), et la pachymétrie (mesure de l'épaisseur cornéenne). La tomographie par cohérence optique (OCT) détecte l'amincissement des fibres nerveuses avant même l'apparition de déficits du champ visuel.

Quels traitements peuvent être proposés ?

L'objectif est de réduire la PIO pour stopper la progression de l'atteinte du nerf optique. Les collyres hypotenseurs oculaires sont le traitement de première ligne : bêtabloquants (timolol), analogues des prostaglandines (latanoprost — très efficaces), inhibiteurs de l'anhydrase carbonique, alpha-2-agonistes. La trabéculoplastie au laser (SLT) est une alternative non invasive efficace pour réduire la PIO. La chirurgie (trabéculectomie, implants de drainage) est réservée aux glaucomes évoluant malgré le traitement médical.

Peut-on guérir ? Évolution et suivi

Le glaucome ne se guérit pas — les cellules du nerf optique détruites ne se régénèrent pas. Mais avec un traitement adapté et un suivi régulier (PIO, champ visuel, OCT tous les 6 à 12 mois), la progression peut être stoppée et la vision préservée toute la vie. L'observance du traitement (collyres quotidiens à vie) est cruciale.

Quel spécialiste consulter ?

  • Ophtalmologue : dépistage, diagnostic, traitement et suivi.
  • Orthoptiste : champ visuel et tests complémentaires.

Comment préparer sa consultation ?

Apportez la liste de tous vos médicaments (certains aggravent le glaucome). Mentionnez vos antécédents familiaux de glaucome ou de cécité. Signalez tout traitement par corticoïdes. Apportez vos bilans ophtalmologiques antérieurs (champ visuel, OCT).

Questions fréquentes

Peut-on avoir un glaucome avec une pression oculaire normale ?

Oui. Le glaucome à pression normale (GPT) représente environ 30 % des glaucomes — l'atteinte du nerf optique progresse malgré une PIO dans les limites normales (< 21 mmHg). D'autres facteurs (ischémie du nerf optique, susceptibilité individuelle) sont impliqués. Un traitement hypotenseur oculaire peut tout de même ralentir la progression.

Les collyres contre le glaucome ont-ils des effets secondaires systémiques ?

Oui. Les bêtabloquants oculaires (timolol) peuvent passer dans la circulation générale et provoquer bradycardie, bronchospasme et hypotension — ils sont contre-indiqués en cas d'asthme, de BPCO et de troubles de la conduction. La technique des 2 doigts sur la paupière après instillation réduit le passage systémique.

La chirurgie du glaucome est-elle risquée ?

La trabéculectomie a un taux de succès de 70 à 80 % à 5 ans pour contrôler la PIO. Les complications possibles incluent la cataracte accélérée, l'hypotonie oculaire (PIO trop basse), les infections. Les implants de drainage (tubes) sont une alternative avec un profil de complications légèrement différent.

Un glaucome peut-il être déclenché par des médicaments ?

Oui. Les corticoïdes (collyres, pommades, comprimés, inhalés) peuvent élever la PIO et déclencher un glaucome cortisonique chez des sujets prédisposés. Les médicaments anticholinergiques et certains antihistaminiques peuvent déclencher une crise de glaucome aigu chez les sujets à angle étroit.

Peut-on conduire avec un glaucome ?

Cela dépend du stade. Un glaucome débutant traité n'empêche pas la conduite. Un glaucome avancé avec restriction importante du champ visuel peut être incompatible avec la conduite selon les réglementations nationales. Un bilan ophtalmologique évaluant le champ visuel est requis pour les renouvellements du permis en cas de pathologie visuelle connue.

À quel âge faut-il commencer à se faire dépister pour le glaucome ?

Un dépistage ophtalmologique intégrant la mesure de la PIO et l'examen du nerf optique est recommandé à partir de 40 à 45 ans en population générale, et à partir de 30 à 35 ans en cas d'antécédents familiaux. Un examen tous les 2 à 3 ans est suffisant en l'absence de facteurs de risque.

Besoin d'un avis médical ?

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