Est-ce grave ?
La dacryocystite aiguë est rarement grave chez l'adulte. La complication principale est l'extension de l'infection aux tissus autour de l'œil (cellulite pré-septale) ou, plus rarement, à l'orbite (cellulite orbitaire) — une urgence ophtalmologique. Chez le nourrisson, la dacryocystite est le plus souvent bénigne et guérit spontanément ou avec un sondage simple.
Quand consulter rapidement ?
Consultez rapidement si :
- L'œil lui-même devient rouge avec une limitation des mouvements oculaires — cellulite orbitaire.
- La douleur devient intense avec une fièvre élevée et une altération de l'état général.
- Un abcès du sac lacrymal se forme (boule fluctuante très douloureuse) — drainage nécessaire.
Qu'est-ce que la dacryocystite ?
Le système lacrymal comprend les glandes lacrymales qui produisent les larmes, les canalicules lacrymaux (petits canaux dans les paupières) qui les collectent, le sac lacrymal (petite poche à l'angle interne de l'œil) qui les stocke transitoirement, et le canal lacrymo-nasal (conduit de 12 à 18 mm) qui les évacue dans le nez. Quand ce canal est obstrué (malformation chez le nourrisson, rétrécissement chez l'adulte lié à des inflammations, traumatismes ou tumeurs), les larmes stagnent dans le sac, créant un milieu favorable à la multiplication bactérienne. L'infection qui en résulte est la dacryocystite.
Quels sont les symptômes ?
Larmoiement permanent (épiphora) de l'œil concerné. Gonflement rouge et douloureux à l'angle interne de l'œil, entre l'œil et le nez. Écoulement purulent (pus) lors de la pression sur le sac lacrymal. Possibilité de formation d'un abcès (boule fluctuante remplie de pus). Fièvre modérée. Chez le nourrisson : larmoiement et "chassie" (croûtes jaunâtres dans le coin de l'œil) depuis la naissance ou les premières semaines de vie.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic est clinique — la localisation caractéristique du gonflement à l'angle interne de l'œil est très évocatrice. Test de perméabilité lacrymale (instillation de colorant — fluorescéine) : confirme l'obstruction si le colorant ne passe pas dans le nez. Bactériologie du pus : identification des germes (staphylocoques, streptocoques, Haemophilus) et antibiogramme. Scanner ou IRM de l'orbite : en cas de suspicion d'abcès ou d'extension orbitaire.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Antibiotiques systémiques (par voie orale ou intraveineuse) : amoxicilline-clavulanate en première intention. Collyres antibiotiques : en complément mais insuffisants seuls pour traiter la dacryocystite. Massages du sac lacrymal (chez le nourrisson) : massage quotidien vers le bas pour favoriser l'ouverture spontanée du canal — efficace dans la majorité des cas avant 1 an. Sondage du canal lacrymo-nasal : introduction d'une fine sonde métallique pour débloquer le canal — réalisé sous anesthésie locale (adulte) ou générale (enfant) par un ophtalmologiste. Dacryocystorhinostomie (DCR) : chirurgie qui crée un nouveau passage entre le sac lacrymal et la fosse nasale — pour les obstructions persistantes de l'adulte ou les échecs du sondage.
Quel spécialiste consulter ?
- Ophtalmologiste : diagnostic, sondage et chirurgie.
- Médecin généraliste ou pédiatre : prise en charge initiale du nourrisson et prescription des antibiotiques.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez depuis combien de temps le larmoiement est présent. Notez si la gêne survient dans un seul œil ou les deux. Chez le nourrisson, précisez si le larmoiement a commencé dès la naissance ou quelques semaines après. Signalez tout antécédent de traumatisme du visage, de sinusite chronique ou de chirurgie nasale (facteurs favorisant l'obstruction).
Commentaires 0