Est-ce grave ?
La grande majorité des épistaxis sont bénignes et s'arrêtent spontanément ou avec la compression nasale. Mais certaines peuvent être graves : épistaxis postérieure (saignement plus profond, plus difficile à arrêter, plus abondant), épistaxis chez un patient sous anticoagulants ou avec trouble de la coagulation, épistaxis dans un contexte de traumatisme crânien (liquide cérébro-spinal ?), ou épistaxis symptôme d'une HTA sévère ou d'une tumeur nasale.
Quand appeler le 15 ou aller aux urgences ?
Appelez le 15 ou allez aux urgences si :
- Le saignement ne s'arrête pas après 20-30 minutes de compression nasale correcte.
- Le volume de sang perdu est très important (remplissage de serviettes, état de faiblesse).
- Traumatisme crânien ou nasal associé (fracture des os propres du nez, liquide clair coulant du nez).
- Patient sous anticoagulants ou avec maladie hémorragique connue.
- Pâleur, tachycardie, malaise — signes de choc hémorragique.
Qu'est-ce que l'épistaxis ?
La cloison nasale (septum) est très richement vascularisée, notamment dans sa partie antérieure — la tache vasculaire de Little, carrefour de plusieurs artères (artère sphénopalatine, artère ethmoïdale, artère labiale supérieure). Cette zone fragile saigne facilement lors d'un traumatisme, d'une sécheresse, d'un grattage, d'un éternuement violent, ou chez les patients fragiles vasculairement (HTA, anticoagulants, thrombopénies). L'épistaxis postérieure (saignement des artères postérieures — sphénopalatine principalement) est moins fréquente mais plus abondante, moins accessible à la compression externe, et plus souvent liée à une HTA sévère ou à une tumeur.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
Locales : grattage nasal, fragilité de la muqueuse nasale (sécheresse, rhinite, déviation septale), traumatisme nasal, corps étranger nasal (enfants), cocaine inhalée. Générales : hypertension artérielle (HTA), anticoagulants (AVK, héparine, NACO), antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel), thrombopénie, hémophilie ou autres troubles de la coagulation, insuffisance hépatique (déficit en facteurs de coagulation), grossesse (fragilité vasculaire hormonale). Tumorales : plus rares — angiofibrome nasopharyngé (adolescent), carcinome des fosses nasales.
Comment arrêter un saignement de nez (gestes de secours) ?
1. Penchez la tête en avant (pas en arrière — le sang avalé peut provoquer nausées et vomissements, et masque le volume perdu). 2. Pincez les deux narines entre les doigts (pas juste la narine qui saigne) en comprimant la partie molle du nez (en dessous des os). 3. Maintenez la compression pendant 10 minutes sans lâcher pour regarder. 4. Respirez par la bouche. 5. Crachotez le sang avalé. 6. Après 10 minutes : relâchez doucement et attendez. Si ça recommence, repincez 10 minutes supplémentaires. 7. Appliquer du froid sur la nuque peut aider (vasoconstricteur léger). 8. Ne pas souffler fort dans le nez immédiatement après l'arrêt du saignement.
Quels traitements médicaux peuvent être proposés ?
Méchage nasal antérieur : tamponnement avec mèche résorbable (mérocel, surgicel) ou coton vaseline — pour les épistaxis résistant à la compression. Cautérisation chimique : nitrate d'argent — brûlure du vaisseau saignant sous visualisation nasoscopique. Méchage postérieur : pour les épistaxis postérieures — plus complexe, souvent réalisé par l'ORL en urgence. Embolisation artérielle : par radiologie interventionnelle, pour les épistaxis rebelles sévères. Ligature artérielle chirurgicale : plus rare, pour les cas réfractaires à tout traitement. Traitement de la cause : correction de l'HTA, ajustement ou suspension d'anticoagulants si possible (en accord avec le médecin prescripteur).
Peut-on prévenir les épistaxis récidivantes ?
Humidification de la muqueuse nasale (spray salin physiologique régulier, humidificateur en hiver). Vitamine K locale (pommade nasale à la vitamine K, vaseline) pour renforcer la muqueuse. Traitement de la rhinite allergique ou infectieuse sous-jacente. Contrôle de la tension artérielle. Arrêt du grattage nasal (surtout chez l'enfant). Cautérisation de la tache vasculaire de Little par l'ORL si récidives fréquentes.
Quel spécialiste consulter ?
- Médecin généraliste : bilan initial, contrôle de l'HTA, bilan de coagulation.
- ORL : épistaxis récidivantes, méchage, cautérisation.
- Urgences : épistaxis abondante ou prolongée résistant aux premiers gestes.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez la fréquence, le volume et la durée des saignements. Mentionnez si le saignement provient d'une ou des deux narines, et si le sang coule aussi dans la gorge. Indiquez les traitements anticoagulants ou antiagrégants en cours. Précisez les antécédents d'HTA, de troubles de la coagulation ou de maladies hépatiques. Signalez les antécédents chirurgicaux nasaux.
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