L'essentiel à retenir
- La diverticulite est l'inflammation ou l'infection d'un diverticule — une petite poche qui se forme dans la paroi du côlon (principalement le côlon sigmoïde — la partie du côlon à gauche, juste avant le rectum).
- Elle se manifeste par des douleurs dans le bas-ventre gauche, de la fièvre, et des troubles du transit (constipation ou diarrhée).
- Elle survient dans un contexte de diverticulose (présence de nombreux diverticules — fréquente après 60 ans) — mais la grande majorité des personnes ayant des diverticules n'ont jamais de diverticulite.
- Le traitement des formes simples est médical (antibiotiques, régime sans résidus). Les complications (abcès, perforation) nécessitent une hospitalisation et parfois une chirurgie.
Est-ce grave ?
La diverticulite simple guérit bien avec un traitement médical dans la grande majorité des cas. Les complications (abcès péricolique, péritonite par perforation, fistule, occlusion) sont plus rares mais potentiellement graves et nécessitent une hospitalisation. Le risque de récidive est réel (environ 25 à 30 % après un premier épisode).
Quand consulter en urgence ?
Rendez-vous aux urgences si :
- Douleur abdominale gauche intense et continue avec fièvre élevée et ventre rigide (défense abdominale) — possible perforation et péritonite.
- Saignement rectal abondant.
- Impossibilité de s'alimenter avec vomissements répétés.
- Hypotension, pouls rapide, état de choc.
Qu'est-ce que la diverticulite ?
Un diverticule est une petite hernie de la muqueuse intestinale à travers des points de faiblesse de la paroi du côlon — là où les vaisseaux sanguins traversent la paroi musculaire. Ces diverticules se forment progressivement au fil des années, surtout dans le côlon sigmoïde, favorisés par un régime pauvre en fibres (les matières fécales dures augmentent la pression intracolique). La diverticulose (présence de diverticules sans inflammation) est très fréquente : elle touche environ 50 % des personnes de plus de 60 ans et 70 % après 80 ans. La diverticulite survient quand des matières fécales ou des bactéries obstruent l'orifice d'un diverticule et provoquent une inflammation — qui peut rester localisée (diverticulite simple) ou s'étendre (abcès, perforation).
Quels sont les symptômes ?
Douleur dans le bas-ventre gauche (fosse iliaque gauche) — d'apparition progressive, persistante, souvent décrite comme une "appendicite du côté gauche". Fièvre (38 à 39°C). Troubles du transit : constipation ou diarrhée selon les cas. Nausées, vomissements possibles. Douleur à la palpation du côté gauche du bas-ventre. Parfois mictions fréquentes (le côlon sigmoïde enflammé irrite la vessie voisine).
Comment le diagnostic est-il posé ?
Examen clinique : douleur à la palpation de la fosse iliaque gauche, défense si complication. Biologie : NFS (hyperleucocytose), CRP (augmentée), créatinine et ionogramme (avant antibiothérapie). Scanner abdomino-pelvien avec injection (TDM) : examen de référence — confirme le diagnostic, localise les diverticules enflammés, détecte les complications (abcès, perforation, fistule). La coloscopie est contre-indiquée pendant la phase aiguë (risque de perforation) — réalisée 4 à 6 semaines après la guérison pour un bilan de la diverticulose et l'exclusion d'un cancer colorectal.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Formes simples (sans complication) : Antibiotiques oraux : amoxicilline-acide clavulanique (en l'absence d'allergie), ou association ciprofloxacine + métronidazole — pendant 7 à 10 jours. Régime sans résidus (aliments pauvres en fibres) pendant la phase aiguë — puis réintroduction progressive des fibres. Antalgiques : paracétamol — les AINS sont déconseillés (risque de masquer une complication). Hospitalisation si : impossibilité d'alimentation orale, fièvre élevée, doute diagnostique, comorbidités importantes — antibiotiques IV. Formes compliquées : Abcès péricolique : drainage percutané radioguidé + antibiotiques IV. Péritonite : chirurgie en urgence (résection du segment colique enflammé ± colostomie temporaire). Chirurgie élective (hors urgence) : discutée pour prévenir les récidives après 2 épisodes ou plus, ou après une complication sévère.
Quel spécialiste consulter ?
- Médecin généraliste : diagnostic et traitement ambulatoire des formes simples.
- Urgentiste/Gastro-entérologue : formes compliquées, doute diagnostique.
- Chirurgien digestif : complications aiguës et chirurgie élective.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez précisément la localisation et le type de douleur. Signalez votre antécédent de diverticules si connu. Mentionnez la durée des symptômes et l'existence d'une fièvre. Listez les médicaments en cours (notamment les AINS et anticoagulants — facteurs de risque de complication).
Questions fréquentes
Peut-on prévenir la diverticulite par l'alimentation ?
Partiellement. Un régime riche en fibres (légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes) réduit la constipation et la pression intracolique — ce qui diminue probablement le risque de formation de nouveaux diverticules et pourrait réduire le risque de diverticulite. Il n'est plus recommandé d'éviter les aliments à petites graines (tomates, framboises, figues) chez les personnes ayant des diverticules — les données ne montrent pas que ces aliments déclenchent des diverticulites.
Doit-on obligatoirement prendre des antibiotiques pour une diverticulite ?
Les recommandations ont évolué. Pour les diverticulites aiguës simples non compliquées, les données récentes suggèrent que les antibiotiques ne sont pas toujours nécessaires chez les patients immunocompétents sans comorbidité sévère — certains protocoles préconisent une prise en charge symptomatique seule (régime, antalgiques) en observation rapprochée. Cependant, la prescription d'antibiotiques reste la pratique standard dans la grande majorité des cas en France — la décision est à discuter avec le médecin selon les caractéristiques du patient.
La chirurgie est-elle inévitable après plusieurs épisodes de diverticulite ?
Non, systématiquement. L'indication chirurgicale élective (hors urgence) après des épisodes répétés dépend de la fréquence et la sévérité des récidives, de l'impact sur la qualité de vie, de l'âge et des comorbidités. Elle n'est pas automatiquement proposée après 2 épisodes — les recommandations actuelles préconisent une décision au cas par cas. La chirurgie laparoscopique (sigmoïdectomie) est réalisée à froid, avec une hospitalisation de quelques jours et une reprise rapide des activités.
La diverticulite peut-elle mimer un cancer du côlon ?
Oui, cliniquement et radiologiquement. C'est pourquoi une coloscopie est systématiquement recommandée 4 à 6 semaines après la guérison d'un premier épisode de diverticulite — pour confirmer le diagnostic de diverticulose et exclure un cancer colorectal ou un polype sous-jacent qui aurait pu être masqué par l'inflammation. Cette coloscopie de contrôle ne doit pas être retardée.
Peut-on voyager avec un traitement antibiotique pour une diverticulite ?
Pour une diverticulite simple traitée par antibiotiques oraux et bien tolérée, un voyage est envisageable selon la destination et la durée. Il est conseillé d'attendre la résolution des symptômes avant de voyager. Lors du voyage, avoir une lettre médicale avec le diagnostic et le traitement en cours, connaître les coordonnées médicales à destination, et disposer d'antalgiques d'urgence.
La diverticulite à droite existe-t-elle ?
Oui, mais elle est beaucoup plus rare en Occident. La diverticulite droite (côlon droit — ascendant et cæcum) est plus fréquente chez les personnes d'origine asiatique. Elle peut mimer une appendicite aiguë (douleur à droite, fièvre) et le diagnostic différentiel peut être difficile sans scanner. Elle se traite de la même façon que la diverticulite gauche dans les formes simples.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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