Est-ce grave ?

La dacryosténose du nourrisson est bénigne et guérit spontanément dans la majorité des cas. Sa principale complication est la dacryocystite (infection du sac lacrymal — voir l'article correspondant). Chez l'adulte, l'obstruction entraîne un larmoiement chronique invalidant et favorise les infections récidivantes du sac lacrymal.

Quand consulter ?

Consultez votre pédiatre ou ophtalmologiste si :

  • Les sécrétions sont purulentes (pus vert ou jaune abondant) avec rougeur de l'œil — possible surinfection bactérienne (conjonctivite).
  • Le coin interne de l'œil devient rouge, gonflé et douloureux — dacryocystite à traiter.
  • Le larmoiement persiste après 12 mois malgré les massages.

Qu'est-ce que la dacryosténose ?

Le circuit des larmes commence aux glandes lacrymales (situées sous la paupière supérieure), passe par les canalicules lacrymaux (petits canaux dans les paupières), s'accumule dans le sac lacrymal (angle interne de l'œil) et s'évacue dans la fosse nasale par le canal lacrymo-nasal. Chez 2 à 6 % des nouveau-nés, ce canal est obstrué à sa partie inférieure par une membrane embryonnaire (valve de Hasner) qui n'a pas disparu avant la naissance. Cette membrane se résorbe spontanément dans les premiers mois de vie dans la grande majorité des cas. Chez l'adulte, la dacryosténose est acquise (traumatisme, inflammation chronique, infection, calculs lacrymaux, polypes nasaux).

Quels sont les symptômes ?

Chez le nourrisson : larmoiement permanent d'un ou des deux yeux dès les premières semaines de vie. Sécrétions blanc-jaunâtres dans le coin interne de l'œil, surtout le matin. L'œil lui-même n'est pas rouge (absence de conjonctivite — ce qui différencie de l'infection). Le blanc de l'œil reste blanc. Chez l'adulte : larmoiement permanent (épiphora) sur un côté, aggravé par le vent, le froid ou les pleurs. Parfois dacryocystites récidivantes.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Chez le nourrisson : clinique — le diagnostic est posé par le pédiatre ou l'ophtalmologiste sur la base de l'examen. Test de Jones (fluorescéine) : instillation de colorant dans l'œil — si le colorant ne passe pas dans le nez en 5 minutes, le canal est obstrué. Chez l'adulte : lavage des voies lacrymales (irrigation à la seringue par le canalicule) — confirme l'obstruction et sa localisation. Scanner ou dacryoscanner (avec produit de contraste) : précise le niveau d'obstruction.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Chez le nourrisson (avant 12 mois) : massages du sac lacrymal (technique de Crigler) — index dans l'angle interne de l'œil, pression vers le bas, répétée 5 à 10 fois, 2 à 3 fois par jour — favorise l'ouverture spontanée de la membrane. En cas de surinfection : collyre antibiotique (tobramycine, acide fusidique). Si l'obstruction persiste après 12-18 mois : sondage du canal lacrymo-nasal sous anesthésie générale courte — introduction d'une fine sonde métallique qui perce la membrane — très efficace. Chez l'adulte : dilatation des canalicules, sondage, ou dacryocystorhinostomie (DCR — création chirurgicale d'un nouveau passage entre le sac lacrymal et le nez).

Quel spécialiste consulter ?

  • Pédiatre : prise en charge initiale du nourrisson, enseignement des massages.
  • Ophtalmologiste pédiatre : sondage du canal.
  • Ophtalmologiste adulte : dacryosténose de l'adulte, chirurgie.

Comment préparer sa consultation ?

Notez depuis quand le larmoiement est présent (dès la naissance ou apparu plus tardivement). Précisez si un ou les deux yeux sont touchés. Décrivez la couleur et la quantité des sécrétions. Signalez si le blanc de l'œil est rouge (signe de conjonctivite associée). Indiquez si le bébé a déjà eu des traitements (collyres, antibiotiques oraux).