Est-ce grave ?

La constipation simple est bénigne. Sans traitement, elle peut évoluer vers une constipation chronique avec complications : fécalome (masse de selles durcies bloquées), fissures anales, hémorroïdes, prolapsus rectal. Une constipation aiguë récente peut être le signe d'une occlusion intestinale (urgence chirurgicale) ou d'un cancer colorectal.

Quand consulter en urgence ?

Consultez en urgence si :

  • Absence totale de selles ET de gaz depuis plus de 24 heures avec douleurs abdominales — occlusion intestinale.
  • Constipation récente chez un adulte > 50 ans avec sang dans les selles, AEG, amaigrissement.
  • Fécalome (masse dure palpable en fosse iliaque gauche) avec défécation impossible chez une personne âgée.

Qu'est-ce que la constipation ?

La constipation est définie par les critères de Rome IV : au moins 2 des critères suivants pendant > 3 mois : efforts défécatoires importants ≥ 25 % des selles ; selles dures ou en boulettes ≥ 25 % des selles ; sensation d'évacuation incomplète ≥ 25 % des selles ; sensation de blocage ano-rectal ≥ 25 % des selles ; manoeuvres manuelles nécessaires ≥ 25 % des selles ; moins de 3 défécations par semaine. Constipation de transit (colique paresseuse) vs constipation distale (dyschésie — difficulté d'évacuation rectale).

Quelles sont les causes ?

Constipation fonctionnelle (primaire) : insuffisance de fibres et d'hydratation, sédentarité, habitudes de vie, selles repoussées (suppression du réflexe). Constipation secondaire : médicaments (opioïdes, anticholinergiques, antidépresseurs tricycliques, fer, calcium, aluminium, antipsychotiques), hypothyroïdie, hypercalcémie, diabète (neuropathie végétative), maladie de Parkinson, SEP, syndrome du côlon irritable (formes à dominante constipation), grossesse, cancer colorectal, volvulus.

Comment se fait le diagnostic ?

Clinique : interrogatoire détaillé (rythme, consistance, efforts, sang), antécédents, médicaments, toucher rectal. Signes d'alarme → coloscopie urgente : sang dans les selles, AEG, amaigrissement, constipation récente > 50 ans, antécédents familiaux de cancer colorectal. Bilan biologique de base : TSH, calcémie, glycémie. Temps de transit colique (marqueurs radio-opaques) pour différencier constipation de transit / dyschésie. Manométrie anorectale + défécographie pour les dyschésies complexes.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Mesures hygiénodiététiques (indispensables en première ligne) : apports en fibres 25-30 g/jour (légumes, fruits, légumineuses, son), hydratation 1,5 à 2 L/jour, activité physique quotidienne, régularité des selles (même heure chaque jour, ne pas différer le besoin). Laxatifs osmotiques (macrogol/PEG — Forlax, Movicol) : première ligne médicamenteuse — bien tolérés au long cours. Laxatifs de lest (psyllium, ispaghul) : augmentent le volume des selles. Laxatifs stimulants (bisacodyl, picosulfate, séné) : réservés aux constipations sévères ou courte durée (risque de dépendance au long cours). Laxatifs locaux (suppositoire glycérine, lavements) pour les constipations distales. Prucalopride (Resolor) : prokinétique 5-HT4 pour les constipations chroniques sévères réfractaires. Linaclotide (Constella) : pour le SII-C (syndrome du côlon irritable à dominante constipation).

Quel spécialiste consulter ?

  • Médecin généraliste : constipation simple et traitement de première ligne.
  • Gastroentérologue : signes d'alarme, formes sévères ou réfractaires, bilan fonctionnel anorectal.

Comment préparer sa consultation ?

Décrivez votre rythme habituel de selles (fréquence, consistance, efforts). Listez vos médicaments. Décrivez votre alimentation et votre activité physique. Mentionnez les signes associés (douleurs, sang, amaigrissement).