Est-ce grave ?
La gravité d'une arythmie dépend entièrement de son type et du terrain sous-jacent. Des extrasystoles isolées sur cœur sain sont bénignes et très fréquentes. En revanche, la fibrillation ventriculaire est une urgence vitale immédiate, et la fibrillation auriculaire non traitée multiplie par 5 le risque d'AVC thrombo-embolique. Une évaluation cardiologique permet de distinguer les arythmies bénignes des formes nécessitant un traitement urgent.
Quand consulter rapidement ou en urgence ?
Appelez le 15 ou allez aux urgences immédiatement si :
- Palpitations accompagnées d'une syncope (perte de connaissance) ou d'une quasi-syncope.
- Douleur thoracique, essoufflement sévère ou malaise lors de palpitations.
- Palpitations très rapides (plus de 150 battements/min) qui durent plus de 15-20 minutes sans s'arrêter.
- Arythmie connue avec détérioration rapide de l'état général.
Qu'est-ce qu'une arythmie ?
Une arythmie (ou trouble du rythme cardiaque) est toute anomalie dans la formation ou la conduction de l'influx électrique qui régule les contractions du cœur. Normalement, le cœur bat à un rythme régulier de 60 à 100 battements par minute au repos, sous l'impulsion du nœud sinusal. Une arythmie peut se manifester par un rythme trop rapide (tachycardie), trop lent (bradycardie) ou irrégulier.
On distingue les arythmies supraventriculaires (naissant au-dessus des ventricules — les plus fréquentes) et les arythmies ventriculaires (naissant dans les ventricules — généralement plus graves).
Quels sont les symptômes ?
Les palpitations (sensation de battements forts, rapides ou irréguliers) sont le symptôme le plus fréquent. Selon le type d'arythmie, peuvent s'ajouter : essoufflement, fatigue anormale, douleur thoracique, vertiges, sensations de tête vide, ou syncopes. Beaucoup d'arythmies sont asymptomatiques et découvertes fortuitement à l'ECG. L'absence de symptômes ne signifie pas l'absence de risque — notamment pour la fibrillation auriculaire qui peut rester silencieuse tout en causant des emboles cérébraux.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
Les causes sont multiples : cardiopathies structurelles (insuffisance coronaire, valvulopathies, cardiomyopathies), hypertension artérielle, hyperthyroïdie, troubles électrolytiques (hypokaliémie, hypomagnésémie), apnée du sommeil, consommation excessive de caféine, alcool, tabac, drogues (cocaïne, amphétamines), médicaments proarythmiques, et chirurgie cardiaque. Des arythmies surviennent aussi sur cœur sain, sans cause identifiable (arythmies idiopathiques).
Comment se fait le diagnostic ?
L'ECG de repos est l'examen de première intention — il peut diagnostiquer une arythmie en cours ou montrer des anomalies évocatrices. Le Holter-ECG (enregistrement continu sur 24-48 heures ou plus) est précieux pour capturer les arythmies intermittentes. L'échographie cardiaque évalue la structure et la fonction du cœur. L'épreuve d'effort peut révéler des arythmies à l'effort. Dans certains cas, un enregistreur implantable (Holter implanté) permet une surveillance sur des mois ou des années.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Le traitement dépend du type d'arythmie, de sa sévérité et du terrain. Les médicaments antiarythmiques (bêtabloquants, amiodarone, flécaïnide) ralentissent ou normalisent le rythme. La cardioversion électrique (choc électrique externe) est utilisée pour réduire certaines tachyarythmies. L'ablation par cathéter (radiofréquence ou cryothérapie) détruit les foyers arythmogènes et peut être curative pour la fibrillation auriculaire et d'autres tachycardies. Le stimulateur cardiaque (pacemaker) traite les bradycardies. Le défibrillateur automatique implantable (DAI) est posé chez les patients à risque de mort subite. Les anticoagulants sont indispensables dans la fibrillation auriculaire pour prévenir les AVC.
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
Certaines arythmies (tachycardies par réentrée, flutter) peuvent être guéries définitivement par ablation. D'autres, comme la fibrillation auriculaire, sont chroniques et nécessitent un traitement à vie. Le suivi cardiologique régulier est indispensable pour adapter le traitement, surveiller l'efficacité et prévenir les complications (AVC pour la FA, mort subite pour certaines arythmies ventriculaires).
Quel spécialiste consulter ?
- Médecin généraliste : premier recours pour l'ECG initial et l'orientation.
- Cardiologue : pour le diagnostic, l'échocardiographie et la mise en route du traitement.
- Rythmologue (cardiologue spécialisé) : pour les ablations, les implantations de pacemaker/DAI et les arythmies complexes.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez vos palpitations : mode de début et de fin (progressif ou brutal), durée, fréquence, facteurs déclenchants (effort, café, stress, alcool). Notez si elles s'accompagnent de malaises. Apportez un ECG récent si disponible. Listez vos médicaments et vos antécédents familiaux de mort subite ou de troubles du rythme.
Commentaires 0