L'essentiel à retenir
- L'infarctus du myocarde (crise cardiaque) est causé par l'occlusion d'une artère coronaire — c'est une urgence vitale absolue : appelez le 15 (SAMU) immédiatement.
- La douleur thoracique en étau, irradiant dans le bras gauche ou la mâchoire, avec sueurs et malaise, est le tableau classique — mais les formes atypiques existent.
- Chaque minute compte : "le temps c'est du myocarde" — déboucher l'artère au plus vite sauve des cellules cardiaques.
- La prévention passe par le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire : tabac, HTA, diabète, cholestérol, obésité.
Est-ce grave ?
L'infarctus du myocarde est l'une des premières causes de mort subite dans le monde. Sans traitement rapide, il peut provoquer une défaillance cardiaque grave, des troubles du rythme mortels (fibrillation ventriculaire) ou un choc cardiogénique. Avec une prise en charge rapide (défibrillation, angioplastie), la mortalité est inférieure à 5 à 10 % dans les centres équipés. La rapidité de l'appel du 15 et de la reperfusion détermine le pronostic.
Que faire en cas de suspicion d'infarctus ?
Appelez le 15 (SAMU) immédiatement et :
- Allongez le patient et desserrez ses vêtements.
- Ne lui donnez rien à manger ni à boire.
- Si disponible et si la personne est inconsciente sans pouls, débutez la RCP et utilisez un défibrillateur automatique externe (DAE).
- Ne conduisez pas vous-même le patient à l'hôpital — le SAMU permet d'initier le traitement en route.
Qu'est-ce qu'un infarctus du myocarde ?
L'infarctus du myocarde est la mort d'une zone du muscle cardiaque (myocarde) par ischémie prolongée, due à l'occlusion brutale d'une artère coronaire. La cause la plus fréquente est la rupture d'une plaque d'athérome (dépôt lipidique dans la paroi artérielle) entraînant une thrombose coronaire. La zone myocardique irriguée par l'artère occluse meurt progressivement en l'absence de reperfusion. On distingue l'infarctus avec sus-décalage du segment ST (STEMI — occlusion complète, urgence absolue) et sans sus-décalage (NSTEMI).
Quels sont les symptômes ?
La douleur thoracique est le symptôme classique : douleur rétrosternale intense, constrictive ("en étau", "en barre"), irradiant dans le bras gauche (ou les deux bras), la mâchoire, l'épaule gauche ou le dos. Elle dure plus de 20 minutes, n'est pas soulagée par le repos ou la trinitrine (ou seulement partiellement). Elle s'accompagne souvent de sueurs froides, de nausées, de vomissements, d'une pâleur et d'un sentiment de mort imminente. Les formes atypiques sont fréquentes : douleur épigastrique, douleur du bras seul, essoufflement isolé — surtout chez la femme, le diabétique et la personne âgée.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
L'athérosclérose coronarienne est la cause principale. Les facteurs de risque cardiovasculaire sont : le tabagisme (risque multiplié par 5), l'hypertension artérielle, le diabète, l'hypercholestérolémie, l'obésité abdominale, la sédentarité, les antécédents familiaux de maladie coronarienne précoce, l'âge (homme > 50 ans, femme > 60 ans). Des facteurs précipitants (effort intense, stress aigu, cocaïne) peuvent déclencher la rupture de plaque.
Comment se fait le diagnostic ?
L'ECG (électrocardiogramme) est l'examen clé en urgence — il montre le sus-décalage de ST ou d'autres modifications. Le dosage de la troponine (biomarqueur de nécrose myocardique) confirme l'infarctus : son élévation détectée dès 1 à 3 heures après le début des symptômes. L'échocardiographie identifie la zone hypokinétique. La coronarographie (opacification des artères coronaires par cathétérisme) est réalisée en urgence pour localiser et traiter l'occlusion.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Le traitement de référence du STEMI est l'angioplastie coronaire transluminale percutanée (ATP) en urgence : un cathéter introduit dans l'artère fémorale ou radiale permet de dilater l'artère occluse et de poser un stent coronaire. En l'absence d'angioplastie disponible rapidement, une thrombolyse intraveineuse (médicament dissolvant le caillot) est administrée. Des antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel ou ticagrélor), des anticoagulants et des statines sont donnés immédiatement. Un bêtabloquant et un IEC sont débutés rapidement pour protéger le coeur.
Peut-on récupérer après un infarctus ? Suivi
La récupération dépend de l'étendue de la nécrose et de la rapidité de la reperfusion. Un suivi cardiologique régulier, une réhabilitation cardiaque, la modification des facteurs de risque (arrêt tabac, contrôle de la TA, du diabète, du cholestérol) et l'observance des traitements médicamenteux à vie (aspirine, statine, IEC, bêtabloquant) sont essentiels pour prévenir une récidive.
Quel spécialiste consulter ?
- SAMU (15) en urgence : toute douleur thoracique suggestive.
- Cardiologue / Médecin urgentiste : prise en charge initiale.
- Cardiologue interventionnel : coronarographie et angioplastie.
- Cardiologue de suivi : réhabilitation et prévention secondaire.
Comment préparer sa consultation de suivi ?
Apportez votre dernier compte-rendu d'hospitalisation et les résultats de votre échocardiographie. Notez tous vos médicaments. Signalez tout essoufflement inhabituel, toute douleur thoracique ou toute palpitation depuis la sortie. Posez des questions sur la reprise du travail, des activités sportives et de la conduite automobile.
Questions fréquentes
Peut-on faire un infarctus sans avoir mal au coeur ?
Oui, les infarctus silencieux ou atypiques représentent environ 20 à 30 % des cas. Ils sont plus fréquents chez les diabétiques (neuropathie végétative), les personnes âgées et les femmes. Ils se révèlent parfois fortuitement à l'ECG ou lors d'une décompensation cardiaque. Un ECG systématique chez les personnes à risque cardiovasculaire élevé est justifié.
Peut-on reprendre le travail après un infarctus ?
La grande majorité des patients reprennent leur activité professionnelle dans les 4 à 8 semaines suivant un infarctus non compliqué. La réhabilitation cardiaque (programme de 4 à 8 semaines) est recommandée pour optimiser la récupération physique et psychologique avant la reprise.
Faut-il prendre l'aspirine à vie après un infarctus ?
Oui. L'aspirine en prévention secondaire réduit le risque de nouvel événement cardiovasculaire. Elle est généralement associée à un deuxième antiagrégant (clopidogrel, ticagrélor ou prasugrel) pendant 6 à 12 mois après la pose d'un stent (double antiagrégation), puis en monothérapie.
Le stress peut-il provoquer un infarctus ?
Un stress physique ou émotionnel intense peut déclencher une rupture de plaque chez une personne avec une athérosclérose préexistante. Le syndrome de Tako-Tsubo (cardiomyopathie de stress) peut mimer un infarctus chez des femmes ménopausées après un choc émotionnel — il guérit généralement spontanément.
Peut-on faire du sport après un infarctus ?
Oui, l'activité physique régulière est recommandée après récupération — elle améliore le pronostic cardiovasculaire. La réhabilitation cardiaque encadrée est l'étape essentielle. Un test d'effort définit les limites avant la reprise d'une activité sportive personnelle.
La douleur cardiaque est-elle toujours différente d'un reflux gastrique ?
Pas toujours. Une douleur thoracique liée à un spasme oesophagien ou à un reflux peut mimer une douleur coronarienne. À l'inverse, un infarctus peut se manifester par une douleur épigastrique ressemblant à un mal d'estomac. En cas de doute chez un patient à risque, un ECG et un dosage de troponine sont indispensables.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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