Est-ce grave ?

L'HTA est grave par ses complications : une TA chroniquement élevée endommage silencieusement les artères, le coeur, le cerveau et les reins sur des années. Les complications sont l'AVC (risque multiplié par 4), l'infarctus du myocarde, l'insuffisance cardiaque, l'insuffisance rénale chronique, et la rétinopathie hypertensive. Une HTA bien contrôlée par le traitement réduit considérablement le risque de ces complications.

Quand consulter en urgence ?

Appelez le 15 si vous avez une TA très élevée (> 180/120 mmHg) associée à :

  • Déficit neurologique, céphalées intenses ou confusion — suspicion d'AVC ou d'encéphalopathie hypertensive.
  • Douleur thoracique intense — dissection aortique ou urgence coronarienne.
  • Trouble de la vision, vomissements, signes d'oedème pulmonaire.

Qu'est-ce que l'hypertension artérielle ?

L'HTA est définie par une pression artérielle systolique (PAS) ≥ 140 mmHg et/ou une pression artérielle diastolique (PAD) ≥ 90 mmHg, mesurée à deux reprises lors de deux consultations séparées. On la distingue en HTA primaire (essentielle — 95 % des cas, sans cause identifiable) et HTA secondaire (5 % des cas : hyperaldostéronisme primaire, sténose de l'artère rénale, phéochromocytome, syndrome de Cushing, apnées du sommeil).

Quels sont les symptômes ?

L'HTA est le plus souvent asymptomatique — c'est pour cela qu'elle est dangereuse et souvent découverte tardivement. Des céphalées occipitales matinales, des vertiges et des acouphènes peuvent être présents mais sont peu spécifiques. Les symptômes apparaissent surtout lors des complications : AVC (déficit neurologique brutal), infarctus (douleur thoracique), insuffisance cardiaque (dyspnée), rétinopathie (troubles visuels).

Quelles sont les causes et facteurs de risque ?

Pour l'HTA primaire : prédisposition génétique, alimentation riche en sel, surpoids et obésité, sédentarité, stress chronique, consommation d'alcool, tabagisme (favorise le rétrécissement artériel), âge avancé (rigidification artérielle). Facteurs favorisants secondaires : contraceptifs oraux, AINS, décongestionnants, réglisse, apnées du sommeil.

Comment mesurer correctement sa tension ?

L'automesure tensionnelle (AMT) est recommandée : 3 mesures le matin avant les médicaments et avant le petit-déjeuner, 3 mesures le soir avant le coucher — pendant 3 jours consécutifs (règle des 3). Seuil d'HTA à domicile : PAS ≥ 135 mmHg ou PAD ≥ 85 mmHg. La mesure ambulatoire automatisée sur 24h (MAPA) est le gold standard pour le diagnostic et l'ajustement du traitement.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Mesures hygiéno-diététiques (MHD) en première intention : restriction sodée (

Peut-on guérir de l'HTA ? Suivi

L'HTA primaire est rarement guérissable — c'est une maladie chronique nécessitant un traitement à vie. Certaines HTA secondaires guérissent après traitement de la cause (adénome de Conn, sténose réno-vasculaire). L'observance thérapeutique et l'automesure régulière sont les clés d'un bon contrôle tensionnel.

Quel spécialiste consulter ?

  • Médecin généraliste : dépistage, traitement et suivi de l'HTA commune.
  • Cardiologue : HTA avec atteinte cardiaque ou difficile à contrôler.
  • Néphrologue : HTA avec atteinte rénale ou secondaire à une néphropathie.
  • Spécialiste de l'HTA : HTA secondaire, HTA résistante.

Comment préparer sa consultation ?

Apportez votre carnet d'automesure tensionnelle (3 mesures matin/soir pendant 3 jours). Listez tous vos médicaments. Décrivez vos habitudes alimentaires (sel), votre activité physique et votre consommation d'alcool. Signalez tout épisode de tension très élevée ou de symptôme neurologique ou cardiaque.