L'essentiel à retenir
- Le syndrome de Mallory-Weiss est une déchirure linéaire de la muqueuse de la jonction oeso-gastrique provoquée par des efforts de vomissements répétés et intenses.
- Il se manifeste par une hématemèse (vomissement de sang) survenant après des épisodes de vomissements, souvent dans un contexte d'alcoolisation aiguë.
- Le diagnostic est endoscopique (fibroscopie oeso-gastro-duodénale en urgence).
- Dans 90 % des cas, le saignement s'arrête spontanément — une hémostase endoscopique est réalisée si le saignement persiste ou est important.
Est-ce grave ?
Le syndrome de Mallory-Weiss est la cause de 5 à 10 % des hémorragies digestives hautes. Dans 90 % des cas, le saignement s'arrête spontanément sans traitement spécifique. Les formes sévères avec saignement actif important peuvent nécessiter une transfusion sanguine et une hémostase endoscopique. La mortalité est faible (< 3 %) chez les patients sans cirrhose.
Quand appeler le 15 ?
Urgence médicale si :
- Vomissements de sang rouge vif (hématemèse) ou de sang noirâtre (sang digéré) après des vomissements répétés.
- Signes d'état de choc hémorragique : hypotension, pâleur, tachycardie, sueurs froides.
- Méléna (selles noires goudronneuses) associé.
Qu'est-ce que le syndrome de Mallory-Weiss ?
Le syndrome de Mallory-Weiss est une lacération linéaire (déchirure) de la muqueuse de la jonction oeso-gastrique (cardia) survenant lors d'une augmentation brutale de la pression intra-abdominale par des vomissements violents et répétés. L'effort de vomissement crée une distension soudaine de l'oesophage et du cardia, déchirant la muqueuse sur quelques millimètres à 2-3 cm. Le contexte classique est l'intoxication alcoolique aiguë, mais aussi la grossesse (hyperemesis gravidarum), la boulimie, les crises de toux sévères.
Quels sont les symptômes ?
Séquence typique : vomissements répétés et intenses (alimentaires ou non sanglants), puis survenue d'une hématemèse (sang rouge vif dans les vomissements). La douleur thoracique ou épigastrique peut accompagner le saignement. Dans les formes légères : stries sanguines dans les vomissements. Dans les formes sévères : hématemèse abondante avec état de choc hémorragique.
Comment se fait le diagnostic ?
Fibroscopie oeso-gastro-duodénale (FOGD) en urgence : visualise la lacération linéaire au niveau du cardia, évalue l'activité du saignement (saignement actif, vaisseau visible, caillot adhérent ou lésion propre). Le diagnostic est endoscopique — pas d'examen biologique ou radiologique permettant de le confirmer.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Prise en charge initiale : pose d'une voie veineuse périphérique, bilan biologique (NFS, groupage, TP), remplissage vasculaire si hypotension, transfusion si Hb < 7 g/dL. IPP (inhibiteur de la pompe à protons) IV : cicatrisation de la muqueuse. Dans 90 % des cas : abstention thérapeutique — le saignement s'arrête spontanément. Hémostase endoscopique si saignement actif ou à risque élevé de récidive : injection adrénaline + coagulation thermoïde, électrocoagulation bipolaire, pose de clips endoscopiques, injection de colle biologique. Embolisation artérielle ou chirurgie (gastrectomie) : rarement nécessaires, pour les échecs de l'endoscopie.
Quel spécialiste consulter ?
- Urgentiste : prise en charge initiale du choc et orientation.
- Gastroentérologue : fibroscopie diagnostique et thérapeutique en urgence.
Comment préparer la consultation ?
L'urgence est médicale — ne prenez pas de rendez-vous mais appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences. Mentionnez à l'équipe la séquence vomissements puis hématemèse, la consommation d'alcool, les médicaments anticoagulants ou antiagrégants.
Questions fréquentes
Mallory-Weiss ou rupture oesophagienne (Boerhaave) : quelle différence ?
Deux entités distincts avec le même mécanisme déclenchant (vomissements) mais des lésions très différentes. Mallory-Weiss : déchirure superficielle limitée à la muqueuse — bénigne dans 90 % des cas. Boerhaave : rupture transmurale complète de l'oesophage — urgence chirurgicale vitale avec médiastinite. Boerhaave se distingue par une douleur thoracique massive irradiant dans le dos et le cou, un emphysème sous-cutané cervical et un état de choc sévère.
Peut-on avoir un Mallory-Weiss sans alcool ?
Oui. Tout effort de vomissement répété et intense peut provoquer un Mallory-Weiss : hyperemesis gravidarum (grossesse), crises de boulimie, gastroentérite sévère, chimiothérapie émétisante, crises de toux violentes. L'alcool est le contexte le plus fréquent (50 % des cas) mais pas le seul.
Le saignement récidive-t-il après un Mallory-Weiss ?
Rarement — le taux de récidive est de 1 à 3 %. La lésion guérit spontanément en 24 à 72 heures avec les IPP. Une récidive doit faire suspecter un facteur aggravant (anticoagulants, cirrhose, vomissements récidivants non traités).
Faut-il hospitaliser un Mallory-Weiss ?
En cas de saignement actif, oui — surveillance endoscopique et potentielle hémostase. Pour les formes avec hématemèse minime et état hémodynamique stable après fibroscopie montrant une lésion propre (saignement arrêté spontanément), une sortie avec IPP oraux et surveillance à 48h peut être envisagée selon les protocoles.
Les IPP (ésoméprazole, oméprazole) accélèrent-ils la guérison ?
Oui. Les IPP réduisent l'acidité gastrique, favorisant la cicatrisation muqueuse et réduisant le risque de saignement récidivant. Ils sont prescrits per os ou IV selon la sévérité, pendant 7 à 14 jours.
Un patient sous anticoagulants est-il plus à risque ?
Oui. La prise d'anticoagulants (warfarine, AOD) ou d'antiagrégants (aspirine, clopidogrel) augmente le risque de saignement sévère en cas de Mallory-Weiss. La gestion des anticoagulants en phase aiguë est discutée avec le gastro-entérologue et l'équipe spécialisée (risque thromboembolique vs hémorragique).
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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