Est-ce grave ?

L'hyperhidrose primaire n'est pas une maladie grave sur le plan physique mais elle peut être très invalidante sur le plan psychosocial : isolement, honte, évitement des poignées de main, des situations de stress, port de vêtements sombres. L'hyperhidrose secondaire (symptôme d'une autre maladie) peut nécessiter une investigation médicale plus approfondie pour traiter la cause.

Quand consulter rapidement ?

Consultez votre médecin si :

  • Hyperhidrose généralisée et nocturne d'apparition récente — peut signaler une tuberculose, un lymphome ou une autre maladie systémique.
  • Transpiration excessive associée à palpitations, perte de poids, nervosité — suspecter une hyperthyroïdie ou un phéochromocytome.
  • Hyperhidrose asymétrique ou unilatérale — nécessite une évaluation neurologique.

Qu'est-ce que l'hyperhidrose ?

L'hyperhidrose est définie comme une transpiration excessive par rapport aux besoins physiologiques de thermorégulation, perturbant les activités quotidiennes. L'hyperhidrose primaire (ou focale, ou essentielle) est la forme la plus fréquente — elle touche des zones spécifiques (aisselles, paumes, plantes, visage) de façon symétrique, est déclenchée par le stress et les émotions, et est absente la nuit. Elle débute souvent pendant l'enfance ou l'adolescence. L'hyperhidrose secondaire est liée à une cause identifiable (maladie, médicament, ménopause).

Quels sont les symptômes ?

La transpiration est excessive, visible (gouttes, taches sur les vêtements), souvent permanente ou déclenchée par le stress. Dans l'hyperhidrose palmaire : mains moites constamment, gênant l'écriture, la saisie informatique, les poignées de main. Dans l'hyperhidrose axillaire : taches de transpiration sur les vêtements, odeur, choix vestimentaire contraint. Dans l'hyperhidrose plantaire : macération des pieds, odeur, mycoses récidivantes. L'hyperhidrose craniofaciale (rougissement + transpiration du visage) est particulièrement invalidante socialement.

Quelles sont les causes ?

Hyperhidrose primaire : hyperactivité des glandes sudoripares eccrines par stimulation sympathique excessive — origine neurologique centrale non complètement élucidée, avec une composante génétique (50 % ont un antécédent familial). Hyperhidrose secondaire : ménopause (bouffées de chaleur), hyperthyroïdie, diabète, phéochromocytome, tuberculose, lymphome de Hodgkin, infections VIH, médicaments (ISRS, tricycliques, certains hypoglycémiants), anxiété généralisée, obésité.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic d'hyperhidrose primaire est clinique — il répond aux critères de la Société Internationale de Sudologie : transpiration focale visible ≥ 6 mois sans cause évidente, bilatérale et symétrique, cessant la nuit, débutant avant 25 ans, avec antécédents familiaux. Le test de Minor (application d'iode + amidon sur la zone suspecte — coloration bleu-noir en présence de transpiration) délimite la zone traitée. Le bilan de l'hyperhidrose secondaire comprend TSH, glycémie, NFS, LDH, radiographie thoracique.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Antiperspirants à base de chlorure d'aluminium (20 à 30 %) : application nocturne sur peau sèche, efficacité 70 à 90 % pour l'hyperhidrose axillaire légère à modérée. Iontophorèse (courant galvanique appliqué sur les paumes ou plantes plongées dans l'eau) : très efficace pour l'hyperhidrose palmaire et plantaire (80 % d'amélioration), nécessite des séances régulières d'entretien. Toxine botulique (injections intradermiques) : très efficace pour les aisselles (90 % de réduction), durée d'action 4 à 8 mois — moins pratique pour les paumes (douloureux). Médicaments anticholinergiques (oxybutynine, glycopyrrolate) : efficaces sur toutes les localisations mais effets secondaires (sécheresse buccale, constipation). Chirurgie (sympathectomie thoracique vidéo-assistée) : efficacité quasi-totale pour l'hyperhidrose palmaire et craniofaciale, mais risque d'hyperhidrose compensatrice (transpiration excessive du tronc ou des membres inférieurs) dans 50 à 80 % des cas.

Quel spécialiste consulter ?

  • Dermatologue : diagnostic et traitement de première ligne (chlorure d'aluminium, iontophorèse, toxine botulique).
  • Chirurgien thoracique : sympathectomie.
  • Endocrinologue : si hyperhidrose secondaire suspectée.

Comment préparer sa consultation ?

Décrivez les zones concernées, l'ancienneté et l'intensité de la transpiration. Évaluez son impact sur votre vie quotidienne et professionnelle (HDSS score : Hyperhidrosis Disease Severity Scale). Mentionnez vos médicaments. Précisez si un membre de la famille est aussi concerné. Signalez des symptômes associés (palpitations, perte de poids, fièvre nocturne).