L'essentiel à retenir
- La GUNA est une infection polymicrobienne des gencives (bactéries anaérobies — Fusobacterium nucleatum, Spirochètes, Prevotella intermedia) provoquant des ulcères et une nécrose des papilles interdentaires (la gencive entre deux dents).
- Triade clinique caractéristique : douleur gingivale intense, saignements spontanés des gencives, halitose (mauvaise haleine) intense et caractéristique. Signes généraux : fièvre, malaise, adénopathies cervicales.
- Facteurs favorisants : mauvaise hygiène bucco-dentaire, stress intense, tabagisme, immunodépression (VIH/SIDA — GUNA est un marqueur de SIDA à un stade avancé).
- Traitement : antibiotiques (métronidazole 500 mg × 3/j × 7 jours), bains de bouche antiseptiques (chlorhexidine), détartrage et soins dentaires professionnels. Arrêt impératif du tabac.
Est-ce grave ?
La GUNA non traitée peut évoluer vers une parodontite nécrosante (destruction de l'os alvéolaire) et une stomatite nécrosante (atteinte de la muqueuse buccale plus étendue). Dans les pays à faibles revenus et chez les enfants malnutris, la noma (cancrum oris) — forme grave de stomatite nécrosante — peut conduire à des destructions faciales massives. La GUNA chez un adulte non immunodéprimé répond bien au traitement en quelques jours.
Quand consulter en urgence ?
- Douleur gingivale intense, saignements et ulcères buccaux avec fièvre — consultation dentaire ou médicale urgente.
- GUNA chez un patient VIH ou immunodéprimé — urgence médicale (risque de progression rapide vers nécrose étendue).
- Extension de la nécrose au-delà des gencives (palais, muqueuse buccale) — hospitalisation et traitement IV.
Qu'est-ce que la GUNA ?
La GUNA est une infection bactérienne polymicrobienne des gencives — non contagieuse d'une personne à l'autre. Elle implique des bactéries anaérobies du sillon gingival (notamment Fusobacterium nucleatum, Treponema vincentii, Prevotella intermedia). Ces bactéries, présentes à l'état normal en faible quantité dans la cavité buccale, prolifèrent dans des conditions favorables (mauvaise hygiène, immunodépression). Facteurs favorisants : Mauvaise hygiène bucco-dentaire (absence de brossage, tartre abondant). Stress psychologique intense (historiquement fréquente chez les soldats des tranchées — d'où le nom "bouche de tranchée"). Tabagisme (facteur majeur). Dénutrition et carence nutritionnelle. Immunodépression (VIH/SIDA, chimiothérapie, corticoïdes).
Quels sont les symptômes ?
Douleur gingivale intense, spontanée ou à la pression. Ulcères et nécrose des papilles interdentaires : aspect "en emporte-pièce" des papilles — gencives creusées entre les dents avec fond jaune-grisâtre nécrotique, entourées d'un halo rouge. Saignements spontanés ou au moindre contact. Halitose (mauvaise haleine) intense et caractéristique — odeur putride. Enduction blanchâtre sur les lésions (pseudomembrane). Signes généraux : fièvre (38-38,5°C), malaise, fatigabilité, adénopathies cervicales douloureuses. Difficultés à s'alimenter (odynophagie).
Comment se fait le diagnostic ?
Clinique — l'aspect des lésions (ulcères nécrotiques des papilles interdentaires, saignements, halitose) est caractéristique. Pas d'examen complémentaire spécifique requis en première intention. Bilan VIH si facteur de risque ou si GUNA récidivante ou sévère. Examen parodontal complet (après traitement de l'épisode aigu) : évaluation des pertes osseuses.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Antibiothérapie : Métronidazole 500 mg × 3/j × 7 jours — traitement de référence (bactéricide sur les anaérobies). Amoxicilline 1 g × 3/j × 7 jours : alternative ou en association si forme sévère. Bains de bouche antiseptiques : chlorhexidine 0,12-0,2 % × 2-3/j pendant la durée du traitement. Soins dentaires professionnels (impératifs) : Détartrage minutieux (élimination du tartre et des débris nécrotiques) — à réaliser dès que la douleur le permet (parfois différé de 48-72h si trop douloureux). Curetage sous-gingival. Arrêt du tabac : indispensable. Hygiène bucco-dentaire renforcée : brossage doux 2×/j, fil dentaire, brossettes interdentaires. Antalgiques : paracétamol ou ibuprofène. En cas de VIH sous-jacent : traitement ARV et suivi parodontal spécialisé.
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
La douleur et les saignements régressent en 2-3 jours avec le traitement. La nécrose des papilles guérit en 1-2 semaines. Cependant, les papilles nécrotiques peuvent laisser des séquelles morphologiques (papilles aplaties, triangles noirs interdentaires) et des poches parodontales. Un suivi parodontal est indispensable pour prévenir les récidives et traiter les séquelles osseuses.
Quel spécialiste consulter ?
- Chirurgien-dentiste / Parodontologue : en urgence pour soins dentaires.
- Médecin généraliste : prescription des antibiotiques, bilan VIH si indiqué.
Questions fréquentes
La GUNA est-elle contagieuse ?
Non — la GUNA n'est pas transmissible d'une personne à une autre. Elle est due à une prolifération de bactéries du propre microbiome buccal du patient dans des conditions favorables (stress, immunodépression, mauvaise hygiène). Pas de mesures d'isolement nécessaires.
Peut-on prévenir la GUNA ?
Oui, par une bonne hygiène bucco-dentaire (brossage 2×/j, fil dentaire, brossettes interdentaires, détartrage régulier), l'arrêt du tabac, la gestion du stress, et des consultations dentaires régulières. Les personnes immunodéprimées (VIH, chimio) doivent être particulièrement vigilantes à leur hygiène buccale.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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