L'essentiel à retenir

  • La maladie de Sever est une inflammation de la plaque de croissance (zone de croissance active de l'os) du talon (calcanéum), causée par des microtraumatismes répétés liés à la traction du tendon d'Achille.
  • Elle touche principalement les enfants entre 8 et 14 ans, surtout les garçons pratiquant des sports avec sauts et courses (football, athlétisme, basketball).
  • La douleur est localisée sur les côtés du talon, aggravée par l'effort sportif et souvent soulagée au repos.
  • Elle guérit spontanément à la fin de la croissance — des semelles, des étirements et un repos relatif améliorent les symptômes.

Est-ce grave ?

Non. La maladie de Sever est une pathologie bénigne de la croissance — elle ne laisse aucune séquelle et disparaît spontanément quand la plaque de croissance du calcanéum se ferme (entre 14 et 16 ans selon les enfants). Elle n'abîme pas le talon de façon permanente. Son principal inconvénient est de limiter l'activité sportive pendant plusieurs semaines à mois.

Quand consulter ?

Consultez votre médecin ou pédiatre si :

  • La douleur est très intense, empêche la marche, ou est accompagnée d'un gonflement important ou d'une rougeur — pour éliminer une autre cause (fracture de stress, infection osseuse).
  • La douleur ne s'améliore pas après plusieurs semaines de repos relatif et de port de semelles.

Qu'est-ce que la maladie de Sever ?

Pendant la croissance, les os grandissent à partir de zones appelées plaques de croissance (ou cartilages de conjugaison) — des zones de tissu cartilagineux plus fragile que l'os adulte, situées à l'extrémité des os. Au niveau du talon (l'os calcanéum), la plaque de croissance se situe à la face postérieure de l'os, là où s'insère le tendon d'Achille. Lors d'activités sportives intenses avec impacts répétés (sauts, course), le tendon d'Achille exerce une traction répétée sur cette zone encore fragile, provoquant une microtraumatisation et une inflammation — c'est la maladie de Sever (ou épiphysite calcanéenne).

Quels sont les symptômes ?

Douleur au niveau du talon, localisée sur les côtés et en arrière du calcanéum (rarement en dessous). Aggravation après l'entraînement sportif, parfois pendant l'effort lui-même. Soulagement au repos. Parfois légère boiterie en fin de match ou d'entraînement. Douleur à la compression latérale du talon entre les deux mains (signe de la pince — très caractéristique). Pas de gonflement ni rougeur notable dans les formes habituelles.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic est clinique — l'âge de l'enfant, la pratique sportive, la localisation de la douleur et le signe de la pince positif suffisent dans la grande majorité des cas. La radiographie du talon peut montrer une densification ou une fragmentation de la plaque de croissance mais elle n'est pas systématique — les anomalies radiologiques ne corrèlent pas toujours avec l'intensité de la douleur. L'IRM ou l'échographie peuvent être demandées en cas de doute diagnostique.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Repos relatif : réduire (sans forcément arrêter) les activités sportives en fonction de la douleur — les sports sans impact (natation, vélo) peuvent souvent être maintenus. Semelles orthopédiques avec talonnette amortissante : réduisent la traction du tendon d'Achille sur la plaque de croissance et amortissent les impacts. Étirements du mollet et du tendon d'Achille : relâchent la tension musculaire sur le talon. Glace locale après l'effort (10 à 15 minutes, tissu interposé). Antalgiques (paracétamol, ibuprofène) si douleur importante. Chaussures adaptées avec bon amorti du talon. Kinésithérapie : dans les formes résistantes, pour les étirements, renforcement musculaire et physiothérapie (ultrasons, laser).

Quel spécialiste consulter ?

  • Médecin généraliste ou pédiatre : diagnostic et prise en charge initiale.
  • Podologue : semelles orthopédiques sur mesure.
  • Kinésithérapeute : formes résistantes, renforcement et étirements.

Comment préparer sa consultation ?

Précisez les sports pratiqués, leur fréquence et l'intensité de l'entraînement. Notez si la douleur survient pendant ou après l'effort. Apportez les chaussures de sport de votre enfant — l'amorti et l'usure peuvent orienter la prise en charge. Mentionnez si votre enfant est en période de croissance rapide (poussée de croissance).

Questions fréquentes

Faut-il arrêter le sport complètement ?

Pas nécessairement. Un arrêt complet est rarement nécessaire sauf en cas de douleur très invalidante. La plupart des enfants peuvent continuer leur sport à intensité réduite, en évitant les entraînements les plus intensifs. La natation et le vélo — sans impact sur le talon — peuvent souvent être maintenus sans douleur. Chaque enfant est différent — ajustez en fonction de la douleur ressentie.

La maladie de Sever peut-elle toucher les deux talons ?

Oui. Une atteinte bilatérale (les deux talons) est fréquente, même si souvent un côté est plus douloureux que l'autre. Le traitement est identique pour les deux côtés.

Combien de temps dure la maladie de Sever ?

Quelques semaines à plusieurs mois pour un épisode. La maladie peut récidiver sur plusieurs saisons sportives tant que la plaque de croissance n'est pas fusionnée. Elle disparaît définitivement à la fin de la croissance osseuse du talon (généralement entre 14 et 16 ans).

La maladie de Sever peut-elle toucher les filles ?

Oui, mais elle est plus fréquente chez les garçons — probablement parce qu'ils pratiquent en moyenne plus de sports à impacts à cet âge. Chez les filles sportives (football, athlétisme, danse), elle est toutefois bien documentée.

Les semelles achetées en pharmacie sont-elles efficaces ?

Les talonnettes en gel ou en silicone disponibles en pharmacie peuvent suffire dans les formes légères — elles amortissent les impacts et réduisent la traction. Dans les formes plus sévères ou persistantes, des semelles orthopédiques sur mesure réalisées par un podologue sont plus adaptées, en tenant compte de la morphologie du pied et des chaussures de sport utilisées.

Peut-on prévenir la maladie de Sever ?

Partiellement. Une progression graduelle de l'intensité de l'entraînement sportif, le port de chaussures bien amorties, des étirements réguliers des mollets et du tendon d'Achille avant et après l'effort, et l'évitement des surfaces trop dures peuvent réduire le risque ou la sévérité des épisodes.

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