Est-ce grave ?

Cela dépend entièrement de la cause. Une hypertrophie physiologique liée à la grossesse est sans danger et régresse après l'accouchement. Une hyperplasie hypophysaire par hypothyroïdie non traitée régresse très souvent après traitement de l'hypothyroïdie par lévothyroxine — c'est donc traitable de façon simple. Un adénome hypophysaire (tumeur bénigne) nécessite un suivi mais est rarement malin. Une compression des structures voisines (chiasma optique → troubles visuels, selle turcique adjacente → céphalées) peut survenir avec les adénomes volumineux.

Quand consulter rapidement ?

  • Apparition soudaine d'une baisse de vision, de maux de tête violents ou d'une diplopie chez un patient avec image hypophysaire connue → urgences neurologiques (risque d'apoplexie hypophysaire — hémorragie dans l'adénome).
  • Fatigue extrême, hypotension, confusion → urgences endocriniennes (insuffisance surrénalienne aiguë possible si ACTH insuffisante).

Pourquoi l'hypophyse peut-elle s'hypertrophier ?

Causes physiologiques : grossesse (hypertrophie marquée par prolifération des cellules lactotropes sous l'effet des oestrogènes), puberté, allaitement. Hyperplasie secondaire compensatrice : hypothyroïdie primaire (manque de T4 → l'hypophyse produit en excès de TSH → prolifération des cellules thyréotropes → hypertrophie hypophysaire). Cette forme est importante à reconnaître car elle régresse avec le traitement de l'hypothyroïdie, évitant une chirurgie inutile. Adénome hypophysaire (le plus fréquent des processus expansifs sellaires) : tumeur bénigne — les plus fréquents sont le prolactinome (excès de prolactine), l'adénome corticotrope (maladie de Cushing), l'adénome somatotrope (acromégalie), l'adénome thyréotrope, les adénomes non sécrétants. Hypophysite : inflammation de l'hypophyse — auto-immune (parfois liée aux immunothérapies anti-PD1/anti-CTLA4), lymphocytaire, granulomateuse. Craniopharyngiome : tumeur embryonnaire bénigne touchant souvent l'enfant. Métastases hypophysaires : rares, souvent du sein ou du poumon.

Quels sont les symptômes possibles ?

Symptômes liés à la compression des structures voisines (macroadénomes volumineux) : céphalées rétro-orbitaires ou frontales, troubles visuels par compression du chiasma optique (hémianopsie bitemporale — perte de la vision périphérique externe des deux yeux), paralysies oculomotrices (compression du sinus caverneux). Symptômes liés au déficit hormonal par compression du tissu hypophysaire sain (pan-hypopituitarisme) : fatigue, prise de poids, chute de libido, troubles des règles, pâleur, intolérance au froid (déficits en TSH, FSH/LH, GH, ACTH). Symptômes liés à la sécrétion hormonale excessive : galactorrhée (écoulement de lait hors grossesse) et aménorrhée → prolactinome ; acromégalie (grande taille, élargissement des extrémités, épaississement des traits) → GH ; syndrome de Cushing (prise de poids centrale, vergetures pourpres, hypertension) → ACTH.

Comment se fait le diagnostic ?

IRM hypophysaire dédiée avec coupes fines (3 mm) et injection de gadolinium : visualise la glande, un éventuel adénome (micro-

Quels traitements peuvent être proposés ?

Hyperplasie par hypothyroïdie : substitution par lévothyroxine → régression en quelques mois sans chirurgie. Prolactinome : agonistes dopaminergiques (cabergoline, bromocriptine) — très efficaces pour réduire le volume et normaliser la prolactine, souvent sans chirurgie. Acromégalie / Cushing / adénome non sécrétant volumineux : chirurgie transsphénoïdale (voie nasale, sans cicatrice externe) — exérèse par le chirurgien neuroendocrinien. Radiothérapie stéréotaxique (Gamma Knife) ou conventionnelle en complément. Traitements médicaux spécifiques selon le type (analogues de la somatostatine pour acromégalie, médicaments bloquant le cortisol pour Cushing). Hypophysite : corticoïdes si forme inflammatoire symptomatique.

Quel spécialiste consulter ?

  • Endocrinologue : bilan hormonal, coordination du traitement, suivi.
  • Neurochirurgien endocrinien : chirurgie transsphénoïdale si indiquée.
  • Ophtalmologue : champ visuel si compression chiasmatique possible.