L'essentiel à retenir

  • L'hémorragie intracérébrale (HIC) est un saignement à l'intérieur du tissu cérébral — elle représente environ 15 à 20 % des AVC (accidents vasculaires cérébraux).
  • Cause principale : hypertension artérielle chronique mal contrôlée (60-70 % des cas). Autres causes : angiopathie amyloïde cérébrale (personnes âgées), anticoagulants, malformations artério-veineuses (MAV), tumeurs cérébrales.
  • Signes d'urgence : céphalées brutales et sévères, déficit neurologique focal (faiblesse d'un membre, trouble de la parole), altération de la conscience, vomissements.
  • Urgence absolue — appeler le 15 : "Vite, vite, vite" — délai de prise en charge déterminant pour le pronostic.

Est-ce grave ?

Oui — l'hémorragie intracérébrale a une mortalité à 30 jours de 30 à 50 %. Parmi les survivants, seulement 20 % environ retrouvent une indépendance complète. Les facteurs pronostiques principaux sont le volume de l'hématome à l'imagerie initiale, la localisation (hématome des noyaux gris centraux vs lobaire), la présence d'un engagement cérébral (compression du tronc cérébral), et l'extension ventriculaire (présence de sang dans les ventricules).

URGENCE — Appeler le 15 (SAMU)

  • Céphalées brutales ("la pire douleur de tête de ma vie") — peut indiquer un AVC hémorragique ou une hémorragie sous-arachnoïdienne.
  • Déficit neurologique soudain : faiblesse ou paralysie d'un bras ou d'une jambe, trouble de la parole, déviation de la bouche — AVC, urgence absolue.
  • Trouble de la conscience ou perte de connaissance avec céphalée — appel du 15 immédiat.
  • Test FAST : Face (bouche déviée?) — Arm (bras qui tombe?) — Speech (parole troublée?) — Time (appeler le 15 immédiatement si oui).

Qu'est-ce que l'hémorragie intracérébrale ?

L'hémorragie intracérébrale (HIC) est la rupture d'un vaisseau sanguin à l'intérieur du cerveau, avec extravasation de sang dans le parenchyme cérébral (le tissu nerveux lui-même). L'hématome ainsi formé comprime et détruit le tissu cérébral environnant. L'œdème périlésionnel (gonflement autour de l'hématome) aggrave la compression dans les premières 48 heures. L'hypertension artérielle chronique est la cause principale — elle fragilise les petites artères pénétrantes cérébrales, aboutissant à leur rupture. L'angiopathie amyloïde cérébrale (dépôt d'amyloïde dans les parois des artères cérébrales) est la principale cause chez les personnes âgées et peut entraîner des hémorragies lobaires récidivantes. Les malformations artério-veineuses (MAV) sont une cause importante chez les adultes jeunes.

Quels sont les symptômes ?

Déficit neurologique focal d'installation brutale (en quelques secondes à minutes) : faiblesse ou paralysie d'un hémicorps (hémiparésie), trouble de la parole (aphasie), troubles visuels, troubles de l'équilibre. Céphalées intenses et brutales — plus fréquentes que dans l'AVC ischémique. Nausées et vomissements. Altération progressive de la conscience (confusion, somnolence, coma) — signe de gravité. Parfois convulsions. Hypertension artérielle très élevée au moment de l'épisode (souvent > 180/100 mmHg).

Comment se fait le diagnostic ?

Scanner cérébral sans injection : examen de première intention en urgence — l'hémorragie apparaît immédiatement comme une zone hyperdense (blanche) dans le tissu cérébral. Différencie AVC ischémique (pas de sang visible) d'AVC hémorragique. IRM cérébrale (IRM de diffusion + séquences hémorragiques) : plus sensible, permet de détecter des micro-saignements (angiopathie amyloïde), des MAV. Angioscanner ou artériographie : si cause vasculaire suspecte (MAV, anévrisme). Bilan biologique : NFS, coagulation, groupe, RAI — recherche de trouble de la coagulation ou d'anticoagulants.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Réversion urgente des anticoagulants : CCP (concentré de complexe prothrombinique) si anti-vitamines K, antagonistes spécifiques pour les anticoagulants directs. Contrôle strict de la pression artérielle : objectif PA systolique < 140 mmHg dans les premières heures (Cochrane 2019, étude ATACH-2). Traitement de l'hypertension intracrânienne : surélévation de la tête (30°), osmothérapie (mannitol), drainage ventriculaire externe si hydrocéphalie. Chirurgie d'évacuation de l'hématome : pas systématique — discutée en cas d'hématome cérébelleux (> 3 cm) compressif, hématome lobaire chez un sujet jeune, hydrocéphalie. Prévention des complications : antiépileptiques si convulsions, anticoagulation préventive des phlébites (à distance), prise en charge en unité neurovasculaire (UNV). Rééducation précoce (kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie) : débutée dès que l'état le permet.

Quel spécialiste consulter ?

  • SAMU (15) : urgence absolue — prise en charge en unité neurovasculaire (UNV).
  • Neurologue spécialisé AVC : diagnostic et prise en charge aiguë en UNV.
  • Neurochirurgien : si évacuation chirurgicale nécessaire.

Questions fréquentes

L'hémorragie intracérébrale est-elle différente d'un AVC ?

Non — l'hémorragie intracérébrale est un type d'AVC. Les AVC se divisent en deux grandes catégories : ischémiques (80-85 % — obstruction d'une artère) et hémorragiques (15-20 % — rupture d'un vaisseau). L'AVC hémorragique englobe l'hémorragie intracérébrale (saignement dans le tissu cérébral) et l'hémorragie sous-arachnoïdienne (saignement dans l'espace autour du cerveau). Les deux types constituent des urgences vitales nécessitant un appel immédiat du 15.

Peut-on récupérer après une hémorragie intracérébrale ?

Oui — une récupération partielle ou complète est possible, mais elle dépend de nombreux facteurs : volume et localisation de l'hématome, rapidité de la prise en charge, âge et état général du patient. La récupération neurologique peut se poursuivre pendant 6 à 18 mois après l'épisode, parfois au-delà. Une rééducation intensive et précoce (kinésithérapie, orthophonie, neuropsychologie) est un facteur clé de récupération fonctionnelle.

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