Est-ce grave ?

Le syndrome d'enfermement est une des situations médicales les plus graves — tétraplégie complète, aphonie, incapacité à s'alimenter. La phase aiguë est souvent mortelle. Les survivants à long terme peuvent maintenir une qualité de vie subjective meilleure que celle que l'entourage ou les soignants imaginent — des études montrent qu'une majorité de patients locked-in chroniques se déclarent heureux ou satisfaits de leur vie. La rééducation et les aides technologiques (interfaces cerveau-ordinateur) peuvent considérablement améliorer l'autonomie communicationnelle.

Quand appeler le 15 ?

Urgence absolue en cas de :

  • Diplopie soudaine, dysphagie brutale, dysarthrie et paralysie faciale — AVC du tronc cérébral (urgence thrombolyse).
  • Tétraplégie brutale ou quadriparésie progressive — urgence neurologique.

Qu'est-ce que le syndrome d'enfermement ?

Le syndrome d'enfermement (SdE) est défini par : tétraplégie (paralysie des 4 membres) ; paralysie faciale et anarthrie (incapacité à parler) ; conscience et cognition totalement préservées ; communication possible par les yeux. Formes cliniques : classique (mouvements oculaires verticaux et clignement préservés) ; incomplet (quelques mouvements résiduels en plus des yeux) ; complet (aucun mouvement — très rare). Causes : infarctus du tronc cérébral (artère basilaire — 60 %), traumatisme du tronc cérébral, SLA stade terminal, Guillain-Barré sévère, myasthénie sévère.

Quels sont les symptômes ?

Paralysie complète du corps (membres, tronc, face) avec sensibilité parfois préservée. Conscience, mémoire et cognition intactes. Contrôle des mouvements oculaires verticaux (haut/bas) et du clignement. Ventilation assistée souvent nécessaire (atteinte des muscles respiratoires). Troubles de la déglutition (nutrition entérale par gastrostomie). Souffrance psychologique intense liée à la prise de conscience de l'état.

Comment se fait le diagnostic ?

IRM cérébrale avec séquences de diffusion (urgence) : infarctus ou hémorragie du tronc cérébral. L'EEG confirme la conscience intacte (activité cérébrale normale). Différenciation d'un état végétatif (absence de conscience) par l'observation des mouvements oculaires volontaires. Évaluation par l'échelle de Coma Recovery Scale-Revised (CRS-R).

Quels traitements peuvent être proposés ?

Phase aiguë : thrombolyse ou thrombectomie si AVC basilaire confirmé (fenêtre thérapeutique étendue jusqu'à 24h pour l'occlusion basilaire). Réanimation : ventilation assistée (trachéotomie), nutrition entérale par gastrostomie, prévention des escarres, physiothérapie précoce. Rééducation intensive : kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie, soutien psychologique. Communication alternative augmentée (CAA) : tableaux alphabétiques avec code oculaire, synthèse vocale par eye-tracking (systèmes Tobii, PRC), interfaces cerveau-ordinateur (BCI) pour les formes complètes. Soutien psychologique du patient et de l'entourage.

Quel spécialiste consulter ?

  • Neurologue (urgence) : prise en charge initiale de l'AVC du tronc.
  • Médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) : rééducation.
  • Orthophoniste : communication alternative.

Comment préparer la consultation ?

Pour l'entourage : décrivez les mouvements résiduels observés chez le patient. Apportez le compte-rendu d'hospitalisation et l'IRM cérébrale. Renseignez-vous sur les associations de patients (ALIS — Association du Locked-In Syndrome). Exprimez au médecin les souhaits de communication du patient.