L'essentiel à retenir
- L'épilepsie est une maladie neurologique caractérisée par la récurrence de crises épileptiques — elle touche environ 600 000 personnes en France.
- La grande majorité des épilepsies (70 %) sont bien contrôlées par les médicaments antiépileptiques (MAE).
- Face à une crise épileptique, protégez la personne mais ne la retenez pas, ne lui mettez rien dans la bouche, et appelez le 15 si la crise dure plus de 5 minutes.
- Une épilepsie bien traitée permet une vie normale — travail, conduite (avec contraintes), sport, grossesse.
Est-ce grave ?
L'épilepsie elle-même n'est pas dangereuse dans la grande majorité des cas. Le risque principal vient des traumatismes lors des chutes pendant les crises et du danger lié à certaines activités (conduite, natation seul, activités en hauteur). Le status epilepticus (crise durant plus de 30 minutes) est une urgence neurologique grave. La mort subite inexpliquée dans l'épilepsie (SUDEP) est rare mais réelle — justifiant un traitement optimal.
Quand appeler le 15 ?
Appelez le 15 immédiatement si :
- La crise dure plus de 5 minutes sans s'arrêter spontanément (risque de status epilepticus).
- Le patient ne reprend pas conscience dans les 5 à 10 minutes suivant la crise.
- Une deuxième crise survient dans la foulée sans reprise de conscience entre les deux.
- La personne s'est blessée, ou la crise est survenue dans l'eau.
Qu'est-ce que l'épilepsie ?
L'épilepsie est définie par la survenue d'au moins 2 crises épileptiques non provoquées à plus de 24 heures d'intervalle, ou d'une crise avec un risque de récidive élevé (lésion cérébrale identifiée). Une crise épileptique est une décharge neuronale excessive, hypersynchrone et transitoire d'un groupe de neurones cérébraux. Les crises peuvent être focales (débutant dans une zone précise du cortex) ou généralisées (impliquant d'emblée les deux hémisphères).
Quels sont les symptômes ?
Les manifestations dépendent de la zone cérébrale impliquée. Crises tonico-cloniques généralisées (anciennement "grand mal") : perte de conscience brusque, chute, phase tonique (raideur), phase clonique (convulsions rythmiques), morsure de langue, perte d'urines, période post-critique (confusion, somnolence). Crises d'absence : suspension brève (2 à 30 secondes) de la conscience, regard fixe, imperceptibles chez l'enfant. Crises focales simples : décharge motrice, sensitive, visuelle ou végétative sans perte de conscience. Crises focales complexes : altération de la conscience avec automatismes.
Quelles sont les causes ?
Les causes sont multiples : épilepsies idiopathiques (génétiques, sans lésion cérébrale identifiable — souvent les épilepsies de l'enfant) ; lésionnelles (traumatisme crânien, AVC, tumeur cérébrale, malformation vasculaire, encéphalite) ; métaboliques (hypoglycémie sévère, hyponatrémie, sevrage alcoolique ou médicamenteux). Chez un adulte ayant une première crise, un bilan étiologique complet est indispensable.
Comment se fait le diagnostic ?
L'EEG (électroencéphalogramme) enregistre l'activité électrique cérébrale — il peut montrer des anomalies épileptiformes même entre les crises. L'IRM cérébrale recherche une lésion causale (tumeur, malformation, cicatrice). Un bilan biologique (glycémie, ionogramme, calcémie) élimine une cause métabolique. Un témoignage de la crise est précieux pour le diagnostic — une vidéo si possible.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Les médicaments antiépileptiques (MAE) sont le traitement de base : valproate, lévétiracétam, lamotrigine, carbamazépine, etc. Le choix dépend du type d'épilepsie, de l'âge et du contexte (notamment la grossesse). Une monothérapie contrôle 70 % des épilepsies. En cas d'épilepsie pharmaco-résistante (30 % des patients), la chirurgie de résection de la zone épileptogène, la stimulation du nerf vague ou du noyau subthalamique sont des alternatives. Le régime cétogène est efficace chez certains enfants réfractaires.
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
Certaines épilepsies de l'enfant guérissent spontanément à l'adolescence. Pour les épilepsies de l'adulte, un sevrage progressif des MAE peut être tenté après 2 à 5 ans sans crise selon l'étiologie et l'EEG. Un suivi neurologique régulier est indispensable pour adapter le traitement, surveiller les effets secondaires et gérer les implications pratiques (permis de conduire).
Quel spécialiste consulter ?
- Neurologue / Épileptologue : diagnostic et traitement.
- Neuropédiatre : épilepsie de l'enfant.
- Neurochirurgien : chirurgie de l'épilepsie.
- Sage-femme / Obstétricien : gestion de la grossesse sous MAE.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez le plus précisément possible la sémiologie de vos crises (que ressentez-vous avant, pendant, après ?). Apportez un témoignage écrit d'un proche ou une vidéo de la crise si disponible. Notez la fréquence des crises. Listez tous vos médicaments. Signalez votre consommation d'alcool et votre rythme de sommeil (les deux peuvent déclencher des crises).
Questions fréquentes
Que faire si quelqu'un fait une crise épileptique devant moi ?
Protégez la personne des chocs (éloignez les objets durs, mettez quelque chose de mou sous la tête). Tournez-la sur le côté (position latérale de sécurité) si possible pour éviter l'inhalation. Ne la retenez pas, ne lui mettez rien dans la bouche, ne lui donnez rien à boire. Chronométrez la crise. Appelez le 15 si la crise dure plus de 5 minutes.
Peut-on conduire avec une épilepsie ?
En France, la conduite est interdite pendant et après une crise, avec un délai d'interdiction variable selon le type d'épilepsie et le traitement (généralement 6 mois à 1 an sans crise). Le permis peut être récupéré sous conditions après avis médical. Renseignez-vous auprès de votre neurologue et de la préfecture.
Peut-on faire du sport avec une épilepsie ?
Oui, le sport est globalement bénéfique. Des précautions sont nécessaires selon l'épilepsie : natation (toujours accompagné), sports nautiques, alpinisme, sports de combat à éviter ou à adapter. La fatigue et l'hyperventilation peuvent déclencher des crises chez certains patients — votre neurologue précisera les activités autorisées.
L'épilepsie est-elle compatible avec la grossesse ?
Oui, la grande majorité des femmes épileptiques ont des grossesses normales. Mais certains MAE sont tératogènes (le valproate est particulièrement contre-indiqué chez la femme enceinte ou en âge de procréer — risque de malformations et troubles cognitifs chez l'enfant). Une adaptation du traitement avant la conception est indispensable — consultez votre neurologue avant toute grossesse.
L'épilepsie est-elle héréditaire ?
Certaines formes d'épilepsie (épilepsies génétiques généralisées) ont une composante héréditaire. Le risque de transmettre la maladie à ses enfants est variable selon l'étiologie. Une consultation de conseil génétique peut être utile en cas d'épilepsie familiale ou de forme génétique identifiée.
Les médicaments antiépileptiques ont-ils des effets secondaires importants ?
Les effets secondaires varient selon les molécules : somnolence, vertiges, troubles cognitifs (mémoire, attention), prise de poids, tremblements, risque d'acné ou de chute de cheveux. La plupart sont dose-dépendants et s'améliorent avec le temps. Un bilan biologique régulier surveille certains effets (hépatotoxicité, hyponatrémie). Ne jamais arrêter ou modifier un MAE sans avis médical — le risque de crise rebond est réel.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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