Est-ce grave ?
L'épilepsie elle-même n'est pas dangereuse dans la grande majorité des cas. Le risque principal vient des traumatismes lors des chutes pendant les crises et du danger lié à certaines activités (conduite, natation seul, activités en hauteur). Le status epilepticus (crise durant plus de 30 minutes) est une urgence neurologique grave. La mort subite inexpliquée dans l'épilepsie (SUDEP) est rare mais réelle — justifiant un traitement optimal.
Quand appeler le 15 ?
Appelez le 15 immédiatement si :
- La crise dure plus de 5 minutes sans s'arrêter spontanément (risque de status epilepticus).
- Le patient ne reprend pas conscience dans les 5 à 10 minutes suivant la crise.
- Une deuxième crise survient dans la foulée sans reprise de conscience entre les deux.
- La personne s'est blessée, ou la crise est survenue dans l'eau.
Qu'est-ce que l'épilepsie ?
L'épilepsie est définie par la survenue d'au moins 2 crises épileptiques non provoquées à plus de 24 heures d'intervalle, ou d'une crise avec un risque de récidive élevé (lésion cérébrale identifiée). Une crise épileptique est une décharge neuronale excessive, hypersynchrone et transitoire d'un groupe de neurones cérébraux. Les crises peuvent être focales (débutant dans une zone précise du cortex) ou généralisées (impliquant d'emblée les deux hémisphères).
Quels sont les symptômes ?
Les manifestations dépendent de la zone cérébrale impliquée. Crises tonico-cloniques généralisées (anciennement "grand mal") : perte de conscience brusque, chute, phase tonique (raideur), phase clonique (convulsions rythmiques), morsure de langue, perte d'urines, période post-critique (confusion, somnolence). Crises d'absence : suspension brève (2 à 30 secondes) de la conscience, regard fixe, imperceptibles chez l'enfant. Crises focales simples : décharge motrice, sensitive, visuelle ou végétative sans perte de conscience. Crises focales complexes : altération de la conscience avec automatismes.
Quelles sont les causes ?
Les causes sont multiples : épilepsies idiopathiques (génétiques, sans lésion cérébrale identifiable — souvent les épilepsies de l'enfant) ; lésionnelles (traumatisme crânien, AVC, tumeur cérébrale, malformation vasculaire, encéphalite) ; métaboliques (hypoglycémie sévère, hyponatrémie, sevrage alcoolique ou médicamenteux). Chez un adulte ayant une première crise, un bilan étiologique complet est indispensable.
Comment se fait le diagnostic ?
L'EEG (électroencéphalogramme) enregistre l'activité électrique cérébrale — il peut montrer des anomalies épileptiformes même entre les crises. L'IRM cérébrale recherche une lésion causale (tumeur, malformation, cicatrice). Un bilan biologique (glycémie, ionogramme, calcémie) élimine une cause métabolique. Un témoignage de la crise est précieux pour le diagnostic — une vidéo si possible.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Les médicaments antiépileptiques (MAE) sont le traitement de base : valproate, lévétiracétam, lamotrigine, carbamazépine, etc. Le choix dépend du type d'épilepsie, de l'âge et du contexte (notamment la grossesse). Une monothérapie contrôle 70 % des épilepsies. En cas d'épilepsie pharmaco-résistante (30 % des patients), la chirurgie de résection de la zone épileptogène, la stimulation du nerf vague ou du noyau subthalamique sont des alternatives. Le régime cétogène est efficace chez certains enfants réfractaires.
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
Certaines épilepsies de l'enfant guérissent spontanément à l'adolescence. Pour les épilepsies de l'adulte, un sevrage progressif des MAE peut être tenté après 2 à 5 ans sans crise selon l'étiologie et l'EEG. Un suivi neurologique régulier est indispensable pour adapter le traitement, surveiller les effets secondaires et gérer les implications pratiques (permis de conduire).
Quel spécialiste consulter ?
- Neurologue / Épileptologue : diagnostic et traitement.
- Neuropédiatre : épilepsie de l'enfant.
- Neurochirurgien : chirurgie de l'épilepsie.
- Sage-femme / Obstétricien : gestion de la grossesse sous MAE.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez le plus précisément possible la sémiologie de vos crises (que ressentez-vous avant, pendant, après ?). Apportez un témoignage écrit d'un proche ou une vidéo de la crise si disponible. Notez la fréquence des crises. Listez tous vos médicaments. Signalez votre consommation d'alcool et votre rythme de sommeil (les deux peuvent déclencher des crises).
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