L'essentiel à retenir

  • Un hématome intracrânien est une collection de sang à l'intérieur du crâne, comprimant progressivement le cerveau.
  • Trois types principaux : hématome extradural (entre la boîte crânienne et la dure-mère, souvent artériel et rapide), hématome sous-dural (entre la dure-mère et le cerveau — aigu ou chronique), hématome intracérébral (saignement dans le tissu cérébral lui-même).
  • Signes d'alerte après traumatisme : mal de tête croissant, confusion, somnolence, faiblesse d'un membre, perte de connaissance, inégalité des pupilles.
  • Urgence neurochirurgicale dans la plupart des cas — appeler le 15 immédiatement.

Est-ce grave ?

Oui — un hématome intracrânien non traité peut menacer la vie par compression cérébrale progressive. L'hématome extradural est particulièrement trompeur avec son "intervalle libre" (lucide interval) — quelques heures de mieux apparent avant une aggravation brutale. L'hématome sous-dural chronique, plus lent, peut évoluer progressivement chez une personne âgée et ne pas être reconnu pendant des semaines. Le pronostic dépend de la rapidité du diagnostic et de la prise en charge neurochirurgicale.

URGENCE — Appeler le 15

  • Tout traumatisme crânien avec perte de connaissance, confusion, vomissements répétés, mal de tête croissant — appel du 15 immédiat.
  • "Intervalle libre" après un traumatisme crânien (patient qui semblait bien puis se dégrade) — urgence neurochirurgicale, appeler le 15.
  • Inégalité des pupilles (une pupille dilatée, l'autre non) après un traumatisme — signe d'engagement cérébral, urgence vitale.
  • Personne âgée sous anticoagulants avec maux de tête persistants après même un traumatisme mineur — consultation urgente.

Quels types d'hématomes intracrâniens existent ?

Hématome extradural (épidural) : saignement entre la boîte crânienne et la dure-mère (membrane entourant le cerveau). Presque toujours post-traumatique (fracture de l'os temporal, rupture de l'artère méningée moyenne). Évolution rapide (artérielle). Classiquement : perte de connaissance initiale → intervalle libre (quelques heures de bien-être apparent) → aggravation brutale avec céphalées, vomissements, troubles de conscience. Hématome sous-dural aigu : saignement entre la dure-mère et l'arachnoïde. Souvent lié à un traumatisme crânien sévère. Sang veineux à diffusion rapide. Pronostic sévère. Hématome sous-dural chronique : saignement lent, progressif. Survient souvent chez les personnes âgées, sous anticoagulants, alcooliques — parfois après un traumatisme très mineur ou spontané. Symptômes progressifs : céphalées, troubles cognitifs, changement de personnalité, faiblesse. Hématome intracérébral traumatique : saignement dans le tissu cérébral. Peut être associé à une contusion cérébrale.

Quels sont les symptômes ?

Maux de tête sévères et progressifs (signe d'alarme principal). Nausées, vomissements. Confusion, désorientation, agitation. Somnolence excessive, difficultés à maintenir l'éveil. Faiblesse ou engourdissement d'un bras ou d'une jambe (déficit focal). Trouble de la parole (aphasie). Inégalité des pupilles ou mydriase (pupille dilatée non réactive) — signe d'engagement cérébral grave. Convulsions. Perte de connaissance progressive ou brutale.

Comment se fait le diagnostic ?

Scanner cérébral sans injection (CT scan) : examen de première intention en urgence — rapide, accessible, détecte immédiatement tout saignement intracrânien et sa localisation. IRM cérébrale : plus sensible pour les petits hématomes sous-duraux, les contusions, les hématomes chroniques — si délai le permet. Artériographie cérébrale : si malformation vasculaire sous-jacente suspectée (anévrisme, MAV).

Quels traitements peuvent être proposés ?

Hématome extradural et sous-dural aigu avec signes de compression : évacuation chirurgicale en urgence (craniotomie) — le pronostic dépend de la rapidité de l'intervention. Hématome sous-dural chronique symptomatique : drainage chirurgical (trépanation sous anesthésie locale) — très efficace, même chez les personnes âgées. Hématome sous-dural chronique asymptomatique et petit : surveillance clinique et par imagerie. Arrêt ou correction des anticoagulants : indispensable dans les hématomes sous anticoagulants. Mesures de réanimation : contrôle de la pression intracrânienne (surélévation de la tête, osmothérapie mannitol), ventilation assistée si nécessaire.

Quel spécialiste consulter ?

  • SAMU (15) / Urgences : toute suspicion d'hématome intracrânien est une urgence absolue.
  • Neurochirurgien : décision de traitement chirurgical.
  • Neurologue : suivi post-opératoire et rééducation.

Questions fréquentes

Peut-on avoir un hématome intracrânien sans perte de connaissance ?

Oui — l'hématome sous-dural chronique se développe progressivement sans perte de connaissance initiale, et se manifeste par des symptômes progressifs (maux de tête, confusion, changement de comportement) qui peuvent être attribués à tort à d'autres causes. C'est particulièrement vrai chez les personnes âgées. De même, un hématome extradural peut survenir sans perte de connaissance initiale — le "choc" peut sembler bénin.

Faut-il hospitaliser systématiquement après un coup à la tête ?

Pas nécessairement pour tous les traumatismes crâniens légers. Mais certains critères justifient une consultation médicale immédiate : perte de connaissance même brève, maux de tête persistants, vomissements répétés, confusion, enfant de moins de 2 ans, personne sous anticoagulants, traumatisme à haute énergie (accident de voiture, chute de grande hauteur). En cas de doute, la règle d'or est de consulter — mieux vaut une fausse alerte.

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