L'essentiel à retenir
- L'épididymite est une inflammation/infection de l'épididyme (petit organe en forme de virgule situé derrière le testicule) — seul ou associée au testicule (orchi-épididymite).
- Elle est causée par des bactéries : IST (Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae) chez l'homme jeune, ou bactéries urinaires (E. coli) chez l'homme de plus de 35-40 ans.
- Elle se manifeste par une douleur progressive et unilatérale du scrotum, un gonflement et une chaleur locale, souvent avec fièvre.
- Il faut toujours éliminer en urgence une torsion testiculaire (douleur brutale, sans fièvre au début) avant de poser le diagnostic d'épididymite.
Est-ce grave ?
L'épididymite est une infection sérieuse mais traitée efficacement par les antibiotiques dans la grande majorité des cas. Non traitée, elle peut provoquer un abcès scrotiforme, une nécrose du testicule, ou une infertilité masculine (obstruction de l'épididyme). Un traitement antibiotique rapide et adapté permet une guérison complète. La distinction avec une torsion testiculaire est cruciale — une torsion non traitée dans les 6 heures aboutit à la perte du testicule.
Quand aller aux urgences immédiatement ?
Allez aux urgences ou appelez le 15 si :
- Douleur testiculaire brutale, intense, sans fièvre au début — évoquer une torsion testiculaire (urgence chirurgicale dans les 6 heures).
- Scrotum très gonflé, rouge vif, très douloureux avec fièvre — possible abcès ou infection sévère nécessitant un drainage.
- Douleur testiculaire chez un garçon adolescent — la torsion est plus fréquente avant 20 ans.
Qu'est-ce que l'épididymite ?
L'épididyme est un conduit pelotoné situé derrière et sous chaque testicule, dans lequel les spermatozoïdes mûrissent et transitent avant d'atteindre le canal déférent. Les bactéries atteignent l'épididyme par voie ascendante — depuis l'urètre, remontant vers la prostate puis vers l'épididyme. Chez l'homme jeune sexuellement actif (< 35 ans), Chlamydia trachomatis (principale IST silencieuse) et Neisseria gonorrhoeae sont les causes dominantes. Chez l'homme de plus de 35-40 ans ou avec problème prostatique ou urinaire, les entérobactéries (E. coli, Klebsiella) prédominent. L'extension de l'infection au testicule adjacent (orchi-épididymite) est fréquente — le testicule peut devenir très gonflé et douloureux.
Quels sont les symptômes ?
Installation progressive (sur quelques heures à jours) — contrairement à la torsion qui est brutale. Douleur unilatérale du scrotum, progressivement croissante. Gonflement et rougeur d'un côté du scrotum. Chaleur locale. Fièvre (38-39 °C) — souvent présente contrairement à la torsion. Pertes urétrales (écoulement) si IST associée. Brûlures mictionnelles, pollakiurie si cause urinaire. Signe de Prehn positif : soulèvement du testicule soulage la douleur — oriente vers une épididymite (oppose à la torsion où le soulèvement aggrave la douleur).
Comment se fait le diagnostic ?
Examen clinique urologique. Échographie testiculaire doppler : examen clé — permet de distinguer épididymite (vascularisation normale ou augmentée du testicule) de torsion (absence de flux sanguin dans le testicule). ECBU et prélèvement urétral : pour identifier le germe (culture, PCR Chlamydia/gonocoque). Bilan IST complet si cause IST probable (sérologies VIH, hépatites, TPHA/VDRL).
Quels traitements peuvent être proposés ?
Antibiotiques : choix selon la cause suspectée. Cause IST (homme jeune) : doxycycline 100 mg 2x/jour pendant 10-14 jours (Chlamydia) ± ceftriaxone IM dose unique (gonocoque). Cause urinaire (homme > 35 ans) : fluoroquinolone (ofloxacine, ciprofloxacine) pendant 10-14 jours selon l'antibiogramme. Mesures symptomatiques : repos, suspension scrotale (sous-vêtement de maintien ou suspensoir pour réduire la douleur), glace, antalgiques, AINS. Traitement des partenaires si IST : dépistage et traitement du ou des partenaires sexuels. Traitement de la prostatite ou infection urinaire associée si identifiée. Hospitalisation si : fièvre > 39 °C, abcès, immunodépression, impossibilité traitement oral.
Peut-on guérir ? Évolution et suivi
Avec un traitement antibiotique adapté, la guérison est obtenue dans la grande majorité des cas. La douleur diminue en quelques jours mais le gonflement peut persister 2 à 4 semaines. Un contrôle clinique à 1 semaine est recommandé. Une infertilité obstructive peut survenir en cas d'épididymite sévère ou récidivante non traitée — justifiant la rapidité de la prise en charge.
Quel spécialiste consulter ?
- Urologue : diagnostic, traitement et suivi.
- Médecin généraliste : traitement initial si diagnostic clinique certain et tableau non compliqué.
- Centre IST / Dermatologue-vénérologue : si IST sous-jacente à dépister et traiter.
- Urgences : si douleur brutale ou doute avec torsion testiculaire.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez le début de la douleur (progressif ou brutal ?) et son évolution. Signalez la fièvre, les pertes urétrales, les brûlures urinaires. Mentionnez les rapports sexuels récents et si une protection a été utilisée. Indiquez les antécédents d'infections urinaires, prostatiques ou d'IST. Listez les médicaments en cours.
Questions fréquentes
Comment distinguer une épididymite d'une torsion testiculaire ?
La torsion testiculaire est brutale (douleur très intense d'apparition soudaine), sans fièvre au début, souvent accompagnée de nausées/vomissements. L'épididymite est progressive (quelques heures à jours), avec fièvre, écoulement urétral possible. Le signe de Prehn (soulèvement du testicule) soulage dans l'épididymite et aggrave dans la torsion. L'échographie doppler est l'examen décisif — mais en cas de doute, la torsion doit être opérée sans attendre.
L'épididymite peut-elle provoquer une infertilité ?
Une épididymite sévère ou récidivante peut provoquer une fibrose obstructive de l'épididyme, bloquant le passage des spermatozoïdes — cause d'azoospermie obstructive. Un spermogramme peut être réalisé 3 mois après la guérison si une infertilité est suspectée. Une prise en charge précoce et adaptée réduit ce risque.
Mon partenaire doit-il être traité aussi ?
Si l'épididymite est due à une IST (Chlamydia, gonocoque), le ou les partenaires sexuels des 60 derniers jours doivent être dépistés et traités même sans symptômes — les IST sont souvent asymptomatiques, notamment la chlamydiose chez la femme. L'abstinence sexuelle ou l'utilisation du préservatif est recommandée pendant toute la durée du traitement.
La épididymite peut-elle récidiver ?
Oui, surtout si les causes prédisposantes persistent (problème prostatique, IST récurrentes, anomalie urinaire). Chez les hommes ayant eu plusieurs épisodes, un bilan urologique complet (uro-scanner, bilan prostatique) est recommandé pour identifier et traiter la cause.
Une épididymite peut-elle provoquer une atrophie testiculaire ?
Une orchite (infection du testicule) sévère peut provoquer une atrophie partielle par destruction du tissu testiculaire si l'infection n'est pas traitée rapidement. C'est une complication rare avec un traitement antibiotique précoce et adapté. C'est une raison supplémentaire pour consulter rapidement dès les premiers symptômes.
Peut-on faire du sport avec une épididymite ?
Non pendant la phase aiguë — le repos et la suspension scrotale soulagent la douleur et limitent l'inflammation. La reprise progressive des activités sportives est possible après la guérison clinique (disparition de la fièvre et régression du gonflement), généralement après 2 à 4 semaines selon la sévérité initiale.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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