Est-ce grave ?

Le carcinome épidermoïde cutané détecté tôt se traite très bien — la survie à 5 ans dépasse la grande majorité des cas quand la lésion est localisée. Il est cependant plus agressif que le carcinome basocellulaire (l'autre cancer cutané fréquent) car il peut envahir les ganglions régionaux et, plus rarement, donner des métastases à distance. Les carcinomes épidermoïdes des muqueuses (bouche, œsophage, col utérin, poumon) ont des pronostics variables selon la localisation et le stade.

Quand consulter rapidement ?

Consultez votre médecin ou dermatologue rapidement si :

  • Une plaie, une croûte ou une ulcération cutanée persiste depuis plus de 4 semaines sans cicatriser.
  • Une lésion cutanée grossit rapidement, saigne facilement au contact ou devient douloureuse.
  • Une lésion apparaît sur une cicatrice ancienne, une brûlure ou une zone d'irradiation ancienne.

Qu'est-ce que le carcinome épidermoïde ?

L'épiderme est la couche superficielle de la peau, composée majoritairement de kératinocytes (cellules qui produisent la kératine — une protéine protectrice). Ces mêmes types de cellules tapissent de nombreuses muqueuses (l'intérieur de la bouche, les lèvres, les voies respiratoires, le col de l'utérus). Le carcinome épidermoïde naît d'une multiplication incontrôlée de ces cellules, souvent après une transformation progressive à partir d'une lésion précancéreuse appelée kératose actinique (sur la peau) ou leucoplasie (dans la bouche). L'exposition chronique aux UV est le principal facteur déclenchant pour les formes cutanées. Les papillomavirus (HPV) jouent un rôle pour les formes cervicales, oropharyngées, anales et vulvaires.

Quels sont les symptômes ?

Sur la peau : lésion rouge, croûteuse, rugueuse, parfois ulcérée (plaie ouverte), qui grossit lentement. Elle peut ressembler à une verrure rebelle ou à une plaie qui ne guérit pas. Souvent localisée sur les zones exposées au soleil (visage, oreilles, cou, dos des mains). Dans la bouche : plaque blanche (leucoplasie) ou rouge (érythroplasie), ulcération persistante, lésion au fond de la bouche ou sur la langue. Parfois gonflement d'un ganglion du cou (signe d'extension ganglionnaire). Formes pulmonaires : toux chronique, hémoptysie (crachats de sang), atteinte de l'état général.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Biopsie : examen de référence — prélèvement d'un fragment de la lésion sous anesthésie locale pour analyse histologique (examen au microscope des cellules) qui confirme le carcinome épidermoïde et évalue son degré de différenciation. Dermoscopie (examen de la peau avec un dermatoscope — appareil grossissant) : aide à orienter le diagnostic. Bilan d'extension : scanner ou IRM pour les formes avancées ou en cas de suspicion d'envahissement ganglionnaire. Ganglion sentinelle (technique de repérage du premier ganglion de drainage) : pour les tumeurs à risque élevé.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Chirurgie d'exérèse : ablation de la tumeur avec une marge de tissu sain autour — traitement de référence. La chirurgie de Mohs (technique de cartographie histologique en temps réel lors de l'ablation) est utilisée pour les zones à risque ou les tumeurs délicates (paupières, nez, oreilles). Radiothérapie : alternative à la chirurgie pour les patients qui ne peuvent être opérés, ou en complément après chirurgie pour les formes à haut risque. Cryo-chirurgie (traitement par le froid) ou laser CO2 : pour les lésions superficielles ou les kératoses actiniques précancéreuses. Pour les formes avancées ou métastatiques : chimiothérapie, thérapie ciblée (cetuximab — anti-EGFR) ou immunothérapie (pembrolizumab).

Quel spécialiste consulter ?

  • Dermatologue : formes cutanées — diagnostic, biopsie, traitement.
  • ORL ou chirurgien cervico-facial : formes de la tête et du cou.
  • Oncologue : formes métastatiques ou association radio-chimiothérapie.

Comment préparer sa consultation ?

Photographiez la lésion avec votre téléphone avant la consultation pour montrer son évolution. Indiquez depuis combien de temps elle est présente et si elle a grossi ou changé. Signalez votre exposition au soleil par le passé (travail en extérieur, bronzage intensif). Mentionnez tout antécédent de cancer cutané ou de radiothérapie dans la zone.