Est-ce grave ?
L'oesophagite légère liée au reflux répond bien aux médicaments et l'évolution est souvent favorable. Les formes plus sévères — avec des ulcérations importantes de la muqueuse (la couche interne de l'oesophage) — peuvent, si elles ne sont pas traitées, évoluer vers un rétrécissement cicatriciel de l'oesophage (sténose) ou une modification des cellules de la paroi (appelée endobrachyoesophage ou oesophage de Barrett), qui nécessite une surveillance endoscopique régulière. L'oesophagite infectieuse est plus sérieuse chez les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies.
Quand consulter rapidement ?
Consultez sans tarder si :
- Vous avez de plus en plus de mal à avaler les solides, puis les liquides — cela peut indiquer un rétrécissement de l'oesophage.
- Vous vomissez du sang ou avez des selles noires (signe de saignement digestif).
- Vous êtes immunodéprimé (traitement anti-cancer, VIH, corticoïdes au long cours) et ressentez des douleurs vives à la déglutition — une infection de l'oesophage doit être traitée rapidement.
Qu'est-ce que l'oesophagite ?
L'oesophagite est une inflammation de la muqueuse oesophagienne — la fine couche qui tapisse l'intérieur de l'oesophage. La cause la plus fréquente est le reflux gastro-oesophagien (RGO) : l'acide de l'estomac remonte dans l'oesophage et irrite sa paroi. On parle alors d'oesophagite peptique. D'autres causes existent : des infections (Candida — un champignon, herpès, ou CMV — un virus) surtout chez les personnes immunodéprimées, certains médicaments pris sans assez d'eau (bisphosphonates pour l'ostéoporose, anti-inflammatoires, antibiotiques comme la doxycycline), ou une hypersensibilité alimentaire (oesophagite à éosinophiles — une réaction immunitaire à certains aliments).
Quels sont les symptômes ?
Gêne ou douleur en avalant (odynophagie) — parfois décrite comme une "douleur qui suit le morceau". Difficulté à avaler (dysphagie), d'abord pour les solides puis pour les liquides si la maladie évolue. Brûlures derrière le sternum remontant vers la gorge (pyrosis). Régurgitations acides ou alimentaires. Douleur dans la poitrine pouvant ressembler à une douleur cardiaque.
Comment le diagnostic est-il posé ?
La fibroscopie oeso-gastro-duodénale (FOGD) est l'examen clé : le médecin introduit une fine sonde souple munie d'une caméra par la bouche pour visualiser directement la paroi de l'oesophage, évaluer les lésions et réaliser des biopsies (prélèvements minuscules indolores). Des analyses de laboratoire sur ces biopsies peuvent identifier un champignon, un virus ou des cellules allergiques. En cas de suspicion de reflux sans lésion visible, une mesure de l'acidité sur 24 heures (pH-métrie) peut être proposée.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Oesophagite liée au reflux acide : médicaments réducteurs d'acidité appelés IPP (oméprazole, ésoméprazole, pantoprazole) pendant 4 à 8 semaines, associés aux règles d'hygiène de vie du reflux (pas de repas tardif, tête du lit surélevée, éviter le café, l'alcool, le tabac). Oesophagite à champignon (Candida) : antifongique oral (fluconazole) pendant 2 à 3 semaines — l'évolution est souvent favorable. Oesophagite liée à un médicament : arrêt ou modification du médicament en cause, prise systématique avec un grand verre d'eau debout. Oesophagite à éosinophiles : régime d'éviction de certains aliments allergisants et/ou corticoïdes sous forme de gel à avaler (budésonide).
Quel spécialiste consulter ?
- Gastroentérologue : endoscopie et prise en charge de la plupart des formes.
- Infectiologue : oesophagite infectieuse chez une personne immunodéprimée.
Comment préparer sa consultation ?
Précisez si la douleur survient en avalant ou indépendamment des repas. Listez tous vos médicaments actuels, en particulier ceux pris pour les os (bisphosphonates) ou les douleurs (anti-inflammatoires). Mentionnez tout traitement qui affaiblit les défenses immunitaires. Décrivez l'ancienneté des symptômes et leur évolution.
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