Est-ce grave ?
L'hépatite E est bénigne et guérit spontanément chez l'adulte immunocompétent. Exceptions graves : femme enceinte (mortalité jusqu'à 20 % au 3e trimestre avec les génotypes 1 et 2 — pays en développement) ; immunodéprimé (transplantés, VIH, hémopathies) — risque de chronicisation avec progression vers la cirrhose ; sujet âgé avec maladie hépatique sous-jacente — décompensation hépatique possible.
Quand consulter en urgence ?
Consultez en urgence si :
- Jaunisse sévère, confusion, troubles de la coagulation (saignements) chez une femme enceinte — hépatite fulminante.
- Ictère, fatigue intense et symptômes digestifs chez une personne immunodéprimée (transplantée, VIH).
Qu'est-ce que l'hépatite E ?
Le virus de l'hépatite E (VHE) est un virus à ARN (Hepevirus). Il existe 4 génotypes principaux : génotypes 1 et 2 (épidémies dans les pays à ressources limitées — transmission oro-fécale par eau contaminée) ; génotypes 3 et 4 (zoonose dans les pays développés — réservoir porcin, sanglier, cervidés — transmission par viande insuffisamment cuite). En France, le génotype 3 est prédominant — surtout transmis par la viande de porc ou de sanglier (andouillette, boudin, foie) mal cuite.
Quels sont les symptômes ?
Incubation de 2 à 10 semaines. Phase prodromique : fièvre, nausées, vomissements, arthralgies, fatigue. Phase ictérique : jaunisse (ictère), urines foncées, selles décolorées. Prurit (démangeaisons liées à la cholestase). La majorité des infections sont asymptomatiques. Guérison spontanée en 4 à 6 semaines chez l'immunocompétent. Rarement : hépatite fulminante, atteinte neurologique (syndrome de Guillain-Barré, méningo-encéphalite), atteinte rénale.
Comment se fait le diagnostic ?
Sérologie VHE : IgM anti-VHE (infection aiguë récente) et IgG anti-VHE (infection passée ou immunité). ARN VHE par PCR (dans le sang ou les selles) : confirme une réplication active — indispensable chez l'immunodéprimé (sérologie souvent faussement négative). Bilan hépatique : transaminases (ASAT, ALAT) très élevées en phase aiguë, bilirubine, TP (facteur de coagulation). Chez l'immunodéprimé : hépatite chronique si ARN VHE positif > 6 mois.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Hépatite E aiguë de l'immunocompétent : traitement symptomatique uniquement (repos, hydratation, éviction de l'alcool) — guérison spontanée. Hépatite E chronique de l'immunodéprimé : Ribavirine — traitement antiviral efficace (taux de guérison de 80 % en 3 mois) — prescription spécialisée. Réduction du traitement immunosuppresseur si possible (chez le transplanté — améliore la clairance du VHE). Pas de vaccin disponible en France (un vaccin existe en Chine — HEV 239 — mais non disponible en Europe).
Prévention
Voyageur en zone d'endémie (Inde, Afrique, Asie du Sud-Est) : boire de l'eau en bouteille ou bouillie, éviter fruits et légumes crus non pelés. En France : bien cuire la viande de porc, le foie, l'andouillette et le sanglier (T° cœur > 70°C pendant 2 minutes). Hygiène des mains après contact avec des animaux de ferme.
Quel spécialiste consulter ?
- Médecin généraliste : hépatite E aiguë de l'immunocompétent.
- Hépatologue ou infectiologue : formes graves, chroniques ou chez l'immunodéprimé.
Comment préparer sa consultation ?
Décrivez vos aliments consommés dans les 6 dernières semaines (viande de porc, sanglier, foie). Mentionnez tout voyage récent en zone d'endémie. Précisez votre statut immunitaire et vos traitements immunosuppresseurs éventuels. Apportez vos bilans hépatiques antérieurs.
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