Est-ce grave ?

La grande majorité des colites hémorragiques infectieuses guérissent spontanément en 5 à 10 jours. La complication la plus sérieuse est le syndrome hémolytique et urémique (SHU) — qui survient surtout chez les enfants de moins de 5 ans après une infection à E. coli O157:H7. Il associe une anémie hémolytique (destruction des globules rouges), une thrombopénie (chute des plaquettes) et une insuffisance rénale aiguë — nécessitant parfois une dialyse. Sans complication, l'évolution est souvent favorable.

Quand consulter en urgence ?

Consultez aux urgences si :

  • Diarrhée sanglante chez un enfant de moins de 5 ans — risque de SHU.
  • Diarrhée sanglante avec signes de déshydratation sévère (bouche sèche, pas d'urines, somnolence).
  • Fièvre élevée avec diarrhée sanglante et altération de l'état général.
  • Réduction brutale des urines après une diarrhée hémorragique — insuffisance rénale possible.

Qu'est-ce que la colite hémorragique ?

La colite hémorragique est une inflammation du côlon (gros intestin) d'évolution aiguë avec atteinte de la muqueuse colique entraînant des saignements visibles dans les selles. La cause la plus fréquente est infectieuse : E. coli entérohémorragique (ECEH, surtout la souche O157:H7) — contamination via la viande de bœuf insuffisamment cuite, les légumes crus irrigués par des eaux contaminées, les produits laitiers non pasteurisés. Campylobacter jejuni — viande de volaille crue ou insuffisamment cuite. Salmonella, Shigella — eau et aliments contaminés (voir shigellose). Clostridium difficile (C. diff) — après antibiothérapie, surtout en milieu hospitalier. Colite ischémique — interruption de l'irrigation du côlon, surtout chez les personnes âgées. Colites inflammatoires (rectocolite hémorragique, maladie de Crohn) — formes chroniques récidivantes.

Quels sont les symptômes ?

Début souvent brutal. Crampes abdominales intenses, surtout dans la partie gauche du ventre. Diarrhée initialement aqueuse, puis sanglante et muqueuse (présence de sang rouge et de mucus). Urgences défécatoires douloureuses. Fièvre (38 à 39°C). Nausées, vomissements. Evolution classique vers la résolution en 5 à 10 jours sans traitement. Dans le SHU (enfant surtout) : après 3 à 7 jours de diarrhée, apparition d'une pâleur, d'une diminution des urines, d'hématomes et d'un malaise général.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Coproculture (analyse des selles au laboratoire) : identification de la bactérie responsable et antibiogramme. Examen direct des selles (présence de globules rouges et blancs). Recherche spécifique d'E. coli O157:H7 et des shigatoxines (STEC) dans les selles — indispensable en cas de suspicion clinique. Bilan sanguin : NFS (thrombopénie, anémie), créatinine (insuffisance rénale), LDH, haptoglobine (signes d'hémolyse dans le SHU). Coloscopie (examen visuel du côlon par caméra) : en cas de doute diagnostique ou de colite chronique suspectée.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Réhydratation orale (SRO — sels de réhydratation orale) ou intraveineuse si déshydratation sévère : traitement central. Attention majeure pour les ECEH et STEC : les antibiotiques sont contre-indiqués car ils augmentent la libération des shigatoxines et le risque de SHU. Antibiotiques pour les autres causes identifiées : azithromycine pour Campylobacter, fluoroquinolones pour Salmonella à risque élevé, métronidazole ou vancomycine orale pour C. difficile. Antidiarrhéiques (lopéramide) : contre-indiqués dans toutes les formes de colite avec sang et fièvre. Hospitalisation si SHU : prise en charge en réanimation, transfusions, dialyse si nécessaire.

Quel spécialiste consulter ?

  • Médecin généraliste ou urgentiste : prise en charge initiale.
  • Pédiatre ou néphrologue pédiatrique : SHU chez l'enfant.
  • Gastroentérologue : colite chronique récidivante (MICI suspectée).

Comment préparer sa consultation ?

Décrivez l'aspect des selles (sang, mucus, consistance). Notez les repas des 72 dernières heures (viande hachée, produits laitiers crus, légumes crus, eau en source). Signalez si d'autres personnes de votre entourage ont les mêmes symptômes (toxi-infection alimentaire collective). Mentionnez les antibiotiques pris récemment (facteur de risque de C. difficile).