L'essentiel à retenir
- L'hypogonadisme est un déficit en hormones sexuelles : testostérone chez l'homme (produite par les testicules), oestradiol et progestérone chez la femme (produits par les ovaires). Il entraîne une altération des fonctions sexuelles, de la fertilité et d'autres fonctions dépendantes de ces hormones (os, muscles, humeur).
- Deux grands types : hypogonadisme hypogonadotrope (origine centrale — hypophyse ou hypothalamus défaillants : FSH et LH basses) et hypogonadisme hypergonadotrope (origine périphérique — gonades défaillantes malgré une stimulation centrale élevée : FSH et LH élevées).
- Symptômes chez l'homme : diminution de la libido, dysfonction érectile, fatigue, baisse de la masse musculaire, dépression, infertilité. Chez la femme : troubles du cycle (aménorrhée), bouffées de chaleur si ménopause précoce, sécheresse vaginale, infertilité.
- Traitement par substitution hormonale (testostérone chez l'homme, oestrogènes ± progestatifs chez la femme) selon la cause, l'âge et le désir de fertilité.
Est-ce grave ?
Un hypogonadisme non traité peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie (fatigue chronique, libido absente, troubles de l'humeur, dépression), la fertilité et la santé osseuse (ostéoporose précoce avec risque de fractures). Diagnostiqué et traité, l'hypogonadisme permet dans la plupart des cas de retrouver une qualité de vie satisfaisante. La cause sous-jacente (adénome hypophysaire, maladie génétique, cancer traité par chimiothérapie...) peut elle-même nécessiter une prise en charge spécifique.
Quand consulter rapidement ?
- Chez l'adolescent : absence de développement pubertaire à 14 ans chez la fille (pas de développement des seins) ou 14-15 ans chez le garçon (pas d'augmentation testiculaire) → pédiatre ou endocrinologue pédiatrique.
- Homme jeune avec infertilité, testostérone basse et FSH/LH basses (hypogonadisme hypogonadotrope) → IRM hypophysaire pour éliminer un adénome.
- Ménopause précoce (arrêt des règles avant 40 ans) → bilan hormonal et consultation gynécologique ou endocrinologique (insuffisance ovarienne prématurée).
Quelles sont les causes ?
Hypogonadisme hypogonadotrope (origine centrale) : l'hypophyse ne stimule pas suffisamment les gonades. Causes : tumeur hypophysaire (adénome à prolactine — le prolactinome inhibe la sécrétion de LH et FSH), trauma crânien, irradiation cérébrale, maladies infiltratives (hémochromatose, sarcoïdose), syndrome de Kallmann (absence congénitale des neurones à GnRH + anosmie — absence ou perte de l'odorat), anorexie mentale ou restriction alimentaire sévère (dénutrition → pas d'hormones sexuelles), excès de sport intensif, excès de prolactine, médicaments (opioïdes, glucocorticoïdes, stéroïdes anabolisants). Hypogonadisme hypergonadotrope (origine gonadique) : les gonades sont défaillantes malgré une stimulation normale. Causes chez l'homme : syndrome de Klinefelter (47,XXY — la cause génétique la plus fréquente), cryptorchidie non traitée, orchite ourlienne, chimiothérapie, radiothérapie des gonades, traumatisme testiculaire, vascularite. Causes chez la femme : insuffisance ovarienne prématurée (avant 40 ans, parfois auto-immune ou génétique), ménopause naturelle, syndrome de Turner (45,X), chimiothérapie ou radiothérapie pelvienne.
Quels sont les symptômes ?
Chez l'homme : diminution de la libido et de l'érection, fatigue chronique, baisse de la masse musculaire et de la force physique, augmentation de la masse graisseuse (surtout abdominale), dépression, irritabilité, troubles de la concentration, bouffées de chaleur (parfois), gynécomastie (développement mammaire), diminution du volume testiculaire, infertilité, ostéoporose. Chez la femme (en dehors de la ménopause naturelle) : aménorrhée (absence de règles), troubles du cycle, bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, dyspareunie (douleurs lors des rapports), diminution de la libido, infertilité, ostéoporose précoce, sautes d'humeur, dépression. Chez l'enfant et l'adolescent : retard pubertaire (absence de développement des caractères sexuels secondaires), petite taille, absence de spermatarche chez le garçon.
Comment se fait le diagnostic ?
Bilan hormonal sanguin (à réaliser le matin à jeun) : Chez l'homme : testostérone totale (±testostérone libre et SHBG si doute), FSH, LH, prolactine. Chez la femme : oestradiol, FSH, LH, AMH si désir de fertilité, prolactine, TSH. Caryotype : si suspicion de syndrome de Klinefelter (47,XXY) ou de Turner (45,X). IRM hypophysaire si FSH et LH basses (hypogonadisme hypogonadotrope) pour éliminer un adénome. Spermogramme chez l'homme si infertilité associée. Bilan osseux (DXA) si hypogonadisme prolongé (ostéoporose).
Quels traitements peuvent être proposés ?
Chez l'homme : testostérone exogène (injections intramusculaires toutes les 3-4 semaines, gel transdermique quotidien, patch ou implants) — améliore libido, énergie, masse musculaire, humeur, os. À éviter si désir de fertilité car la testostérone exogène inhibe la spermatogenèse. Si désir de fertilité : gonadotrophines (FSH + hCG en injections) pour stimuler la spermatogenèse. Chez la femme en dehors de la ménopause naturelle (insuffisance ovarienne prématurée) : traitement hormonal substitutif (THS — oestrogènes + progestatifs) indiqué pour protéger les os, le cœur, le cerveau et la qualité de vie, jusqu'à l'âge de la ménopause naturelle. Si désir de grossesse : bilan de fertilité spécialisé, don d'ovocytes souvent nécessaire. Traitement de la cause : agonistes dopaminergiques si prolactinome, traitement de l'adénome hypophysaire si présent, supplémentation en fer si hémochromatose...
Quel spécialiste consulter ?
- Endocrinologue : bilan hormonal complet, diagnostic étiologique, prescription et suivi du traitement hormonal substitutif.
- Gynécologue endocrinologue : insuffisance ovarienne prématurée, désir de grossesse.
- Andrologue / Urologue : infertilité masculine, traitement par gonadotrophines.
- Généticien : si syndrome de Klinefelter, Turner ou Kallmann suspecté.
Questions fréquentes
L'hypogonadisme masculin lié à l'âge (andropause) est-il une vraie maladie ?
La testostérone baisse naturellement avec l'âge chez l'homme (environ 1 % par an après 30 ans). Cependant, le concept d'"andropause" comme équivalent de la ménopause est débattu — beaucoup d'hommes âgés ont une testostérone dans les normes et ne souffrent pas de symptômes. Un traitement substitutif par testostérone peut être discuté chez les hommes avec une testostérone vraiment basse et des symptômes significatifs, mais il doit être soigneusement évalué (risque cardiovasculaire, contre-indication si cancer de prostate). Ce n'est pas un traitement systématique du vieillissement.
La prise de testostérone rend-elle stérile ?
Oui — la testostérone exogène inhibe la sécrétion hypophysaire de FSH et LH, ce qui réduit voire supprime la spermatogenèse. Les hommes qui souhaitent avoir des enfants ne doivent pas prendre de testostérone exogène pour traiter leur hypogonadisme — un traitement alternatif par gonadotrophines (FSH + hCG) ou clomifène permet de stimuler la spermatogenèse tout en corrigeant le déficit hormonal. Discutez de votre projet de fertilité avec votre médecin avant de commencer tout traitement.
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Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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