L'essentiel à retenir
- Les glandes parathyroïdes (quatre petites glandes situées derrière la thyroïde) produisent la parathormone (PTH), qui régule le taux de calcium dans le sang. En cas d'excès de PTH, le calcium sanguin augmente (hypercalcémie).
- Forme primitive (la plus fréquente) : due à un adénome parathyroïdien bénin (dans 85 % des cas), parfois à une hyperplasie des quatre glandes ou plus rarement à un cancer parathyroïdien. Touche souvent les femmes après la ménopause.
- Forme secondaire : réaction compensatrice à une carence en calcium ou en vitamine D, ou à une insuffisance rénale chronique (les reins défaillants perturbent le métabolisme du calcium).
- Complications : ostéoporose accélérée, calculs rénaux (lithiase), lithiase biliaire, calcifications. La forme primitive légère peut être surveillée sans opération ; l'adénome est guérissable chirurgicalement.
Est-ce grave ?
L'hyperparathyroïdie primitive légère (découverte fortuite avec légère hypercalcémie) est souvent bien tolérée sur des années si surveillée régulièrement. Cependant, une hypercalcémie sévère non traitée peut engager le pronostic vital (crise hypercalcémique : déshydratation sévère, confusion, troubles cardiaques). Les complications à long terme — ostéoporose avec fractures, lithiase rénale récidivante — méritent d'être prévenues. La chirurgie d'ablation de l'adénome, quand elle est indiquée, est curative dans plus de 95 % des cas.
Quand consulter rapidement ?
- Confusion, somnolence, vomissements intenses, arythmie cardiaque ou déshydratation sévère chez un patient avec hypercalcémie connue → urgences médicales (crise hypercalcémique).
- Colique néphrétique chez un patient avec hyperparathyroïdie connue → urgences (calcul rénal).
- Hypercalcémie découverte sur bilan biologique > 3 mmol/L → contact médical sans délai pour évaluation urgente.
Comment les parathyroïdes règlent-elles le calcium ?
Normalement, quand le calcium sanguin baisse, les parathyroïdes libèrent de la PTH pour : libérer le calcium des os, augmenter la réabsorption du calcium par les reins et stimuler la production de vitamine D active (qui favorise l'absorption intestinale du calcium). En cas d'adénome ou d'hyperplasie, la sécrétion de PTH est autonome, non régulée par le taux de calcium — elle continue à augmenter malgré une calcémie déjà élevée.
Quels sont les symptômes ?
L'hyperparathyroïdie primitive légère est souvent asymptomatique pendant des années. Les symptômes, quand ils existent, reflètent l'hypercalcémie et peuvent toucher plusieurs organes : Osseux : douleurs osseuses diffuses, ostéoporose accélérée avec fractures (poignet, hanche, vertèbres). Rénaux : calculs rénaux (lithiase) récidivants, polyurie (urines abondantes), polydipsie (soif intense). Digestifs : nausées, constipation, douleurs abdominales, ulcère gastrique, pancréatite. Neuropsychiatriques : fatigue, dépression, difficultés de concentration, rarement confusion. Cardiovasculaires : hypertension, calcifications vasculaires. La formule mnémotechnique classique (anglophone) des symptômes : "Bones, Stones, Groans, Moans" — os, calculs, douleurs abdominales, troubles psychiatriques.
Comment se fait le diagnostic ?
Bilan biologique : calcémie élevée + PTH élevée ou "inappropriément normale" (la PTH devrait s'effondrer face à une hypercalcémie). Calciurie des 24 heures (calcium dans les urines). Vitamine D et phosphore. Créatinine (fonction rénale). Imagerie : échographie cervicale et scintigraphie au MIBI (séstamibi) pour localiser l'adénome avant chirurgie. IRM ou scanner en cas de doute. Ostéodensitométrie (DXA) pour évaluer la densité osseuse.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Chirurgie (parathyroïdectomie) : traitement curatif de l'adénome — ablation par voie cervicale sous anesthésie générale ou locorégionale, souvent mini-invasive guidée par l'imagerie préopératoire. Taux de guérison supérieur à 95 %. Indications chirurgicales pour la forme primitive : hypercalcémie symptomatique, calcémie > 0,25 mmol/L au-dessus de la normale, ostéoporose sévère (T-score ≤ -2,5), lithiase rénale, patient de moins de 50 ans. Surveillance sans chirurgie : pour les formes légères asymptomatiques chez des patients âgés ou avec contre-indication opératoire — contrôles biologiques et osseuse réguliers, bonne hydratation, éviter l'immobilisation prolongée et les médicaments hypercalcémiants. Médicaments : cinacalcet (Mimpara) pour réduire la PTH (principalement utilisé en hyperparathyroïdie secondaire sur insuffisance rénale ou si contre-indication chirurgicale). Traitement de la forme secondaire : vitamine D + calcium si carence, traitement de l'insuffisance rénale.
Quel spécialiste consulter ?
- Endocrinologue : bilan hormonal, indication opératoire ou surveillance.
- Chirurgien endocrinien : parathyroïdectomie.
- Néphrologue : formes secondaires sur insuffisance rénale, lithiase rénale récidivante.
- Rhumatologue : gestion de l'ostéoporose.
Questions fréquentes
L'opération est-elle obligatoire ?
Non — la surveillance sans chirurgie est possible dans les formes légères asymptomatiques. Cependant, une hypercalcémie persistante a des effets néfastes sur les os et les reins à long terme. La décision se prend en discussion avec votre endocrinologue en tenant compte de votre âge, de vos symptômes, de vos bilans osseux et rénaux, et de votre condition générale. La chirurgie, quand elle est indiquée, est le seul traitement définitivement curatif.
L'hyperparathyroïdie est-elle héréditaire ?
Dans la grande majorité des cas, elle n'est pas héréditaire. Cependant, certaines formes rentrent dans le cadre de syndromes génétiques (Néoplasie Endocrinienne Multiple de type 1 ou 2A, syndrome hyperparathyroïdie-tumeur de la mâchoire) — suspectés notamment en cas de survenue jeune, d'atteinte de plusieurs glandes, ou de contexte familial. Si votre endocrinologue suspecte une forme génétique, une consultation en génétique peut être proposée.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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