Est-ce grave ?
L'hyperaldostéronisme non traité expose à un risque cardiovasculaire plus élevé que l'hypertension "ordinaire" de même niveau tensionnel — la surcharge en aldostérone a des effets directs sur le cœur et les vaisseaux au-delà de l'effet tensionnel pur. Une hypokaliémie sévère (manque de potassium) peut provoquer des troubles du rythme cardiaque. Diagnostiqué et traité tôt, l'hyperaldostéronisme est une maladie bien contrôlable, souvent curable chirurgicalement dans la forme adénomateuse.
Quand consulter rapidement ?
- Hypertension très élevée résistant à plusieurs médicaments → bilan endocrinologique pour éliminer une cause secondaire.
- Hypokaliémie sévère avec crampes musculaires importantes, faiblesse musculaire ou troubles du rythme cardiaque → urgences médicales.
- Paralysie épisodique des membres (paralysie hypokaliémique) → urgences.
Comment fonctionne l'aldostérone normalement ?
L'aldostérone est une hormone produite par les glandes surrénales (cortex surrénalien). Elle agit sur les tubules rénaux pour favoriser la rétention de sodium (sel) et l'élimination du potassium dans les urines. Elle régule ainsi la pression artérielle et l'équilibre électrolytique. En cas d'excès d'aldostérone, la rétention de sodium entraîne une hypertension artérielle et l'excès d'élimination de potassium provoque une hypokaliémie (manque de potassium dans le sang), avec ses conséquences sur les muscles et le cœur.
Quels sont les symptômes ?
L'hyperaldostéronisme est souvent peu symptomatique au début. Les signes principaux sont : hypertension artérielle, souvent résistante aux traitements habituels. Hypokaliémie : fatigue musculaire, crampes, constipation, faiblesse, parfois paralysie musculaire transitoire dans les formes sévères. Polyurie (uriner beaucoup) et polydipsie (soif importante). Maux de tête. L'absence d'hypokaliémie n'élimine pas le diagnostic — beaucoup de patients ont un taux de potassium normal ou légèrement bas.
Comment se fait le diagnostic ?
Dosage du rapport aldostérone/rénine plasmatique (ARR) : test de dépistage — un rapport élevé est évocateur. Tests de confirmation (test de charge en sel, test au fludrocortisone ou captopril) selon les recommandations. Imagerie : scanner surrénalien (TDM) ou IRM pour rechercher un adénome. Cathétérisme veineux surrénalien (CVS) : prélèvement sanguin dans les veines surrénaliennes pour distinguer une forme unilatérale d'une forme bilatérale — examen clé avant toute décision chirurgicale (un scanner seul peut être insuffisant).
Quels traitements peuvent être proposés ?
Adénome de Conn unilatéral : surrénalectomie laparoscopique (ablation chirurgicale de la glande surrénale par voie mini-invasive) — guérison de l'hyperaldostéronisme dans la majorité des cas, amélioration significative de la pression artérielle (guérison tensionnelle complète dans 30-60 % des cas selon la durée d'évolution). Hyperplasie bilatérale : traitement médical à vie par antagonistes des minéralocorticoïdes : spironolactone (Aldactone) en première intention, éplérénone si effets secondaires androgéniques de la spironolactone. Association avec d'autres antihypertenseurs si nécessaire. Supplémentation en potassium si hypokaliémie avant chirurgie ou traitement.
Quel spécialiste consulter ?
- Endocrinologue : bilan hormonal, confirmation diagnostique, décision thérapeutique.
- Chirurgien endocrinien : surrénalectomie en cas d'adénome unilatéral.
- Cardiologue / Médecin hypertensiologique : gestion de l'hypertension et du risque cardiovasculaire.
Commentaires 0