Est-ce grave ?

L'hirsutisme en lui-même ne met pas la vie en danger, mais il peut être le signe d'une pathologie sous-jacente nécessitant une prise en charge (SOPK avec risque de syndrome métabolique, hyperplasie surrénale). Les rares tumeurs androgéno-sécrétantes (ovariennes ou surrénaliennes) qui provoquent un hirsutisme sévère et rapidement progressif doivent être écartées car elles nécessitent un traitement urgent. Le retentissement psychologique de l'hirsutisme (estime de soi, vie sociale et affective) est souvent sous-estimé et mérite une attention empathique.

Quand consulter rapidement ?

  • Hirsutisme d'installation rapide (en quelques semaines ou mois), sévère, associé à une voix qui mue, une augmentation du clitoris (virilisation), une chute des cheveux de type masculin — suspicion de tumeur androgéno-sécrétante, consultation endocrinologique urgente.
  • Hirsutisme + troubles des règles + obésité abdominale + acné — SOPK probable, consultation médicale pour bilan hormonal.

Quelles sont les causes ?

SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) : 70-80 % des cas d'hirsutisme. Excès d'androgènes ovariens (testostérone) ± résistance à l'insuline. Association : irrégularités menstruelles, acné, infertilité. Hirsutisme idiopathique (15-20 % des cas) : androgènes circulants normaux, mais sensibilité accrue des follicules pileux aux androgènes. Pas d'autre anomalie identifiable. Hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) à révélation tardive (5-10 % des cas) : déficit en 21-hydroxylase → excès de précurseurs androgènes surrénaliens. Dosage de la 17-hydroxyprogestérone (17-OHP) à J3 du cycle. Syndrome de Cushing : hypersécrétion de cortisol → excès d'androgènes. Clinique : obésité centrale, vergetures, bosse de bison, faiblesse musculaire. Tumeurs androgéno-sécrétantes : rares (

Quels sont les symptômes associés ?

Pilosité excessive en zones masculines : lèvre supérieure, menton, joues, cou, poitrine, péri-aréolaire, ligne médiane abdominale, pubis (en losange masculin), dos, fesses. Acné (souvent associée — même cause androgénique). Alopécie androgénique (chute des cheveux de type masculin). Troubles menstruels (irrégularités, aménorrhée) — orientent vers SOPK. Séborrhée (peau et cheveux gras). Signes de virilisation (voix grave, clitoromégalie) — rares, évocateurs de tumeur.

Comment se fait le diagnostic ?

Score de Ferriman-Gallwey (FG) : évalue la pilosité sur 9 zones (lèvre sup., menton, poitrine, abdomen haut et bas, cuisse, bras, dos haut et bas) de 0 à 4 → score total > 8 = hirsutisme (seuil variable selon l'ethnie). Bilan hormonal sanguin (J3 du cycle si possible) : Testostérone totale et libre (T). DHEA-S (déhydroépiandrostérone sulfate — marqueur surrénalien). 17-OHP (17-hydroxyprogestérone — HCS à révélation tardive). LH, FSH (rapport LH/FSH > 2 évocateur de SOPK). Prolactinémie. Cortisolurie ou test de freinage rapide à la dexaméthasone (si Cushing suspecté). Échographie pelvienne : ovaires polykystiques (SOPK). Scanner surrénalien ou IRM pelvienne si tumeur suspectée.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Traitement de la cause : SOPK → réduction de l'insulinorésistance (perte de poids, metformine), anti-androgènes. HCS → hydrocortisone (corticoïde faible dose pour freiner la sécrétion d'ACTH). Cushing → traitement de la tumeur surrénalienne ou de la cause. Tumeur → chirurgie d'exérèse. Traitements anti-androgènes : Spironolactone (Aldactone® — hors AMM mais utilisée) : anti-androgène efficace, à associer à une contraception (tératogène). Acétate de cyprotérone (Diane® 35 — contraceptif anti-androgénique). Contraceptifs oestroprogestatifs (pilule) : réduisent les androgènes ovariens (LH ↓), augmentent la SHBG (protéine transportant les androgènes) → moins d'androgènes libres. Traitements cosmétiques (agissent sur le poil visible mais ne traitent pas la cause) : Épilation laser (Nd:YAG, alexandrite, diode) — efficace et durable sur poils foncés. Photoépilation (IPL). Électrolyse (destruction définitive du follicule — séances longues). Eflornitine crème (Vaniqa®) : ralentit la repousse sur le visage. Crèmes dépilatoires, rasage, épilation à la cire — temporaires.

Quel spécialiste consulter ?

  • Gynécologue / Endocrinologue : bilan hormonal, SOPK, traitement anti-androgène.
  • Dermatologue : traitement cosmétique (laser, électrolyse).
  • Médecin généraliste : premier recours, orientation.