Est-ce grave ?
Traitée rapidement, la gonorrhée guérit sans séquelles. Non traitée, elle peut évoluer vers des complications sérieuses : chez la femme, une salpingite (infection des trompes) pouvant conduire à des adhérences tubaires, une grossesse extra-utérine ou une infertilité. Chez l'homme, une épididymite avec risque de stérilité. La gonorrhée disséminée (diffusion de la bactérie dans l'organisme via le sang) est rare mais sérieuse. Un défi croissant : l'émergence de souches résistantes aux antibiotiques, qui compliquent le traitement et nécessitent une surveillance étroite.
Quand consulter rapidement ?
- Douleurs pelviennes intenses avec fièvre chez une femme — suspicion de salpingite gonococcique, urgence gynécologique.
- Atteinte articulaire (douleur articulaire, gonflement) associée à un écoulement génital — dissémination gonococcique, urgence infectieuse.
- Grossesse avec suspicion de gonorrhée — consultation immédiate (risque de transmission au nouveau-né lors de l'accouchement, conjonctivite gonococcique néonatale).
Qu'est-ce que la gonorrhée ?
Neisseria gonorrhoeae est une bactérie (diplocoque à Gram négatif intracellulaire) qui infecte les muqueuses génitales, rectales, pharyngées et oculaires. La transmission se fait exclusivement par contact sexuel avec une muqueuse infectée. Le préservatif, utilisé correctement du début à la fin du rapport, protège efficacement contre la transmission lors des rapports vaginaux et anaux. La gonorrhée ne confère pas d'immunité — on peut être réinfecté(e) après guérison. En France, c'est une maladie à déclaration obligatoire.
Quels sont les symptômes ?
Chez l'homme : écoulement urétral purulent (jaune-vert, abondant) — signe le plus caractéristique — et brûlures mictionnelles (dysurie), apparaissant 2 à 7 jours après la contamination. Parfois inconfort anal ou rectal (atteinte rectale). Chez la femme : souvent asymptomatique ou peu symptomatique (50 à 70 % des cas). Peut se manifester par des pertes vaginales anormales, des brûlures urinaires, des douleurs pelviennes, ou des saignements intermenstruels. Autres localisations : pharyngée (souvent asymptomatique, parfois pharyngite), rectale (asymptomatique ou écoulement rectal), oculaire (conjonctivite purulente sévère).
Comment se fait le diagnostic ?
PCR ou amplification des acides nucléiques (TAAN/TMA) : méthode de référence, très sensible. Réalisée sur premier jet d'urine (homme), prélèvement endocervical ou vaginal (femme), prélèvement anal et/ou pharyngé selon les pratiques sexuelles. Culture bactérienne avec antibiogramme : indispensable si résistance suspectée ou forme disséminée. Bilan IST complet associé : dépistage simultané VIH, syphilis, Chlamydia trachomatis (co-infection dans 30 à 40 % des cas).
Quels traitements peuvent être proposés ?
Traitement de référence (recommandations HAS 2024) : ceftriaxone 1g en injection intramusculaire unique. En cas d'allergie aux bêtalactamines : gentamicine 240 mg IM + azithromycine 2g per os. Traitement systématique du ou des partenaires sexuels (sans attendre les résultats du dépistage). Abstinence ou rapports protégés pendant au moins 7 jours après la fin du traitement (pour soi et le ou les partenaires). Notification du ou des partenaires sexuels des 60 derniers jours (ou au dernier partenaire si > 60 jours). Contrôle de guérison à J7 par PCR recommandé dans les formes compliquées ou si résistance suspectée.
Quel spécialiste consulter ?
- Médecin généraliste ou gynécologue : en première ligne pour le dépistage et le traitement.
- CeGIDD (Centre Gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic) : dépistage gratuit, confidentiel, sans rendez-vous.
- Infectiologue : formes compliquées (dissémination, résistance aux antibiotiques).
Questions fréquentes
Peut-on avoir la gonorrhée sans aucun symptôme ?
Oui — c'est particulièrement fréquent chez la femme (50 à 70 % des infections féminines sont asymptomatiques). Mais aussi chez l'homme pour les infections pharyngées ou rectales. Une gonorrhée asymptomatique reste contagieuse et peut causer des complications à long terme (salpingite, atteinte des trompes). C'est pourquoi le dépistage régulier est recommandé pour toute personne ayant des partenaires multiples, même en l'absence de symptômes.
Le préservatif protège-t-il vraiment contre la gonorrhée ?
Oui — le préservatif masculin ou féminin, utilisé correctement du début à la fin du rapport, est très efficace pour prévenir la transmission de la gonorrhée lors des rapports vaginaux et anaux. Il est moins protecteur lors des pratiques oro-génitales (fellation, cunnilingus), où la transmission pharyngée est possible. Le dépistage régulier reste important même avec utilisation du préservatif.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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