Est-ce grave ?

Ces maladies sont graves : mortalité de 15-30 % sans traitement spécifique. Le traitement par ribavirine réduit la mortalité à

Signalement urgent si :

  • Fièvre hémorragique (saignements multiples) chez un voyageur de retour d'Amérique du Sud (zones rurales ou agricoles).
  • Ces maladies sont à déclaration obligatoire — signalement immédiat.
  • Isolement du patient et protection des soignants (risque de transmission interhumaine, surtout pour Machupo et Sabia).

Qu'est-ce que les fièvres hémorragiques d'Amérique du Sud ?

Les arénavirus pathogènes d'Amérique du Sud appartiennent au groupe des "New World arenaviruses" (Clade B). Chaque virus est associé à un rongeur réservoir spécifique : Calomys musculinus (Junin/Argentine), Calomys callosus (Machupo/Bolivie), Zygodontomys brevicauda (Guanarito/Venezuela). Ces rongeurs sont porteurs chroniques asymptomatiques et excrètent le virus dans leurs urines et fèces. Les activités agricoles (récoltes de maïs, coupe de canne à sucre) favorisent l'exposition. La transmission interhumaine est possible pour certains (Machupo, Sabia) par contact direct avec du sang ou des liquides biologiques — plus limitée que pour Ebola. Le virus infecte les cellules endothéliales, les macrophages et les plaquettes → vasculite et perturbation de la coagulation.

Quels sont les symptômes ?

Incubation : 7 à 21 jours. Phase prodromale (J1-J4) : fièvre progressive (38,5-40°C), malaise intense, céphalées, myalgies, douleurs rétro-orbitaires, anorexie, nausées. Énanthème (lésions des muqueuses buccales — pétéchies, érythème). Phase neurologique (J4-J8) : tremblements fins des membres, ataxie, hypotension orthostatique, bradycardie. Phase hémorragique (J7-J12) : Hémorragies cutanées (pétéchies, purpura, ecchymoses). Saignements des muqueuses (gingivorragies, épistaxis, hémoptysie). Hémorragies internes (digestives, urinaires). Thrombopénie sévère, leucopénie. Défaillance multiviscérale dans les cas graves.

Comment se fait le diagnostic ?

Contexte : travail agricole ou séjour en zone rurale d'Amérique du Sud (Argentine pampéenne, Bolivie, Venezuela). RT-PCR spécifique sur sang : confirme l'arénavirus en phase aiguë. Sérologie (ELISA IgM et IgG) : confirmatoire. Biologie : leucopénie, thrombopénie, cytolyse hépatique, protéinurie. Diagnostics différentiels : fièvre jaune, dengue sévère, leptospirose, malaria cérébrale.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Ribavirine IV : efficace sur tous les arénavirus pathogènes — réduit la mortalité de façon significative si administrée dans les 6-8 premiers jours. Plasma immun de convalescent (fièvre hémorragique argentine uniquement) : disponible en Argentine — très efficace pour réduire la mortalité à

Peut-on guérir ? Évolution et suivi

Avec ribavirine précoce (+ plasma immun pour Junin), la mortalité est réduite à

Quel spécialiste consulter ?

  • Urgences + SAMU (15) : signalement immédiat en cas de suspicion.
  • Infectiologue / Unité de maladies infectieuses à haut risque (SMIT) : prise en charge spécialisée.