Est-ce grave ?

Chez l'humain, la dirofilariose est en général bénigne et localisée — le ver ne parvient pas à terminer son cycle de développement chez l'homme (hôte accidentel). Les nodules sous-cutanés sont les manifestations les plus fréquentes. L'atteinte pulmonaire (D. immitis) est souvent asymptomatique et découverte fortuitement sur une radiographie. L'atteinte oculaire peut nécessiter une extraction chirurgicale.

Quand consulter ?

Consultez votre médecin si :

  • Un nodule sous-cutané mobile apparaît, notamment sur le torse, la face ou les membres, après exposition aux moustiques en zone méditerranéenne.
  • Une sensation de mouvement ou de démangeaison sous la peau ou sous la paupière — possible migration du ver.
  • Découverte fortuite d'une lésion pulmonaire ronde sur une radiographie ou scanner.

Qu'est-ce que la dirofilariose ?

Dirofilaria repens est un ver filaire (ver fin et long) qui vit normalement dans le tissu sous-cutané du chien. Les femelles adultes libèrent des microfilaires (larves minuscules) dans le sang. Un moustique femelle, en piquant un chien infecté, ingère les microfilaires. Celles-ci se développent dans le moustique en larves infectieuses (L3) qui sont injectées lors d'une piqûre ultérieure à un nouveau hôte — chien ou, accidentellement, humain. Chez l'humain, les larves migrent dans les tissus (peau, sous-conjonctive, plèvre, paroi abdominale, scrotum) mais n'arrivent pas à terme du développement — elles forment des nodules fibro-inflammatoires. En Europe, D. repens est l'espèce la plus souvent responsable des cas humains — notamment dans le bassin méditerranéen (sud de la France, Italie, Espagne).

Quels sont les symptômes ?

Nodule sous-cutané mobile, douloureux à la palpation, lentement migrateur. Parfois prurit (démangeaisons) localisé ou sensation de "rampement" sous la peau. Dirofilariose oculaire : sensation de corps étranger, larmoiement, rougeur oculaire — ver visible sous la conjonctive ou dans la chambre antérieure de l'œil. Dirofilariose pulmonaire (D. immitis) : souvent asymptomatique — découverte sur scanner d'un nodule pulmonaire rond ("coin lesion") pouvant mimer une tumeur pulmonaire. Parfois toux, hémoptysie (sang dans les expectorations), douleur thoracique.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Sérologie Dirofilaria : détection d'anticorps anti-Dirofilaria dans le sang. Scanner thoracique ou abdominal : visualise les lésions nodulaires. Exérèse chirurgicale du nodule + analyse anatomo-pathologique (histologie) : identification du ver dans le nodule — méthode de référence pour le diagnostic certain. Microfilarémie sanguine : rarement positive chez l'humain (hôte accidentel).

Quels traitements peuvent être proposés ?

Exérèse chirurgicale (ablation) du nodule : traitement le plus sûr et le plus fréquemment utilisé — à la fois curatif et diagnostique. Extraction chirurgicale du ver oculaire : en cas de dirofilariose sous-conjonctivale ou intraoculaire. Traitement médicamenteux antiparasitaire (ivermectine, diéthylcarbamazine) : utilisé dans certains cas non chirurgicaux mais son efficacité sur les formes adultes chez l'homme est moins bien établie que chez l'animal. Traitement du nodule pulmonaire : souvent chirurgical (résection par thoracoscopie) pour exclure un cancer pulmonaire et confirmer le diagnostic.

Quel spécialiste consulter ?

  • Médecin généraliste ou infectiologue/tropicaliste : bilan initial.
  • Chirurgien ou dermatologue : exérèse du nodule sous-cutané.
  • Ophtalmologiste : dirofilariose oculaire.
  • Pneumologue ou chirurgien thoracique : nodule pulmonaire.

Comment préparer sa consultation ?

Mentionnez votre lieu de résidence (zone méditerranéenne) et les activités en extérieur (jardinage, promenades). Signalez si vous avez un chien ou d'autres animaux de compagnie. Notez depuis quand le nodule est apparu et s'il s'est déplacé. Précisez tout voyage récent dans des zones endémiques (Méditerranée, Afrique, Asie du Sud-Est).